Archives de catégorie : Création & Construction

Des bacs à planter, tout en simplicité !

© Ville de La Motte-Servolex
Dans une logique de recyclage, la création de bacs plantés peut permettre de réutiliser des matériaux, à condition, bien sûr, qu’ils soient non traités et non pollués.

On en voit “pousser” un peu partout dans nos villes et nos villages : les bacs à planter surélevés, qui accueillent souvent des plantes potagères, tiennent une place de choix dans les cours d’école, les jardins partagés ou les espaces publics. Véritables supports pédagogiques,  ils sont un beau moyen pour sensibiliser petits et grands aux bonnes pratiques de jardinage  et favoriser le lien social.

Face à une demande grandissante de la part des citoyens de se rapprocher de la nature et de la terre, de jardiner et de cultiver leurs propres légumes et fruits, les carrés potagers trouvent un intérêt de plus en plus fort. Pour répondre aux besoins des habitants, mais aussi pour favoriser le lien social autour de choses saines que sont le jardin et les plantes, les communes sont ainsi de plus en plus nombreuses à créer ou à financer des bacs potagers à destination des riverains, ainsi que des écoles pour sensibiliser les tout-petits à la nature. Ces bacs, la plupart du temps constitués de bois, peuvent alors être créés en régie par les agents, notamment lors des périodes plus creuses d’activité. Ils peuvent également être réalisés dans le cadre d’ateliers pédagogiques animés par les services techniques communaux, avec des enfants, une association, des personnes handicapées… Enfin, des solutions prêtes à poser existent pour faciliter la mise en place de ces bacs jardinés.

© Carré Serre. Les bacs livrés en kit sont très faciles d’installation, à l’image de ces lames de bois à encoches fixées les unes aux autres sans clous ni vis. A noter que si vous choisissez un carré “sur pied”, pour élever la table de culture, il faut veiller à ce que les poteaux de renfort reposent sur un sol stabilisé, afin d’éviter toute déformation future du carré.

Construire ses propres bacs à planter
La mise en place de bacs plantés peut naître d’une volonté municipale, d’une initiative des enseignants des écoles maternelles ou primaires du village, d’associations ou encore d’habitants motivés et engagés pour créer des espaces de rencontre autour du végétal. Dans tous les cas de figure, il est bien pour une commune d’impulser la dynamique en réalisant ou en finançant les premiers bacs plantés. Pour créer ces carrés surélevés, plusieurs éléments sont à prendre en compte :
• il n’y a pas de règles sur les dimensions ou la forme de ces bacs, qui peuvent être de forme rectangulaire ou carrée (les triangles ou cercles sont moins faciles à mettre en œuvre !). Le tout est que leur hauteur soit adaptée au public ciblé : à hauteur de bras des petits enfants si le bac est installé dans une cour d’école, à plus ou moins 10 cm de la hauteur d’assises des fauteuils roulants si les carrés sont accessibles aux personnes à mobilité réduite… ;
• concernant les matériaux, le bois est le plus utilisé car moins cher que les autres matériaux et s’intégrant facilement aux espaces paysagers. Il est cependant primordial qu’il soit non traité et au moins admis en classe 3 afin de résister aux intempéries, à l’humidité et aux champignons. Dans une logique de développement durable, favorisez du bois classé PEFC ou FSC et, dans la mesure du possible, provenant de scieries locales. Bien sûr, vous pouvez utiliser d’autres matériaux, à condition que, là aussi, ils ne soient pas traités ou pollués ;
• enfin, l’épaisseur des planches est à adapter selon le volume de terre que contiendra le bac créé : les planches doivent être suffisamment épaisses afin d’assurer un bon maintien de la terre.
Concernant l’installation, la plupart du temps les bacs sont tout simplement posés au sol, sans besoin d’ancrage particulier. A l’instar des bacs créés par les jardiniers de La Motte-Servolex, en Savoie. “Nous avons construit plusieurs bacs plantés installés, par exemple au niveau des jardins partagés ou de ronds-points au fleurissement thématique. Les parois sont en bastaings de mélèze provenant d’une scierie locale. Les éléments sont fixés entre eux par des équerres aux coins (une tous les 40 cm de haut environ), ce qui évite l’utilisation de tasseaux. Ensuite, il n’y a plus qu’à poser la structure au sol, sur un terrain nivelé, et fixer (par clous ou agrafes) un géotextile sur l’intérieur des planches pour protéger le bois de l’humidité. Concernant le remplissage, lorsque les bacs sont assez hauts (1,20 m), nous apportons du broyat de tailles sur les 50 premiers cm, puis complétons par du compost sur les 70 cm restants” explique Jean-Luc Ville, responsable du service espace vert de La Motte-Servolex.

© Ville de La Motte-Servolex. À la Motte-Servolex, les bacs à potager sont construits de façon très simple : des bastaings de mélèze sont fixés les uns aux autres par des équerres d’angle. Un feutre géotextile est ensuite ajouté pour protéger le bois de l’humidité de la terre.

Des bacs “tout-fait” et des kits prêts à monter
Nombreuses sont les communes qui investissent dans des bacs à planter déjà “tout-fait” ou livrés en kit. Cette option peut être prise lorsque le temps ou les moyens humains viennent à manquer. Aussi, comme c’est le cas à Sainghin-en-Mélantois, commune située à côté de Lille, c’est pour être sûr d’utiliser du bois non traité. “En effet, souvent les bacs sont réalisés avec des matériaux recyclés, comme du bois de palette. Pourtant, celui-ci est traité, avec des risques de contact entre résidus chimiques et cultures comestibles, et donc d’ingestion” explique Frédéric Leconte, responsable des espaces verts de Sainghin-en-Mélantois. Sous l’impulsion d’une habitante engagée dans l’association ‘Incroyables Comestibles’, qui promeut une agriculture urbaine à partager pour tous, huit bacs à planter, prêts à monter, ont été installés sur différents espaces verts fréquentés de la ville. “Pour encourager cette initiative, qui invite les habitants à jardiner l’espace public, la commune a financé les trois premiers bacs. Les cinq suivants ont été financés par la Métropole Européenne de Lille, suite à un dossier préparé par l’association et appuyé par notre service. Ce sont les bénévoles qui ont mis en œuvre les bacs, nos services ayant stocké puis fourni le matériel nécessaire à la construction. A l’image du broyat de bois installé en sous-couche du bac, des déchets de tonte (4/10e) et de la terre végétale (6/10e) qui, mélangés, assurent un substrat fertile aux plantes potagères” poursuit Frédéric Leconte.
Le choix de bacs par la commune de Sainghin-en-Mélantois s’est alors porté sur ceux de la société “Mon petit potager” qui propose toute une gamme de solutions pour les potagers, fabriquées 100 % en France (région Auvergne-Rhône-Alpes) et 100 % naturelles. “Les carrés potagers sont composés de lames de douglas français sans traitement, certifié PEFC et admis en classe 3 sans traitement. Ceux choisis par Sainghin-en-Mélantois sont nommés les ‘Keyhole Garden’ : ce concept, venu d’Afrique, combine la permaculture et le recyclage des biodéchets en proposant, au centre du bac, un composteur en acier galvanisé. Ainsi, les écoles ou habitants y mettent leurs biodéchets qui diffusent les nutriments et l’humidité nécessaire à l’ensemble des plantations, créant alors un sol vivant et hyper-fertile” précise Olivier Bachelot, directeur commercial jardin de “Mon petit potager”. Avec une pluviométrie de plus en plus faible chaque été, ce concept est alors plus qu’intéressant en permettant de limiter les apports en eau. Disponible du plus petit au grand modèle, le ‘Keyhole Garden’ est facile d’installation (feutre géotextile, angles en acier galvanisé et guide d’utilisation compris), sans nécessiter ni clous, ni vis, et est garanti 3 ans.
Un autre dispositif ingénieux de bacs a été développé par l’entreprise “Carré Serre” et décliné sur toute la gamme proposée 100 % fabriquée en France, à partir de bois thermo-modifié pour le rendre imputrescible (produits garantis 5 ans). “Nos carrés se montent très facilement à partir de lames de bois à encoche. Des plaques plastiques installées au contact des parois permettent de les protéger de l’humidité. Ce système offre un large choix de combinaisons possibles, avec des hauteurs variables selon l’âge des enfants ou l’utilisation par des personnes en fauteuil roulant (maisons de retraite, IME, EPHAD…). Chaque bac est livré avec une plaque en polycarbonate, qui joue le rôle de serres, pour une mise en culture plus précoce ou tardive” ajoute Nicolas Brulard, responsable de Carré Serre. En parallèle, la société propose un véritable service d’accompagnement pédagogique (animations, formation des instituteurs, intégration du jardinage dans les programmes éducatifs, manuel d’accompagnement pour des cultures adaptées à l’absence d’entretien pendant les vacances d’été…), ainsi que tous les produits associés pour un projet durable (substrat de qualité, irrigation avec des Olas…).

