© Commune de Châtel

Nous le savons : le déclin de la biodiversité – la diversité du vivant – est entamé et s’accélère au fil des années partout sur la planète. Pour contrer cette érosion, le travail sur le végétal, dans le fond et dans la forme, est un moyen efficace d’agir. Diversité des strates, plantes sauvages et locales, espèces mellifères et nectarifères ou encore arbres et arbustes à petits fruits sont autant de moyen d’offrir de la nourriture toute l’année aux insectes, oiseaux…

Une diversité de strates
Qui dit biodiversité, dit diversité de strates. En effet, chaque oiseau, insecte, petit mammifère (hérisson, écureuil…) a un habitat spécifique : il vit soit en hauteur dans les arbres, soit caché dans des massifs arbustifs, ou bien encore au ras du sol, protégés par des herbes hautes. Ainsi, les arbres sont un refuge pour de nombreuses espèces (écureuils, mésanges…). N’hésitez pas en planter sous différentes “formes”  : en sujet isolé, en bosquet d’arbres, en alignement, en haie bocagère… A savoir qu’il existe de nombreuses espèces à petit développement lorsque l’espace est restreint (Amelanchier canadensis, Chionantus retusus, Fontanesia fortunei, Heptacodium miconioides, Idesia polycarpa, Photinia villosa, Prunus, Malus, Pyrus…). Ensuite, les arbustes prennent place sous diverses formes : en haies libres ou plus structurées, en massifs, afin de créer un écrin verdoyant à un espace ; en sujet isolé pour apporter des verticales avec le choix d’essences atypiques, au port élégant, au graphisme intéressant… S’ajoutent les plantes grimpantes qui s’accrochent aux structures dédiées et aux arbres ou s’appuient sur les murs. Le lierre est à ce titre un repère particulièrement prisé par les insectes et les oiseaux, car il offre de la nourriture jusque tard dans la saison. Enfin, la strate herbacée participe tout autant à la biodiversité : entre vivaces, graminées, fougères, bulbes, de petite, moyenne ou grande tailles, une infinité d’espèces sont à disposition. Les pépiniéristes, horticulteurs et obtenteurs sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à proposer ou à créer des variétés colorées mellifères, pour allier l’utile (la nourriture) à l’agréable (l’esthétique). Sous la forme de prairies fleuries d’espèces sauvages et locales ou de massifs de vivaces pérennes choisies pour leurs intérêts au fil de la saison, la diversité de la strate herbacée assurera ainsi nourriture et abri à la biodiversité tout au long de l’année.

© Jean-Luc Assensi

Des espèces locales et sauvages
Vous êtes de plus en plus nombreux à semer des prairies fleuries et vous avez bien raison  : elles offrent un esthétisme de nature, couvrent le sol à moindre frais en ne nécessitant quasiment aucun entretien (une fauche/an avec exportation conseillée), sont profitables à la biodiversité et apportent couleur et douceur. Elles peuvent être installées sur des espaces difficilement accessibles (talus, bords de route…), dans les parcs et jardins, au sein d’espaces plus naturels comme au bord d’une rivière, en lieu et place d’anciens trottoirs stabilisés…L’offre en mélanges de prairies fleuries est pléthorique  : mélanges type champêtres, d’espèces de plantes sauvages, d’annuelles… Les fournisseurs proposent des mélanges déjà réalisés et adaptés à des contextes variés (prairie humide, terrain sec, sol calcaire…). Généralement, leur durée de vie varie entre 2 à 5 ans  : ils sont composés d’annuelles, de bisannuelles et de vivaces qui prennent le relais l’une de l’autre au fil des années, ainsi que de graminées qui empêchent, notamment, la pousse des adventices le temps que le couvert enherbé semé s’installe. Pour les espaces naturels, il est fortement conseillé de planter des mélanges de fleurs et de graminées sauvages et locales (marque ‘Vraies Messicoles’ et/ou ‘Végétal local’), plus mellifères et adaptées aux conditions locales (le taux de réussite n’en sera que d’autant plus grand !). Souvent les premières années d’installation ne sont pas spectaculaires, mais patience : au bout de deux ans, les espèces sont bien implantées et fleurissent tout au long de la saison, apportant couleur et vivacité. Leur durée de vie moyenne est de 10 ans.

© Commune de Courchevel

Une gestion écologique
Après avoir installé des strates diversifiées et une diversité d’espèces mellifères, une gestion différenciée et écologique, en lien avec les cycles de la faune et de la flore présente, permet de favoriser encore davantage la biodiversité. Il faut par exemple éviter de tailler les arbustes où nichent des oiseaux au moment de leur période de nidification ou de reproduction. Une gestion légère des espaces de prairie est également recommandée : souvent, une à deux fauches par an suffisent et permettent à la petite faune de vivre à son rythme. Vous souhaitez que les habitants puissent circuler dans ces espaces enherbés ? Et bien, pas de panique : tondez des allées sinueuses au gré de vos envies, dégagez des bandes de propreté le long des chemins (de 1 à 2 m de large) ou encore les abords des tables de pique-nique, des bancs. Voilà donc de quoi participer à l’accueil et à la sauvegarde de la biodiversité ordinaire, sans oublier de communiquer sur vos pratiques, afin de sensibiliser les habitants à cette question majeure. 

© Villeneuve-lez-Avignon

Des espèces mellifères et nectarifères

Voici une palette de plantes qui produisent de la nourriture pour les insectes pollinisateurs (pollen et nectar) dans laquelle vous pouvez piocher :
• arbres : alisier (Sorbus spp.), amandier (Prunus dulcis), Cercis siliquastrum, Alnus glutinosa, Prunus cerasus et P. avium, Acer campestre, Eucalyptus spp., Fraxinus ornus, Ulmus minor, pêcher (Prunus persica), poirier (Pyrus communis), pommier (Malus spp.), prunier (Prunus domestica), Salix spp., Sophora japonica, Tilia platyphyllos… ;
• arbustes, arbrisseaux et lianes : Erica spp., Pyracantha coccinea, Calluna vulgaris, cassissier et groseillier (Ribes spp.), Cotoneaster spp., framboisier et mûrier (Rubus spp.), Ilex aquifolium ; Hyssopus officinalis ; Lavandula stoechas et L. officinale, Hedera helix, Mahonia spp., Myrtus communis, Vaccinium myrtillus, Rosmarinus officinalis, Philadelphus coronarius, Thymus serpyllum, Sambucus nigra, Thymus vulgaris, Ligustrum vulgare, Parthenocissus tricuspidata, Viburnum tinus… ;
• annuelles, bisannuelles et vivaces : artichaut (Cynara scolymus), Aster spp., Cyanus segetum, Borago officinale, Centaurea jacea, Cichorium intybus, Malva moschata et M. sylvestris, Melissa officinalis ; Mentha spp., Hypericum perforatum, Origanum vulgare, Papaver spp., Vinca minor, Pulmonaria officinalis, Salvia spp., Sedum spp., Helianthus annuus, Echium vulgare…
On notera que, parmi ces propositions, de nombreuses espèces sont des arbres fruitiers, des arbustes à baies et à petits fruits, ainsi que des plantes potagères et aromatiques : la création de jardins potagers (pédagogiques, partagés) participe donc à accueillir et améliorer la biodiversité !

© Verver Export
Biodiversité : des plantes adaptées

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *