© Hortival Diffusion. Autre modernisation de genre, les abélias, avec des formes compactes idéales pour les ‘avants’ de massifs et bordures, en se prêtant facilement à la taille, comme Tricolor Charm® ‘Mincautri’ cov.

Cela fait plusieurs années que nous connaissons des étés particulièrement chauds et secs sur l’ensemble du pays, mettant à rude épreuve le patrimoine végétal de nos communes. Heureusement, de nombreuses plantes, dont certains grands classiques, sont résistantes à ces aléas climatiques, par leur résilience après une longue période de sécheresse.

Chacun d’entre nous semble avoir pris la mesure du dérèglement climatique à l’œuvre avec, l’année dernière, de nombreux témoignages de villes et de villages qui ont dû arracher leurs massifs saisonniers en raison des arrêtés préfectoraux de sécheresse. Effectivement, les chiffres sont parlants : au début du mois d’octobre, encore 182 arrêtés préfectoraux de sécheresse étaient en vigueur sur 82 départements. La tendance climatique qui se dessine s’oriente ainsi vers un régime de pluies de type saison sèche/saison humide avec, globalement entre mai et octobre, une pluviométrie très faible. Ainsi, il est nécessaire d’anticiper ces aléas climatiques, qui vont vraisemblablement “devenir la norme”, en choisissant des espèces endurantes, capables de résister à de longues périodes sans pluie. D’autant plus que, avec la remontée progressive des aires de répartition végétale vers le nord, on peut désormais installer des espèces originaires de climats secs ou qui ont développé des stratégies face à la sécheresse, dans des villes comme Reims ou Amiens, à condition, bien entendu, qu’elles supportent le gel. Les pépiniéristes et horticulteurs travaillent également activement à la question, en créant ou sélectionnant des variétés issues, notamment, des régions méridionales, adaptées aux hivers rigoureux de la partie nord et des régions montagneuses de notre territoire.

© Hortival Diffusion. Les agapanthes, peu gourmandes en eau, ont le vent en poupe. Les variétés caduques sont, de plus, rustiques en résistant parfois jusqu’à – 18°C. Parmi elles, l’agapanthe ‘Northern Star’ cov, très vigoureuse (H : 1 m), aux eurs veinées bleu nuit. Des cultivars semi-persistants existent, comme ‘Twister’ aux eurs bicolores bleues et blanches (gélif à – 10°C).

Arbustes : des incontournables revisités

Comme l’explique Sylvain Milliand, expert botanique et photographe pour les Pépinières Minier (49), “face aux étés de plus en plus secs, mais aussi pour limiter la consommation en eau, il est important d’opter pour des espèces résilientes à une période de sécheresse prolongée, c’est-à-dire qui parviennent à s’en remettre sans trop souffrir”.
Par la même occasion, cela offre un gain de ressources, de temps et de moyens dédiés à l’arrosage. Voici donc la sélection de Sylvain Milliand qui propose, certes, des classiques, mais avec de nouvelles variétés à l’esthétisme moderne plus naturel :

© Hortival Diffusion. Les agapanthes, peu gourmandes en eau, ont le vent en poupe. Les variétés caduques sont, de plus, rustiques en résistant parfois jusqu’à – 18°C. Parmi elles, l’agapanthe ‘Northern Star’ cov, très vigoureuse (H : 1 m), aux eurs veinées bleu nuit. Des cultivars semi-persistants existent, comme ‘Twister’ aux eurs bicolores bleues et blanches (gélif à – 10°C).

• pour des massifs feuris d’avril à novembre, l’Anisodontea capensis, petit arbuste de la famille des mauves, est souvent utilisé comme plante à massif qui peut repartir si on la protège l’hiver ou en bac. La variété la plus réputée ‘El Rayo’ résiste à environ – 8°C à – 10°C lorsqu’elle est bien exposée (contre un mur au sud par exemple) ;

•les coronilles : très résistantes au sec, elles sont orifères et dégagent un agréable parfum fruité. Coronilla emerus (désormais appelé Hippocrepis emerus) est caduque, très rustique et idéale en haie et en forme naturelle. La Coronilla valentina subsp. ‘Glauca Selection’, au feuillage vert bleuté persistant, présente un port plus compact arrondi ;

• les Cotinus : ce sont des arbustes plein de potentiel, aux oraisons cotonneuses, robustes et rustiques. Ils sont faciles à cultiver et peuvent être recépés pour être rajeunis au bout de quelques années. La variété ‘Golden Lady’, au feuillage doré lumineux, modernise l’espèce, tout comme ‘Lilla’, une version naine au feuillage pourpre. ‘Flamissimo’ est une excellente amélioration de ‘Flame’ en plus arrondi et compact ;

• les Eleagnus, dont E. x ebbingei (renommé E. x submacrophylla) qu’il faut tailler deux fois par an si on l’installe dans une haie tenue. Des variétés plus compactes, moins exigeantes, existent, telles que ‘Compacta’ ou ‘Maryline®’. Il en existe également des caducs, vigoureux et robustes, plus adaptés aux formes libres, comme E.commutata ‘Zempin’ ou E. ‘Quicksilver’, aux feuillages bleutés ;