© Mon petit potager. Des bacs à planter livrés en kit sont disponibles, à l’image du ‘Keyhole Garden’ qui intègre, en son centre, un bac composteur en acier galvanisé, mêlant alors recyclage des biodéchets et permaculture.

Où les installer ?
Ces bacs peuvent être installés un peu partout dans les espaces verts de votre commune, pourvu qu’ils soient de taille suffisante pour accueillir plusieurs personnes à la fois, le but étant de fédérer les habitants autour d’un projet commun. Aussi, comme le précise Frédéric Leconte : “il est bien de les installer dans des lieux de passage afin qu’ils soient visibles, comme à proximité d’une aire de jeux, près de la mairie ou de l’école primaire. L’intérêt est que les gens participent et se servent. En les installant sur le domaine public, nous pouvons contrôler les installations, l’entretien et la propreté du site. Ainsi, en fin de saison, si l’on voit que le carré potager est un peu laissé à l’abandon, nous contactons l’association pour qu’ils puissent être nettoyés rapidement”.
Dernier point : si vous pensez que l’endroit choisi pour installer un bac potager n’est finalement pas le plus adapté, l’atout de ces structures est qu’elles peuvent être déplacées sur un autre site (excepté les ‘Keyhole Garden’), sans avoir eu à labourer le terrain pour rien !

 

Des nichoirs
pour les oiseaux

L’installation de nichoirs permet de faire face à la diminution alarmante des populations d’oiseaux dans nos campagnes et, ainsi, de préserver notre biodiversité ordinaire. Autre avantage, et pas des moindres : lutter de façon biologique contre les ravageurs du patrimoine arboré et les nuisibles comme le moustique tigre !

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dans le numéro de Janvier 2020, abonnez-vous

Saint-Jean-de-Maurienne redonne vie à son cimetière

Face à la Croix des Têtes, plus haute falaise calcaire d’Europe, le cimetière Duc offre un panorama privilégié sur cette ville à la montagne. Mais voilà : plus aucune concession n’était vendue
par manque d’attrait esthétique du cimetière. Les jardiniers ont alors réalisé un aménagement simple et efficace, conciliant végétal, vie et biodiversité, qui offre désormais un lieu de sérénité pour célébrer ses défunts et apprécier le paysage.

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dans le numéro d’Octobre 2019, abonnez-vous

Hôtels à insectes : pédagogie, biodiversité
et récup’ !

La construction d’un hôtel à insecte permet de laisser libre cours à son imagination pour inventer des formes originales, bien que la forme ’maison’ soit la plus usitée. Certains créateurs proposent des formes innovantes, à l’image de Bernard Cwiek.

