Archives de catégorie : Echos du CNVVF

L’eau :
une ressource précieuse

©Ville de Narbonne
Pour les pelouses ou les massifs durables nécessitant peu d’interventions, l’installation de goutte-à-goutte enterré permet de faire des économies d’eau de l’ordre de 30 à 70 % face à un système d’aspersion. Un investissement à réfléchir en termes de coût global !

La gestion de la ressource en eau, bien commun, est une problématique majeure. Directement affectée par la hausse de son prix et par les arrêtés préfectoraux de sécheresse qui se multiplient en période estivale et se prolongent parfois jusqu’en hiver, l’eau doit être préservée et économisée. Pour ce faire, divers moyens sont à votre disposition, entre infiltration, récupération des eaux de pluie, gamme végétale peu gourmande en eau, paillage et dispositifs d’arrosage adaptés à chaque situation.

Il est aujourd’hui essentiel (voire obligatoire !) que les communes mettent en œuvre une série de mesures pour économiser
la ressource en eau. La hausse de son prix et les sécheresses répétées de ces dernières années devraient facilement
vous en convaincre. Résolument ancré dans les problématiques actuelles de changement climatique, le label Villes et Villages Fleuris intègre ainsi un critère important sur les actions menées en faveur de la ressource en eau. Ainsi, lors de leur passage estival pour visiter les communes, les jurés départementaux, régionaux ou nationaux, sont sensibles à la pertinence des actions menées par l’équipe municipale pour économiser la ressource en eau, en fonction
de la caractéristique des espaces et de leur vocation. Pour élaborer une stratégie globale et durable de gestion de l’eau, il s’agit
alors de se poser les questions suivantes : quelles actions
ont été mises en œuvre pour économiser l’eau ? Favorisons-nous l’infiltration des eaux de pluie ? De quelle manière limite-t-on
nos consommations ? Adaptons-nous les techniques d’irrigation (goutte-à-goutte, asperseurs, cuves…) en fonction de la typologie des espaces ? D’où provient l’eau que nous utilisons ? Voici des pistes pour y répondre…

Favoriser l’infiltration des eaux de pluie

Pour préserver la ressource en eau, la première chose est de favoriser son retour à la terre, autrement dit son infiltration.
A l’échelle d’une commune rurale, cela signifie qu’idéalement
la proportion de surfaces perméables (forêts, bosquets, champs, haies, mares, parcs, jardins, pelouses, prairies, massifs…) doit être supérieure aux surfaces de sol imperméable. Cela se concrétise
à travers une politique volontaire d’urbanisation maîtrisée,
qui limite la destruction de milieux naturels et agricoles
Pour des milieux péri-urbains ou urbains, les permis de construire doivent imposer une proportion minimum d’espaces verts
sur les parcelles constructibles. A l’échelle de lieux-dits
ou de quartiers, il est bien de réserver des surfaces pour la création d’espaces verts de proximité. Enfin, cela se traduit à une échelle micro-locale : surfaces de stationnement engazonnées
ou drainantes, fosses d’arbre plantées de belles dimensions, massifs de pleine terre, cheminements semi-perméables, chaussées drainantes, noues d’infiltration… Tous ces gestes permettent
de réapprovisionner la nappe phréatique et de reconstituer
les réserves en eau du sol, ensuite disponibles par les plantes.
Un sol vivant et de bonne qualité (structure aérée et texture grumeleuse) favorisent aussi la captation de l’eau, ainsi que du CO2 !

©Ville de Saint-Paul-lès-Dax
Favoriser l’infiltration des eaux de pluie, partout où cela est possible, telle devrait être la devise de toutes les communes aujourd’hui. Ici, une noue paysagère limite la surface imperméable du parking et récupère les eaux de pluie avant infiltration dans le sol.