• les Euonymus : ce genre présente une belle diversité, avec des feuillages amboyants et des fruits attractifs en automne, à l’instar de ‘Red Cascade’ (feuillage rouge). Les Euonymus fortunei ‘Emerald Gaiety’ ou Blondy®, aux feuillages persistants, sont parfaits en bordures et avants de massifs. Les fusains du Japon sont, eux, tout trouvés pour les haies libres et formes taillées (Green Millenium®) ou sans entretien (‘Bekomoki’). Aussi, les variétés naines oubliées de la série ‘Microphyllus’ réapparaissent comme alternative aux buis dans les bordures ;

•Rosa rugosa : parmi les rosiers botaniques, c’est le plus ornemental et rustique, avec ses grandes eurs remontantes de juin à août. Peu exigeant, adapté au sol maigre, il est très résistant aux maladies et ne nécessite que peu d’entretien. Les variétés Angelia®, qui existent en ‘Eglantine, ‘Pink’, ‘Purple’ et ‘White’, sont compactes et orifères”.

Les pépinières Mainaud, basées en région bressane, proposent également une sélection d’arbustes résistants aux intempéries et coriaces pouvant supporter des températures de + 40°C à – 15°C. Parmi eux : le Forsythia, qui illumine de sa oraison jaune lumineuse la n de l’hiver ; le Deutzia et ses nombreuses variétés à splendides oraisons printanières ; le Syringa, qui supporte des sols pauvres et aride ; les spirées, et notamment Spiraea x vanhouttei qui supporte jusqu’à – 25°C ou S. ‘Shirobana’. S’ajoutent les Philadelphus et Sambucus.

© Hortival Diffusion. Les coronilles sont des plantes très résistantes au sec, orifères et odorantes. Coronilla valentina subsp. glauca ‘Selection’, au feuillage vert bleuté persistant, présente un port compact arrondi se prêtant à la fois aux formes libres ou plus contrôlées.

Vivaces et graminées

Chez les vivaces aussi, il y a les incontournables qui pro tent de nouvelles variétés dans l’air du temps. A l’image des sauges mexicaines : “Salvia grahamii, S. greggii, S. microphylla et S. x jamensis sont très orifères d’avril à novembre, tout en demandant un entretien limité. Les variétés

‘Melen’, ‘Flammenn’, ‘Pluenn’, ainsi que ‘Royal Bumble’ sont parfaites pour les massifs, rocailles, jardins de graviers et prairies sèches euries. Ensuite, les agapanthes, très tendances, offrent une belle présence graphique. Les variétés persistantes sont à réserver aux climats doux et coins abrités. Cependant, le cultivar ‘Pitchoune’, compact, est rustique jusqu’à – 10°C (existe en ‘Blue’ et ‘White’). Les variétés caduques sont, quant à elles, bien plus rustiques (jusqu’à – 15°C, voire – 18°C). A l’instar de ‘Northern Star’, très vigoureuse (H : 1 m), aux eurs veinées bleu nuit. En taille intermédiaire et plus compacte (H : 60 cm), on trouve ‘Brilliant Blue’. D’autres surprennent par leur feuillage panaché de blanc comme Silver Moon® ou par leurs eurs presque noires, à l’image de ‘Black Magic’. Des cultivars semi-persistants sont également disponibles, comme ‘Twister’ ( eurs bleu et blanc)” souligne Sylvain Milliand. Les agapanthes se marient à merveille avec des iris, fétuques et Stipa, recréant des prairies euries résolument modernes, adaptées à la sécheresse. “Les fétuques bleues, à l’image de ‘Elijah Blue’, servent de matrice au massif. Les Stipa, et notamment S. ‘Pony Tail’,

présentent aussi une grande résilience à la sécheresse. Les Miscanthus sont résilients et se se ressèment d’ailleurs beaucoup moins dans ces conditions sèches. Etlàaussi,ilyenapourtousles goûts entre ‘Yakushima Dwarf’ (compact, H : 1 m), ‘Morning Light’ (feuillage panaché), ‘Gracillimus’ et Graziella’ (très graciles), ‘Zebrinus’ et ‘Strictus’ (zébrés) ou encore ‘Etincelle’ (très n)” conseille Sylvain Meilland.

En n, n’oublions pas les conifères qui peuvent servir à structurer un massif, un parc : Chamaecyparis ‘Elwood’s Pillar’, la plupart des Juniperus et des pins, les cèdres de l’Atlantique et du Liban (C. deodara est plus sensible au sec) ou encore Abies pinsapo. Côté grimpantes, pensez au Trachelospermum, incontournable, au lierre, à la passi ore, aux Solanum et aux vignes-vierges. En n, chez les fruitiers, les guiers feront très bien l’affaire, à l’image de ‘Dalmatie’ et ‘Ice Crystal’, compacts et très résistants au froid (jusqu’à – 18°C et plus), ‘Jannot’ ou ‘Violette Normande’. Vous voilà donc parer pour affronter à la fois les sécheresses et les coups de froid !

© Hortival Diffusion. Les Cotinus, robustes et rustiques, pro tent de nouvelles obtentions qui “modernisent ” le genre, à l’image du cultivar Golden Lady® ‘Mincojau3’ cov, au feuillage doré lumineux.
Secheresse : des plantes resilientes

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