On en voit s’essaimer un peu partout dans nos communes, dans les parcs, massifs fleuris, jardins pédagogiques et potagers ou même dans les cimetières. Prenant des formes diverses, avec une variété d’assemblages de matériaux réutilisés constituant autant d’abris
pour les insectes, ces hôtels sont un formidable outil de sensibilisation du public quant à la nécessaire préservation de la biodiversité.

Le dernier rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) fait état d’une grave atteinte à la biodiversité planétaire : environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, notamment dans les prochaines décennies. La sonnette d’alarme est donc tirée, avec un taux d’extinction des espèces sans précédent et qui n’a jamais été aussi rapide. Pour tenter d’enrayer ce dangereux déclin de la nature, chacun peut agir à son échelle, même modestement. Les collectivités ont alors un rôle primordial à jouer en transmettant aux habitants les bonnes pratiques pour favoriser la diversité biologique et, notamment, offrir abri et nourriture aux insectes, situés à la base de la chaîne alimentaire. Pour ce faire, un outil simple, encourageant l’implication des plus jeunes et l’utilisation de matériaux récupérés, et un véritable moyen de communication : l’hôtel à insectes. Conseils et astuces avec Thierry Suire, responsable des espaces verts de la ville du Passage d’Agen, dans le Lot-et-Garonne, où l’équipe municipale réalise un beau travail de sensibilisation de la population aux pratiques environnementales.

Les hôtels à insectes, qui proposent un certain attrait esthétique, peuvent être intégrés à des massifs thématiques : ils permettent d’attirer l’attention, de sensibiliser le public et d’agrémenter une composition.

Montrer “l’invisible”

Parfois appelés abris ou chalets, les hôtels à insectes présentent de nombreux atouts, dont le principal est l’aspect pédagogique. Comme l’explique Thierry Suire, “les hôtels à insectes, qui sont des structures verticales, permettent de rendre visible l’invisible. Ils éveillent l’attention sur de petits insectes moins connus que les abeilles de ruches, à l’image des abeilles maçonnes, appelées osmies, qui virevoltent à proximité des hôtels, amenant la terre nécessaire à la création de leur loge. Il s’agit de sensibiliser à l’existence de nombreuses espèces d’abeilles sauvages qui assurent un rôle primordial dans la pollinisation des plantes à fleurs. Une fois qu’ils découvrent ces petits secrets de la nature ordinaire, les enfants deviennent des porteurs de messages très efficaces pour éduquer, à leur tour, leurs parents !”.

Faire participer les enfants

Les abris à insectes sont des structures assez simples à réaliser et c’est pourquoi, vous pouvez envisager sans problème de faire participer les enfants à la construction de ceux-ci. “L’action de sensibilisation est d’autant plus efficace car les petits s’accaparent bien mieux quelque chose lorsqu’ils ont participé à sa réalisation. C’est la raison pour laquelle nous essayons de les intégrer du début à la fin, ceux-ci dessinant même en préalable la forme des hôtels. En amont de la venue d’une classe, d’une trentaine d’élèves environ, nous découpons à l’aide d’une scie-sauteuse les parois et pièces principales de l’abri à insectes, à partir des chutes de l’atelier menuiserie des services techniques. Le jour de l’atelier, les enfants font alors une ’cueillette’ dans le ’jardin Découvertes’ des matériaux à intégrer dans l’hôtel : pommes de pin, feuilles de miscanthus, branches mortes… Ensuite, ils participent à l’assemblage de la structure de l’abri et remplissent les compartiments avec les matériaux glanés et récupérés. Ils assistent aux opérations plus délicates, comme le perçage de rondins de bois à la mèche, accompagnées d’une explication sur les espèces qui viendront nicher dans ce type d’abris. Niveau équipement, il est bien de prévoir plusieurs paires de gants pour les enfants qui manipuleront du matériel. Aussi, les enfants de primaire et du collège ne sont pas les seuls à construire des hôtels à insectes : chaque été, des chantiers citoyens ont lieu. Des jeunes de 16 à 18 ans participent à des ateliers en lien avec les services techniques le matin, puis profitent d’activités sportives et de loisirs l’après-midi au sein des infrastructures municipales”.

