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Des murs en pierres sèches, l’esthétique paysanne

A Darois, village de 500 habitants inscrit en Côte-d’Or où la pierre de Bourgogne imprègne les paysages, des murets en pierres sèches viennent ponctuer chemins, sentiers et massifs plantés, apportant à la fois esthétisme et structure. Des créations uniques, simples
et peu coûteuses, qui mettent en valeur le petit patrimoine local.
Astuces de réalisation avec Miguel Gomez, agent-jardinier de Darois.

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Spirales à insectes : biodiversité et sensibilisation !

Le montage s’effectue à la façon d’un mur en pierres sèches : les interstices ainsi créés permettent à divers insectes de s’abriter. N’hésitez pas à récupérer les pierres d’un vieux mur, tout en s’assurant qu’elles soient vierges de tout enduit nocif.

En France, les insectes pollinisateurs interviennent dans la pollinisation de près de 70 % des plantes à fleurs sauvages et cultivées, et assurent donc un service précieux, pilier essentiel
de notre alimentation quotidienne. Cependant, la baisse inquiétante des populations d’insectes, avec 40 % des espèces menacées d’extinction dans le monde, doit nous inciter à agir à la ville comme à la campagne, en installation divers dispositifs, tels que les spirales à insectes. Descriptif.

Pour la biodiversité planétaire et nos générations futures, il est nécessaire de s’inquiéter dès aujourd’hui (même si cela aurait dû être le cas depuis des années !) de la baisse significative des populations d’insectes pollinisateurs. Villes et villages sont déjà nombreux à avoir installer des ruches dans leurs espaces de nature, afin de favoriser le retour et la protection des abeilles domestiques. Mais les pollinisateurs sauvages, qui représentent en France des milliers d’espèces dont les lépidoptères (papillons), guêpes, tenthrèdes, hyménoptères, coléoptères (scarabées, coccinelles) ou encore les diptères (mouches, et notamment les syrphes) assurent en fait l’essentiel de la pollinisation ! Il s’agit donc de proposer une variété de lieux propices à leur installation et à leur nourrissage, et cela tout au long de l’année. Semis de prairies naturelles et fleuries, plantation d’espèces mellifères et nectarifères issues de toutes les strates et sortes végétales (arbres, arbustes, vivaces, bulbes), plantation d’espèces botaniques sauvages, gestion écologique respectant le rythme de vie des insectes… sont autant d’actions à mettre en place. La création d’hôtels à insectes participe également de cet élan, même s’ils ont davantage vocation à informer et à sensibiliser les habitants, et notamment les plus jeunes, aux pratiques environnementales menées par la commune face à ce constat alarmant de baisse des populations d’insectes. Les spirales à insectes sont alors d’autres dispositifs de sensibilisation, également réalisables dans le cadre d’animations avec les scolaires, et qui présentent un intérêt environnemental plus intéressant pour fournir le gîte et le couvert aux insectes pollinisateurs.

Après avoir choisi le lieu, effectuez le piquetage du dessin de la spirale au sol et décaissez le sol sur 10 cm. La terre enlevée peut être réutilisée pour le dessus de la spirale, après avoir enlevé les graminées du gazon et leurs racines et allégé la terre si celle-ci est trop lourde.

Généralités et premiers conseils

Une spirale à insectes est un ouvrage qui, comme son nom l’indique, s’organise autour d’une spirale réalisée en pierres sèches, ossature de la structure, recevant par la suite des matériaux drainants, de la terre et des plantes mellifères et nectarifères. Le centre de la structure est le point le plus haut de la spirale, le mur en pierres sèches montant progressivement en hauteur de l’extérieur vers l’intérieur du “colimaçon”. L’absence de joints ciment ou mortier et l’appareillage en pierres sèches permettent de créer des cavités dans lesquelles divers insectes “utiles” vont pouvoir s’abriter temporairement ou bien nicher. Comme nous l’explique Guy Longeard, chef de secteur ‘Gestion des espaces verts’ à Besançon, “il faut avant tout une situation ensoleillée, pour que les pierres captent les rayonnements solaires afin de les restituer en chaleur aux insectes qui y nichent, notamment durant l’hiver. Sur la localisation dans la ville ou le village, aucune obligation : les spirales peuvent être installées dans un jardin ou sur une pelouse de petite taille, celles-ci présentant généralement un diamètre de 1,5 à 2 m, sur une hauteur de 60 à 80 cm. A Besançon, nous avons tendance à les installer à proximité des écoles, car ces ouvrages sont de vrais outils pour sensibiliser les plus jeunes et animer la vie locale autour d’actions partagées, les enfants participant à la construction de ces spirales”.

La spirale à insectes, tout comme les hôtels à insectes, sont un très bon moyen de sensibilisation et d’animation communale. Vous pouvez les placer proches d’une école, afin que les enfants participent à la construction et viennent ensuite observer facilement les insectes.