Une gamme végétale adaptée

Il est important de choisir ses végétaux en fonction
des caractéristiques pédoclimatiques (sol et climat)
de votre commune. Par exemple, c’est un non-sens de planter
un rodgersia dans une rocaille sous un climat méditerranéen :
cela nécessitera d’importants apports en eau. Pour limiter
les arrosages, les espèces locales sont toutes trouvées, en ayant développé des stratégies d’adaptation à leur environnement.
Avec le changement climatique, certaines plantes originellement présentes en Méditerranée peuvent également être installées,
à condition qu’elles soient rustiques si votre climat est gélif.
C’est ainsi que l’on retrouve de plus en plus d’espèces telles
que les thyms, romarins, immortelles, santolines, lavandes…
qui, par ailleurs, conviennent bien à des sols pauvres, secs
et difficiles d’îlots routiers, de cimetières…
Quant au fleurissement, celui-ci doit évoluer vers des compositions plus durables. Cet été, plusieurs villes ont avoué avoir dû arracher leurs massifs d’annuelles face aux arrêtés préfectoraux
de sécheresse. En effet, les annuelles, qui fleurissent l’été,
sont gourmandes en eau : ainsi, de nombreuses communes diminuent leurs points de fleurissement annuel, pour les réserver aux lieux stratégiques de la commune (entrées et centre du village, mairie, équipements…). Sur ce point, les compositions hors-sols
sont totalement dépendantes de l’arrosage manuel ou automatisé.
Il est donc judicieux de limiter leur nombre et d’investir
dans des contenants à réserve d’eau et au volume plus important
(la terre de petites jardinières sèche plus vite que dans un grand bac). Ainsi, plus on a de surfaces en pleine terre, où les plantes
ont accès à l’eau du sol, mieux c’est !

© Sebico
Les cuves enterrées, en polypropylène ou béton, permettent de stocker des volumes importants d’eaux de pluie, permettant parfois une autosuffisance pour l’arrosage. Cuves à l’air libre, bassin de rétention ou structures alvéolaires sont d’autres moyens pour stocker les eaux pluviales.

Le paillage

Bien connu de tous, le paillage est un des outils pour faire
des économies d’eau, en limitant l’évaporation de l’eau du sol.
Qu’il soit minéral, végétal, biodégradable ou sous forme de bâche,
il est un véritable allié pour le jardinier. De plus, toujours
dans une logique d’économie, vos déchets de taille et d’élagage peuvent être réutilisés sous cette forme après broyage.
Par ailleurs, cela favorisera la vie du sol, participant à une meilleure assimilation de l’eau ! Une pratique “tout bénéf’”, durable
et économique.

Récupérer les eaux de pluie

Pour limiter la consommation en eau provenant du réseau, plusieurs dispositifs permettent de récupérer les eaux de pluie. Petites cuves aériennes, à placer par exemple dans les cimetières ou jardins partagés, cuves enterrées récupérant les eaux de toiture, bassins
de rétention, structures alvéolaires enterrées ou encore noues paysagères sont autant de moyens pour valoriser et réutiliser l’eau de pluie pour l’arrosage de vos massifs, le lavage de vos véhicules. Les forages et le recyclage par traitement des eaux usées sont également un moyen de limiter la consommation en eau du réseau.

©Ville de Vertou
Le choix de végétaux peu gourmands en eau (vivaces, arbustes, rosiers paysages…) et adaptés à la nature du sol en place permet d’économiser de l’eau. La mise en place de paillage limite également l’évaporation de l’eau du sol.

Des systèmes d’irrigation adaptés

Enfin, il faut savoir adapter les dispositifs d’irrigation aux différents types de plantation et ne pas hésiter à investir dans des systèmes
de gestion centralisée, qui permettent un gain certain d’eau et de moyens. Tout d’abord, les gouttes-à-gouttes limitent  considérablement les pertes en eau d’arrosage par évaporation,
par rapport à un système d’aspersion. Les réseaux posés en surface sont à privilégier dans des zones régulièrement travaillées, comme les massifs d’annuelles, nécessitant un déplacement fréquent
de ceux-ci. Du goutte-à-goutte enterré peut lui être installé
pour l’irrigation des massifs pérennes et des grandes étendues
de pelouse. Il permet de réaliser des économies en eau de l’ordre
de 30 à 70 % par rapport à un système d’aspersion ! Ainsi, à chaque espace son type d’arrosage pour des économies réellement palpables !Chacun à son échelle et selon ses moyens peut donc agir
pour préserver la ressource en eau, vitale à notre monde.