Les jardiniers du Passage d’Agen ont également confectionné une cinquantaine de nichoirs à mésange avec l’aide des nombreuses petites mains des écoliers : par groupe de 3 à 4 écoliers encadré par un agent, ils ont assemblé les nichoirs et les ont customisés avec des mousses, des rondelles de bois… Un résultat très réussi !

Quels matériaux pour qui ?

La réalisation d’un hôtel à insectes vise à reconstituer des abris normalement présents dans la nature. Ainsi, “plus il y aura de matériaux différents utilisés, plus il y aura une variété d’habitats pour une variété d’insectes. Il n’y a pas de règles, excepté d’éviter d’utiliser du bois traité ou des matériaux contaminés” précise Thierry Suire. Voici donc quelques exemples de matières utilisables, associées aux espèces d’insectes qui y trouveront abri :
• tiges de miscanthus, Arundo… pour certaines abeilles solitaires ;
• rondins de bois et morceaux de troncs à percer à l’aide d’une mèche de multitudes de petits trous : abeilles charpentières, guêpes… ;
• briques, voire parpaings en brique : pour les abeilles maçonnes (osmies) ;
• pots en terre cuite, qui peuvent être retournés et remplis de foin : idéal pour les perce-oreilles qui viennent s’y loger, ces derniers se nourrissant de pucerons ;
• paille/foin/branches de bois : parfait pour les scirpes et chrysopes qui se nourrissent des pucerons, cochenilles farineuses, aleurodes… ;
• planchettes de bois entassées derrière une plaque de métal, morceau de bois en décomposition : insectes xylophages ;
• planchettes de bois bien rapprochées et abritées : attirent les coccinelles qui y passent l’hiver ;
• fagot de tiges creuses (ronce, rosier, sureau) : abri idéal pour les petits hyménoptères ;
• pommes de pin : carabes, chrysopes, coccinelles ;
• sable : pour l’abeille fouisseuse ;
• tiges de bambous : abeilles solitaires qui pollinisent les premières fleurs des arbres fruitiers dès le mois de mars ;
• et bien d’autres matériaux trouvés dans la nature (mousse, écorces…) !
Pour l’organisation des différents types d’habitat entre eux, deux solutions sont possibles : ils sont parfois séparés par de petites cloisons en bois récupéré ou bien cohabitent sans séparation.

Des hôtels à insectes ont été installés au ’Jardin Découvertes’ : ils sont associés à des prairies pérennes et fleuries ou encore à des carrés de potagers, assurant une hyper-proximité entre gîte et nourriture.

Trucs et astuces

Voici d’autres petits conseils pratiques pour réussir votre projet d’hôtels à insectes :
• isoler la structure de l’humidité du sol qui remonte par capillarité : parpaing, poutres, pierres, vide… ;
• les hôtels peuvent être installés dans les parcs, jardins, cimetières, jardins partagés ou potagers, massifs fleuris… ;
• si le lieu dans lequel est installé l’abri à insectes est fréquenté, penser à bien stabiliser et ancrer la structure. Pour que le refuge soit efficace, il faut également penser à fermer l’arrière de l’hôtel avec un grillage, type grillage à poule, mais aussi à l’orienter au sud-est ;
• proposer de quoi se sustenter à proximité de l’hôtel : en effet, cela ne servirait pas à grand-chose de proposer un abri s’il n’y a rien à manger autour ! Installez donc au moins un “dispositif” en faveur de la biodiversité, tel qu’une prairie fleurie et/ou pérenne, un potager, un verger… Comme le conclut malicieusement Thierry Suire, “il est important de diversifier les sources de pollen, parce que les abeilles ont le ’bourdon’ quand elles ont faim !”.
Ainsi, amusez-vous à concevoir des structures pour les insectes qui plairont aux petits, comme aux plus grands !