Les différentes étapes de construction

Pour réaliser ces ouvrages en pierres sèches, Guy Longeard nous livre les différentes étapes et secrets de construction :
• après avoir choisi le lieu, effectuez le piquetage du dessin de la spirale au sol : celle-ci est donc circulaire, avec un diamètre moyen de 1,5 à 2 m, mais pouvant aller jusqu’à 4 m de diamètre selon vos possibilités et votre créativité ;
• décaissez le sol sur 10 cm à la bêche. Vous pouvez conserver la terre pour la réutiliser par la suite, après avoir pris soin d’enlever les graminées du gazon et leurs racines ;
• pour le montage du mur, choisissez des pierres plates, de 20 à 30 cm de large (soit largeur du muret). Privilégiez l’utilisation de pierres de récupération, d’un vieux mur ou d’une vieille bâtisse en ruine par exemple, dans une logique de démarche durable globale. Celles-ci doivent être propres, et donc sans polluant, ni autre enduit nocif ;
• disposez les pierres à la façon d’un montage en pierres sèches : posez les pierres de façon croisée, en quinconce, afin que les ‘joints creux’ ne soient pas alignés les uns en face des autres pour assurer la stabilité du muret ;
• dans les interstices entre les pierres, divers nichoirs peuvent être installés, comme des nichoirs à bourdons : ce sont des tubes dépassant de 2 à 3 cm du mur dans lesquels les bourdons s’engouffrent pour accéder à une loge protégée. Vous pouvez aussi empiler 3 à 4 tuiles pour les coccinelles, véritables auxiliaires des cultures, ou encore intégrer des bûches perforées de trous (12 mm de diamètre maximum) pour les abeilles sauvages solitaires ;
• si des publics agités occupent les espaces à proximité, la dernière rangée de pierres installée peut être jointée de ciment afin de maintenir celles-ci en place ;
• remplissez ensuite la spirale avec différents substrats successifs : tout d’abord, apportez une couche de matériaux drainants, provenant de votre région (concassés, galets…), dont l’épaisseur augmentera de l’extérieur vers le centre de la spirale, de 40 à 50 cm (soit 4/6 de la hauteur de la spirale). Ensuite, une couche de sable de 10 à 15 cm (soit 1/6 de la hauteur) doit être apportée (de granulométrie 0/4 ou 4/6). Enfin, disposez 10 à 15 cm de terre légère (1/6) : le substrat doit en effet être adapté à des plantes de milieu sec qui vont supporter la chaleur dégagée par les pierres ;
• plantez ensuite avec des espèces végétales mellifères et pollinifères vivaces, adaptées aux sols séchants. Les plantes aromatiques, telles que thym, origan, sauge, ciboulette, menthe… font parfaitement l’affaire, notamment grâce à leurs longues floraisons de mai jusqu’aux premières gelées, fournissant alors de la nourriture aux insectes une bonne partie de l’année. Choisissez également des plantes d’une hauteur comprise entre 50 et 60 cm. La première année, vous pouvez semer ou planter des annuelles, comme des bourraches, bleuets des moissons ou phacélies afin de couvrir le sol en attendant le bon développement des vivaces.
• les abords de la spirale peuvent être cerclés d’un anneau de sable (30 cm de large environ) afin d’accentuer le phénomène de chaleur au pied du mur, ce qui profite alors aux lézards et autres micromammifères, qui viennent s’y reposer ou s’abriter au chaud.
A savoir que si vous désirez un muret plus haut que 80 cm, des renforts transversaux également en pierres sèches, dessinant alors des sortes de quartiers dans la spirale, peuvent être ajoutés.

La plantation d’espèces aromatiques, mellifères, nectarifères et odorantes, permet d’offrir, en plus d’un abri, de la nourriture aux insectes. Pour compléter le dispositif, vous pouvez semer une prairie fleurie composée d’espèces locales à proximité.

Des actions simples

Pour renforcer l’attrait de la spirale, d’autres actions et installations assez simples peuvent être réalisées avec, par exemple, le semis de prairies pérennes fleuries et attractives, avec des espèces locales. “Une autre action très simple est de créer des carrés de sable de
1 x 1 m pour les abeilles terricoles, espèces qui nichent dans le sol : il suffit de décaisser le sol sur 20 à 30 cm, d’installer 4 planches de bois (H : 20 cm) et d’ajouter une couche drainante de 10 cm dans le fond, puis du sable avec de la terre tamisée neutre de tout débris. Il faut juste prévoir un dispositif de clôture si de nombreux chiens et chats évoluent à proximité” ajoute Guy Longeard, qui poursuit : “la construction de ces spirales avec les enfants est un outil pédagogique simple pour les sensibiliser aux questions de biodiversité et de respect des insectes. Des animations sont réalisées par la suite pour venir observer les insectes au fil des saisons. Comme nous le faisons à Besançon, la signalétique peut aussi être réalisée en partenariat avec les écoliers et les habitants”. Une belle initiative dont s’inspirer, pleine d’avantages et qui participe à la sensibilisation des petits et à l’animation communale !

Article du numéro d’Avril 2019, abonnez-vous

Un jardin du souvenir, entre technicité et spiritualité

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