EVALUATION DU JURY NIVEAU DU LABEL
L‘équipe municipale ne met pas en place d’actions pour économiser la ressource en eau. Inexistant
L’équipe municipale utilise certaines techniques pour maîtriser et limiter sa consommation en eau. Initié : 1 et 2 fleurs
L’équipe municipale a engagé une réflexion pour adapter les techniques en fonction de la caractéristique de ses espaces. Réalisé : 3 fleurs
L’équipe municipale a développé une démarche d’économie de la ressource en eau dans le cadre de tous ses aménagements. Conforté : 4 fleurs

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dans le numéro de Janvier 2020, abonnez-vous

60 ans : un label résolument d’actualité !

Alors que l’année 2019 qui célébrait les 60 ans du label Villes et Villages Fleuris vient tout juste de s’achever, Martine Lesage, directrice du CNVVF, revient sur les évènements et moments forts
de l’année. Avec un remarquable palmarès de 50 communes primées au niveau national, le bilan est plus que positif : villes et villages ont compris l’importance de végétaliser leur territoire.

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dans le numéro de Janvier 2020, abonnez-vous

Pieds de mur : le citoyen acteur du fleurissement

En termes de densité, les végétaux sont plantés assez proches, à des inter-distances de 20 à 30 cm, afin de limiter le désherbage par une couverture rapide du sol. Cela apporte également un résultat visuel rapide.

En Meurthe-et-Moselle, la Ville de Toul, saluée en 2018 par 4 Fleurs, associe les habitants à la démarche d’embellissement de ses rues et ruelles. C’est ainsi que, depuis 2014, 700 ml ont été plantés au pied des façades des particuliers afin d’amoindrir le caractère minéral de la cité médiévale et de développer la trame verte et fleurie. Une initiative qui profite à tous !

L’existence de démarches participatives dans une commune est essentielle pour que les citoyens s’approprient leurs espaces publics. Cette appropriation est, par ailleurs, vectrice d’une plus grande attractivité pour la commune, qui voit ses espaces publics devenir de plus en plus vivants. De plus, face aux contraintes actuelles des gestionnaires qui doivent gérer toujours plus de surfaces, les processus de co-plantation avec les habitants permettent de végétaliser villes et villages, à moindre frais et avec un entretien partagé. Dans ce cadre, la plantation des pieds de façades, en lien avec les habitants, est une démarche porteuse et pleine de bon sens. Illustration avec Toul qui a réussi, en quelques années, à transformer le visage de son cœur de ville grâce à l’implication de la population.

Une trame verte et fleurie

C’est donc en 2014 que débute cette transformation du cœur de ville, sous l’impulsion de son maire Alde Harmand. “Ancienne citadelle Vauban, ceinturée par des remparts, la vieille ville, composée de rues étroites au caractère très minéral, pâtissait d’un manque de végétation. Bien que de petits jardins et squares agréables soient présents, ceux-ci n’étaient pas reliés les uns aux autres. La plantation des pieds de façades, sur une petite largeur, permettait alors de développer une trame verte et fleurie, beaucoup plus agréable à l’œil et propice à la biodiversité. Par la même occasion, ces ‘co-plantations’ devenaient un outil de sensibilisation au moment où nous développions les pratiques ‘Zéro phyto’. En effet, nous nous sommes servis de cela pour expliquer les bons gestes à avoir (paillage, arrêt des désherbants chimiques). Les habitants se sont également progressivement habitués à voir des plantes sur les trottoirs, ce qui a facilité l’acceptation des plantes spontanées en ville” explique Francis Grandjean, responsable du service ‘espaces verts et environnement’.

Que ce soit lors de réfection de voirie ou de la création de fosses sur un trottoir existant, seule une petite largeur (15 à 20 cm) est plantée : une seule rangée de plantes suffit à améliorer l’ambiance d’une rue, tout en nécessitant peu d’entretien.