Le jardin Découvertes

Au Passage d’Agen, les agents des services techniques ont créé un jardin entièrement dédié, comme son nom l’indique, à la découverte de la biodiversité. Comme le confie Thierry Suire, “principalement destiné à un public scolaire, avec 4 écoles primaires et un collège sur la commune, le jardin a été créé en effectuant quasiment aucun achat, dans une logique de réutilisation de la matière disponible, tout en sollicitant le savoir-faire des différents corps de métiers des services techniques. Hôtels à insectes, ’cabanes d’accueil’, carrés de potagers, ruches, mares, prairies fleuries ou pérennes, nichoirs à mésange et chauves-souris, vergers d’une quinzaine de fruitiers de variétés anciennes… tous les aménagements s’inscrivent dans un seul et même objectif : sensibiliser et éduquer les plus jeunes au respect de l’environnement et à la connaissance du vivant”. Ouvert au public, le jardin est un véritable support pédagogique en recevant régulièrement des classes de primaires et de collégiens qui profitent d’ateliers et d’activités en plein air.

Article du numéro de Juin-Juillet 2019, abonnez-vous

Des murs en pierres sèches, l’esthétique paysanne

A Darois, village de 500 habitants inscrit en Côte-d’Or où la pierre de Bourgogne imprègne les paysages, des murets en pierres sèches viennent ponctuer chemins, sentiers et massifs plantés, apportant à la fois esthétisme et structure. Des créations uniques, simples
et peu coûteuses, qui mettent en valeur le petit patrimoine local.
Astuces de réalisation avec Miguel Gomez, agent-jardinier de Darois.

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dans le numéro de Mai 2019, abonnez-vous

Spirales à insectes : biodiversité et sensibilisation !

Le montage s’effectue à la façon d’un mur en pierres sèches : les interstices ainsi créés permettent à divers insectes de s’abriter. N’hésitez pas à récupérer les pierres d’un vieux mur, tout en s’assurant qu’elles soient vierges de tout enduit nocif.

En France, les insectes pollinisateurs interviennent dans la pollinisation de près de 70 % des plantes à fleurs sauvages et cultivées, et assurent donc un service précieux, pilier essentiel
de notre alimentation quotidienne. Cependant, la baisse inquiétante des populations d’insectes, avec 40 % des espèces menacées d’extinction dans le monde, doit nous inciter à agir à la ville comme à la campagne, en installation divers dispositifs, tels que les spirales à insectes. Descriptif.

Pour la biodiversité planétaire et nos générations futures, il est nécessaire de s’inquiéter dès aujourd’hui (même si cela aurait dû être le cas depuis des années !) de la baisse significative des populations d’insectes pollinisateurs. Villes et villages sont déjà nombreux à avoir installer des ruches dans leurs espaces de nature, afin de favoriser le retour et la protection des abeilles domestiques. Mais les pollinisateurs sauvages, qui représentent en France des milliers d’espèces dont les lépidoptères (papillons), guêpes, tenthrèdes, hyménoptères, coléoptères (scarabées, coccinelles) ou encore les diptères (mouches, et notamment les syrphes) assurent en fait l’essentiel de la pollinisation ! Il s’agit donc de proposer une variété de lieux propices à leur installation et à leur nourrissage, et cela tout au long de l’année. Semis de prairies naturelles et fleuries, plantation d’espèces mellifères et nectarifères issues de toutes les strates et sortes végétales (arbres, arbustes, vivaces, bulbes), plantation d’espèces botaniques sauvages, gestion écologique respectant le rythme de vie des insectes… sont autant d’actions à mettre en place. La création d’hôtels à insectes participe également de cet élan, même s’ils ont davantage vocation à informer et à sensibiliser les habitants, et notamment les plus jeunes, aux pratiques environnementales menées par la commune face à ce constat alarmant de baisse des populations d’insectes. Les spirales à insectes sont alors d’autres dispositifs de sensibilisation, également réalisables dans le cadre d’animations avec les scolaires, et qui présentent un intérêt environnemental plus intéressant pour fournir le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs.

