Cassis : en symbiose avec son environnement

Les plantes ont été choisies pour leur caractère indigène et leur faible besoin en eau. Associées aux tonalités claires des revêtements, elles réinterprètent le paysage du parc naturel des Calanques.

Les calanques, la roche à fleur de terre, la mer azur, le maquis méditerranéen… Cassis et son paysage patrimonial emblématique marquent les esprits par la force des éléments naturels
qui le composent. Inscrite dans le parc national des Calanques,
la commune mène une gestion et aménage ses espaces en s’inspirant de cet environnement naturel exceptionnel.

Face aux plus hautes falaises maritimes d’Europe du Cap Canaille, Cassis côtoie un paysage exceptionnel. Depuis 2012, la commune fait partie du parc national des Calanques, ce qui témoigne du caractère précieux de ces paysages. Des espaces naturels, caractérisés par des formations végétales type maquis méditerranéen, s’immiscent ainsi dans Cassis, où l’urbain et la nature entrent en communion. Cette particularité guide la gestion et l’aménagement des espaces urbains de la Ville qui mène une politique très forte en matière de développement durable et de préservation de l’identité paysagère locale.

Symbiose entre ville et nature
“Pour nous, il est essentiel de ne pas dénaturer nos paysages” confie Yves Husson, responsable du service espaces verts de Cassis. “Les services environnement et urbanisme travaillent en lien avec les instances du parc national qui gère les espaces naturels présents sur la commune, notamment en ce qui concerne les stratégies urbaines et de trame verte. Pour notre part, nous n’avons pas de lien direct avec les agents du parc mais nous nous appuyons sur les différents documents d’orientation édités par celui-ci, notamment des plaquettes sur l’utilisation d’essences endémiques ou sur la lutte contre les invasives, telles que la griffe de sorcière, l’herbe de la pampa, l’arbre aux papillons… Il est important de ne pas importer des espèces exogènes qui pourraient ensuite déséquilibrer l’écosystème environnant. Nous travaillons aussi avec l’ONF et, notamment, sur la question de la processionnaire du pin : en bordure de zone habitée, nous avons installé des éco-pièges et des nids à mésanges, prédatrices de la chenille, prendront place cette année”.

Gestion et fleurissement différenciés
Depuis une dizaine d’années, la commune a fait évoluer ses pratiques vers des approches plus naturelles et écologiques des espaces. “Au fur et à mesure que l’on s’éloigne du centre-ville, la gestion et le fleurissement deviennent plus naturels, au contact des milieux de maquis. L’hyper-centre fait toujours l’objet d’un entretien très soutenu avec des surfaces engazonnées et fleuries, plus de 40 000 personnes étant présentes en été. Mais nous avons diminué de 40 % les massifs d’annuelles et de bisannuelles, en les remplaçant avec des vivaces et des arbustes nécessitant moins d’interventions et moins d’eau et rappelant le paysage de maquis” explique Yves Husson. Au niveau de la strate arborée, micocouliers, pins, chênes verts… procurent de l’ombre et de la fraîcheur, ou encore les oliviers qui font écho à l’oléiculture ancestrale. Concernant la strate arbustive, on retrouve à la fois des essences de maquis et des sujets plus horticoles : romarins, cistes, arbousiers, lavandes et pistachiers sont mêlées à des vivaces comme les immortelles des sables, Asteriscus, santolines, érigérons…

Dans le jardin de la Graciane, face au Cap Canaille, l’acier corten et la couleur ocre et sablé des stabilisés et des bétons, avec des agrégats
d’une carrière cassidenne, rappellent les couleurs des falaises et des calanques.

Du matériel moins polluant
La ville est désormais ‘Zéro phyto’ sur tous ses espaces : voiries (gérées par la métropole de Marseille), terrains de sport, cimetières et bien sûr, espaces verts. “Pour effectuer ces changements de pratiques, nous avons reçu des subventions du département, mais c’est aussi la commune qui a alloué un budget spécifique au renouvellement du parc matériel. Notre maire, Danielle Milon, est vice-présidente du parc national des Calanques et est aussi très impliquée dans le jury départemental des Villes et Villages Fleuris car elle est aussi vice-présidente du département et présidente de Provence Tourisme. Elle a donc fortement encouragé cette évolution, cohérente avec la création du parc national. Nous nous sommes ainsi équipés de matériel électrique à batterie : cisaille, souffleuse, tronçonneuse, binette… Les agents sont ravis, car ces outils sont beaucoup moins lourds, moins bruyants et moins polluants, et les vibrations plus faibles, tout cela en étant aussi puissants que des thermiques” ajoute Yves Husson. L’achat d’un groupe de traitement ‘eau chaude’ permet de désherber certaines surfaces en périphérie, sensibles au risque d’incendie, tandis que des désherbeurs thermiques sont préférés dans l’hyper-centre, moins accessible. Au sein des espaces au contact des milieux naturels du parc naturel, des fauchages sont réalisés, tout comme au niveau du cimetière paysager autrefois désherbé chimiquement, aujourd’hui entretenu avec des débroussailleuses électriques à fil et des réciprocateurs.

Minimiser l’arrosage et l’entretien
Afin de s’adapter à cet entretien plus durable, les surfaces engazonnées ont diminué de 50 %. “Nos ronds-points, auparavant quasiment tous engazonnés, ont été plantés d’espèces endémiques adaptées au climat méditerranéen dans le but de limiter le plus possible l’arrosage, les tontes ou l’apport d’engrais, l’utilisation des couvre-sols étant privilégiée. Ces nouveaux massifs d’arbustes et de vivaces sont d’abord bâchés par une toile biodégradable, puis un arrosage automatique en goutte-à-goutte est installé” précise Yves Husson. La bâche est ensuite recouverte de paillage minéral, avec du ballast ou encore de la pouzzolane, ou de paillis végétal (broyat issu des déchets de tailles arbustives et d’élagage réalisé par le service équipé d’un broyeur de branches mixtes).

Le jardin de la Graciane inspiré du paysage local
Livré en 2017, ce nouveau jardin de grande qualité prend place sur un site auparavant délaissé, recouvert de pelouses arrosées par asperseur, et utilisé uniquement comme chemin de traverse. “Notre volonté a été de créer un lieu de rencontre intergénérationnel dans une vraie ambiance méditerranéenne. Conçu par Der Sahakian concepteur paysagiste, ce jardin mêle habilement modernité, en utilisant des matériaux comme le corten ou des gabions, et l’inspiration des jardins traditionnels méditerranéens. Les plantes, pour la plupart indigènes, rappellent le maquis proche. Ainsi, on peut désormais s’arrêter, s’asseoir sur un banc, et tout simplement profiter du superbe panorama à l’ombre des vieux pins” conclut Yves Husson.
C’est donc le paysage naturel qui inspire et guide la gestion et l’aménagement d’espaces publics de qualité, améliorant le cadre de vie des Cassidens. Cette mise en valeur des paysages naturels a été récemment récompensée par le CNVVF qui décernera en mars prochain à Cassis le prix national de la valorisation paysagère de l’espace urbain.

Au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’hyper-centre, très prisé des touristes durant l’été, la végétation se fait plus naturelle, tout en conservant une touche horticole : les rosiers paysagers, mêlés aux agapanthes, contrastent avec les oliviers et les cyprès.

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