Tester et communiquer

Avec désormais 40 propriétaires impliqués et 700 ml plantés, la végétalisation des pieds de façade est une belle réussite à Toul. Mais celle-ci n’est pas due au fruit du hasard, comme en témoigne Francis Grandjean. “Nous avons commencé par semer la graine, en plantant, à petite échelle, un des pieds de nos bâtiments communaux, afin de montrer aux riverains l’intérêt esthétique de ces plantations. En effet, il ne suffit pas de grand-chose pour transformer l’ambiance d’une rue : 3 à 4 bandes plantées suffisent ! Ensuite, c’est une communication récurrente qui nous a permis de donner envie aux habitants de s’investir dans ce projet. Bulletin municipal, articles de presse, site internet de la Ville, page Facebook, réunions de quartier pour présenter la démarche, guide de végétalisation diffusé et distribué dans les boites aux lettres de secteurs identifiés… tout cela a permis qu’ils découvrent et gardent la démarche à l’esprit au fil des années”.
La démarche de plantation des pieds de façade est volontaire : elle s’adresse aux propriétaires fonciers et aux présidents de syndics qui le souhaitent, en faisant acte de candidature par courrier au service espaces verts. Celui-ci gère ensuite la demande et étudie la faisabilité, en fonction de la largeur de trottoir disponible, la présence de réseaux ou non… Aucune convention n’est signée entre le propriétaire et la Ville : une charte de bon usage, pour formaliser l’engagement dans des pratiques vertueuses d’entretien, plus flexible, est en cours d’élaboration.

Vivaces, arbustes de petite et moyenne taille, mais aussi grimpantes sont proposées aux habitants, sous condition que le propriétaire installe lui-même les fixations nécessaires sur sa façade.

Une végétalisation clé en main

Une fois le dossier accepté, le service espaces verts propose un aménagement “clé en main”, de la fosse destinée à accueillir les végétaux, à la fourniture et plantation comprises. “Ces créations de bandes plantées s’intègrent dans le planning des équipes de secteurs, ce type d’intervention étant simple à réaliser. Les agents commencent par découper l’enrobé ou enlever les pavés, et cela uniquement sur une largeur entre 15 et 20 cm, soit un rang de plantation. En effet, nous ne souhaitons pas créer des massifs qui demandent trop d’entretien, mais plutôt un ‘fil vert’ qui s’autorégule, en ne nécessitant que très peu d’interventions. La même largeur est proposée aux riverains lors des réfections de voiries et, s’ils sont volontaires, les bandes plantées sont alors intégrées au plan. Après évacuation des déblais, 15 à 20 cm de terre ordinaire, issue de nos chantiers et aménagements, est apportée. Aucun apport d’intrants particuliers n’est réalisé, car nous avons choisi une palette de végétaux en adéquation avec nos sols argilo-calcaires, au pH basique, ou avec les contraintes propres au site” complète le responsable du service. La terre ainsi apportée se retrouve légèrement en-dessous du niveau du trottoir afin d’éviter les salissures. Après les plantations, un paillage est apporté pour faciliter la reprise et l’entretien la première année, libre au riverain de gérer celui-ci par la suite.
Pendant un an, les agents vont assurer l’arrosage, l’entretien, la taille, le désherbage, tout en prodiguant des conseils aux habitants qui prennent ensuite le relais. Ils sont alors libres de compléter leur pied de mur avec des annuelles, de nouvelles vivaces… Au cours de leur tournée quotidienne, les chefs d’équipe continuent à garder un œil sur les plantations. Mais les interventions sont peu nombreuses : les propriétaires ont bien pris en main leurs nouvelles protégées, avec des retours très positifs !

Une palette végétale adaptée

Comme le précise Francis Grandjean, “nous avons établi une palette végétale spécifique et évolutive, avec l’ajout de nouvelles espèces parfaitement adaptées ou, au contraire, le retrait de plantes qui ne fonctionnent pas. Elles sont toutes adaptées à notre climat qui présente d’importantes amplitudes thermiques entre l’été et l’hiver. Ensuite, nous piochons dans différentes catégories afin de répondre à la multiplicité des microclimats urbains de notre ville : espace plus ou moins venté, ensoleillé ou ombragé, forte réverbération… Dans tous les cas, nous optons pour des végétaux adaptés au manque d’eau, car la situation abritée en pied de mur limite l’apport naturel d’eau de pluie. Parmi les incontournables, valérianes, échinacées, euphorbes, gauras, iris, perovskias ou encore achillées tiennent le haut du pavé. Niveau grimpante, des rosiers lianes, pour la mi-ombre ou encore des bignones, pour les situations ensoleillées, sont proposés”. La commande des plantes est intégrée dans les commandes usuelles du service.
Aujourd’hui, cette démarche participative, où le citoyen devient acteur d’un fleurissement pérenne, offre une image beaucoup plus attractive au cœur de Toul, sans nécessiter beaucoup de main d’œuvre. Un bel outil pour plus de nature en ville, tout en favorisant le lien social !