Après avoir choisi le lieu, effectuez le piquetage du dessin de la spirale au sol et décaissez le sol sur 10 cm. La terre enlevée peut être réutilisée pour le dessus de la spirale, après avoir enlevé les graminées du gazon et leurs racines et allégé la terre si celle-ci est trop lourde.

Généralités et premiers conseils

Une spirale à insectes est un ouvrage qui, comme son nom l’indique, s’organise autour d’une spirale réalisée en pierres sèches, ossature de la structure, recevant par la suite des matériaux drainants, de la terre et des plantes mellifères et nectarifères. Le centre de la structure est le point le plus haut de la spirale, le mur en pierres sèches montant progressivement en hauteur de l’extérieur vers l’intérieur du “colimaçon”. L’absence de joints ciment ou mortier et l’appareillage en pierres sèches permettent de créer des cavités dans lesquelles divers insectes “utiles” vont pouvoir s’abriter temporairement ou bien nicher. Comme nous l’explique Guy Longeard, chef de secteur ‘Gestion des espaces verts’ à Besançon, “il faut avant tout une situation ensoleillée, pour que les pierres captent les rayonnements solaires afin de les restituer en chaleur aux insectes qui y nichent, notamment durant l’hiver. Sur la localisation dans la ville ou le village, aucune obligation : les spirales peuvent être installées dans un jardin ou sur une pelouse de petite taille, celles-ci présentant généralement un diamètre de 1,5 à 2 m, sur une hauteur de 60 à 80 cm. A Besançon, nous avons tendance à les installer à proximité des écoles, car ces ouvrages sont de vrais outils pour sensibiliser les plus jeunes et animer la vie locale autour d’actions partagées, les enfants participant à la construction de ces spirales”.

La spirale à insectes, tout comme les hôtels à insectes, sont un très bon moyen de sensibilisation et d’animation communale. Vous pouvez les placer proches d’une école, afin que les enfants participent à la construction et viennent ensuite observer facilement les insectes.