Article du numéro de Novembre-Décembre 2019, abonnez-vous

Arbres : la diversité pour s’adapter !

Élément incontournable du paysage d’une commune, l’arbre offre de multiples bienfaits : en effet, plus qu’aucun autre être végétal, l’arbre a cet incroyable pouvoir de rafraîchir l’atmosphère et de procurer une ombre bienfaisante ce qui, vous en conviendrait, est “vital” suite à cet été caniculaire. La diversité botanique est alors nécessaire pour s’adapter aux changements climatiques, anticiper les attaques de ravageurs et favoriser la biodiversité.

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dans le numéro d’Octobre 2019, abonnez-vous

Rougegoutte ou le plaisir de vivre ensemble

Niché dans un écrin de verdure entre plaine et versants boisés, au sein du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, le village de Rougegoutte offre un cadre de vie remarquable, entre paysage, végétal et fleurissement. La municipalité s’engage à soutenir l’embellissement du village en travaillant aux côtés de 60 bénévoles passionnés qui dessinent quotidiennement, depuis désormais 48 ans, les espaces de vie de Rougegoutte.

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dans le numéro de Juin-Juillet 2019, abonnez-vous

Mesnières-en-Bray, l’identité nature attire !

Des bornes informatives ont été installées à proximité de la voie verte et sur les sentiers de découverte, pour signaler les points d’intérêts du village. Là encore, le végétal dans sa diversité amène de la qualité à ces petits aménagements.

Au cœur de la Normandie, en Seine-Maritime, le petit village de Mesnières-en-Bray, 1 000 habitants, charme habitants et visiteurs par son identité nature. Au fil des ans, l’équipe municipale a su renouveler ses pratiques, entre tradition et environnement, pour être en adéquation avec ce paysage brayon préservé.

Bienvenue en Pays de Bray : en plein cœur de la Normandie, un paysage ouvert sur des collines verdoyantes, une terre d’élevage parsemée de haies, de bosquets et de boisements. Un paysage préservé donc, mais peu connu, comme l’avoue Dany Minel, maire de Mesnières-en-Bray depuis 30 ans. “Cette région naturelle ne parle pas à grand monde. Pourtant, elle offre une richesse paysagère incontestable, sur l’axe entre Dieppe et Paris, sur le chemin des touristes anglais venant nombreux découvrir le territoire. Consciente de nos atouts, avec une faune et flore relativement communes mais généreuses, mais aussi un joli patrimoine, à l’image du château renaissance de Mesnières, avec ses tours blanches et ses toits d’ardoises pentus rappelant ceux des châteaux de la Loire, l’équipe municipale a ainsi décidé de jouer la carte du tourisme, qui permet de concilier préservation de la nature et développement de l’économie locale”. Pour ce faire, le végétal, sous une forme de plus en plus naturelle, est venu progressivement adoucir l’urbanisation de ce village-rue et valoriser le petit patrimoine, en se mêlant à un fleurissement traditionnel pour mettre en valeur l’identité locale. En toute simplicité, plusieurs aménagements, entre jardins, sentiers de découverte, aire de bivouac ou encore zone humide aménagée proposent désormais des lieux chaleureux et accueillants aux visiteurs qui viennent de plus en plus nombreux.

L’équipe municipale, composée d’élus et d’agents motivés, met en valeur les entrées du village pour attirer les visiteurs. En accord avec son identité nature, les annuelles sont peu à peu remplacées par des vivaces et des vagabondes, qui accueillent aussi des vagabondes.