Les différentes étapes de construction

Pour réaliser ces ouvrages en pierres sèches, Guy Longeard nous livre les différentes étapes et secrets de construction :
• après avoir choisi le lieu, effectuez le piquetage du dessin de la spirale au sol : celle-ci est donc circulaire, avec un diamètre moyen de 1,5 à 2 m, mais pouvant aller jusqu’à 4 m de diamètre selon vos possibilités et votre créativité ;
• décaissez le sol sur 10 cm à la bêche. Vous pouvez conserver la terre pour la réutiliser par la suite, après avoir pris soin d’enlever les graminées du gazon et leurs racines ;
• pour le montage du mur, choisissez des pierres plates, de 20 à 30 cm de large (soit largeur du muret). Privilégiez l’utilisation de pierres de récupération, d’un vieux mur ou d’une vieille bâtisse en ruine par exemple, dans une logique de démarche durable globale. Celles-ci doivent être propres, et donc sans polluant, ni autre enduit nocif ;
• disposez les pierres à la façon d’un montage en pierres sèches : posez les pierres de façon croisée, en quinconce, afin que les ‘joints creux’ ne soient pas alignés les uns en face des autres pour assurer la stabilité du muret ;
• dans les interstices entre les pierres, divers nichoirs peuvent être installés, comme des nichoirs à bourdons : ce sont des tubes dépassant de 2 à 3 cm du mur dans lesquels les bourdons s’engouffrent pour accéder à une loge protégée. Vous pouvez aussi empiler 3 à 4 tuiles pour les coccinelles, véritables auxiliaires des cultures, ou encore intégrer des bûches perforées de trous (12 mm de diamètre maximum) pour les abeilles sauvages solitaires ;
• si des publics agités occupent les espaces à proximité, la dernière rangée de pierres installée peut être jointée de ciment afin de maintenir celles-ci en place ;
• remplissez ensuite la spirale avec différents substrats successifs : tout d’abord, apportez une couche de matériaux drainants, provenant de votre région (concassés, galets…), dont l’épaisseur augmentera de l’extérieur vers le centre de la spirale, de 40 à 50 cm (soit 4/6 de la hauteur de la spirale). Ensuite, une couche de sable de 10 à 15 cm (soit 1/6 de la hauteur) doit être apportée (de granulométrie 0/4 ou 4/6). Enfin, disposez 10 à 15 cm de terre légère (1/6) : le substrat doit en effet être adapté à des plantes de milieu sec qui vont supporter la chaleur dégagée par les pierres ;
• plantez ensuite avec des espèces végétales mellifères et pollinifères vivaces, adaptées aux sols séchants. Les plantes aromatiques, telles que thym, origan, sauge, ciboulette, menthe… font parfaitement l’affaire, notamment grâce à leurs longues floraisons de mai jusqu’aux premières gelées, fournissant alors de la nourriture aux insectes une bonne partie de l’année. Choisissez également des plantes d’une hauteur comprise entre 50 et 60 cm. La première année, vous pouvez semer ou planter des annuelles, comme des bourraches, bleuets des moissons ou phacélies afin de couvrir le sol en attendant le bon développement des vivaces.
• les abords de la spirale peuvent être cerclés d’un anneau de sable (30 cm de large environ) afin d’accentuer le phénomène de chaleur au pied du mur, ce qui profite alors aux lézards et autres micromammifères, qui viennent s’y reposer ou s’abriter au chaud.
A savoir que si vous désirez un muret plus haut que 80 cm, des renforts transversaux également en pierres sèches, dessinant alors des sortes de quartiers dans la spirale, peuvent être ajoutés.

La plantation d’espèces aromatiques, mellifères, nectarifères et odorantes, permet d’offrir, en plus d’un abri, de la nourriture aux insectes. Pour compléter le dispositif, vous pouvez semer une prairie fleurie composée d’espèces locales à proximité.

Des actions simples

Pour renforcer l’attrait de la spirale, d’autres actions et installations assez simples peuvent être réalisées avec, par exemple, le semis de prairies pérennes fleuries et attractives, avec des espèces locales. “Une autre action très simple est de créer des carrés de sable de
1 x 1 m pour les abeilles terricoles, espèces qui nichent dans le sol : il suffit de décaisser le sol sur 20 à 30 cm, d’installer 4 planches de bois (H : 20 cm) et d’ajouter une couche drainante de 10 cm dans le fond, puis du sable avec de la terre tamisée neutre de tout débris. Il faut juste prévoir un dispositif de clôture si de nombreux chiens et chats évoluent à proximité” ajoute Guy Longeard, qui poursuit : “la construction de ces spirales avec les enfants est un outil pédagogique simple pour les sensibiliser aux questions de biodiversité et de respect des insectes. Des animations sont réalisées par la suite pour venir observer les insectes au fil des saisons. Comme nous le faisons à Besançon, la signalétique peut aussi être réalisée en partenariat avec les écoliers et les habitants”. Une belle initiative dont s’inspirer, pleine d’avantages et qui participe à la sensibilisation des petits et à l’animation communale !

Article du numéro d’Avril 2019, abonnez-vous

Un jardin du souvenir, entre technicité et spiritualité

A Lesneven, dans le Finistère, un jardin du souvenir, créé sur-mesure et réalisé 100 % en régie par les agents des services techniques, profite désormais aux habitants qui peuvent venir se recueillir en paix, dans un lieu tout en symbole et spiritualité, entre intimité et ouverture à l’éternité. Décryptage de cette belle réalisation avec Jean-François Tréguer, Directeur des Services Techniques (DST).

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dans le numéro de Mars 2019, abonnez-vous