Jouer la carte du tourisme

C’est un beau pari de l’équipe municipale que d’avoir misé sur le tourisme pour développer l’attractivité du village, et, qui plus est réussi, comme en témoigne la 4e fleur apposée depuis 2015 sur les panneaux d’entrée du village. “Pour une municipalité, il est plus facile de jouer sur le tourisme, que sur les activités agricoles ou industrielles. Cela nous permet, par la même occasion, de valoriser et de préserver une nature généreuse. Ainsi, dès 1992, nous avons favorisé l’installation d’une épicerie rurale multi-services (restaurant, épicerie, bar, tabac) en plein cœur de village pour les habitants et les visiteurs de passage. Aujourd’hui, chambres d’hôtes et gîte rural (soit au total six hébergements) sont à disposition des visiteurs, auxquels s’ajoutent les 400 lits du lycée d’enseignement agricole et forestier installé dans le château renaissance disponibles les weekends et vacances scolaires. Dans l’optique de faire venir du monde et de renforcer notre accueil, nous avons mis en place de nombreux dispositifs, à commencer par des bornes informatives indiquant les lieux d’intérêt du village. Notamment le long de la voie verte où de nombreux vélos circulent. Celle-ci s’inscrit en effet dans le projet de liaison verte Paris-Londres, avec pour l’instant 50 km réalisés sur une ancienne voie ferrée désaffectée qui reliait Dieppe à la gare Saint-Lazare” précise Dany Minel. En accord avec l’architecture traditionnelle, un poulailler brayon a été recréé et fait office d’abribus, un pigeonnier offre un abri aux randonneurs et, enfin, un four à pain intègre des toilettes publiques, tout cela étant souvent agrémenté de rosiers grimpants florifères et odorants. Pour compléter l’offre : la mise à disposition d’une aire de bivouac pour les randonneurs à proximité de la voie verte de 19 h à 9 h du matin, ainsi que la création d’une aire de camping-car de 15 places, à 150 m de l’épicerie du village. Tous ces points d’intérêts sont recensés au sein d’un topoguide de 11 fiches réalisé par la municipalité et qui présente, d’ailleurs, les deux circuits pédagogiques de découverte de la biodiversité locale.

Au sein des trois jardins publics créés dans le village, des expositions de photos prises par les habitants mettent en valeur le patrimoine bâti et les richesses de Mesnières.

Attirer autour de la biodiversité

L’équipe municipale valorise en effet la biodiversité en la plaçant au cœur de son offre touristique. Ainsi, “bien qu’ayant peu de moyens, en étant au 34e rang des communes les moins privilégiées de France selon les critères d’attribution de la DGF (Dotation Générale de Fonctionnement), nous avons acquis deux espaces naturels afin de protéger et de valoriser ces milieux particuliers et leurs cortèges associés : une pelouse calcicole et une zone humide. Nous avons aménagé cette dernière de façon simple, avec un sentier, des bancs, un observatoire et des panneaux pédagogiques, et cela grâce à des subventions européennes et de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie” souligne le maire. Ainsi, les circuits pédagogiques de découverte de la biodiversité, dont l’un a pour thématique les arbres et arbustes, desservent ces points d’intérêt naturalistes, afin de sensibiliser les promeneurs à la protection des milieux naturels et à la biodiversité ordinaire, mais également aux nouvelles pratiques d’entretien, comme au niveau des trois jardins publics créés ces dernières années. Des visites sont d’ailleurs proposées, sur simple inscription auprès de la mairie, de 1 à 3 h de balade, autour de la biodiversité. Ces dernières sont réalisées soit par le maire ou les élus, soit par les ambassadeurs. Ce principe a été créé “pour que les habitants deviennent eux-mêmes ambassadeurs de leur village et donnent envie à de nouvelles familles de venir s’installer. Des explications sont données sur divers points : l’acceptation des fleurs sauvages dans les massifs d’annuelles et des plantes qui s’installent dans les murs, l’utilisation de vivaces et la diminution des points de fleurissement hors-sol pour économiser l’eau, la récupération des eaux pluviales, le désherbage à la binette, l’éco-pâturage pratiqué depuis 20 ans sur la commune, les principes de tonte et de fauche différenciées…” explique Dany Minel. Ainsi, désormais, les talus sont fauchés annuellement en milieu d’automne pour permettre aux plantes et aux insectes de faire leur cycle complet de reproduction. Dans deux des trois jardins publics, sur les espaces sans usage, un fauchage a lieu en fin de printemps, avec récolte du foin pour les habitants intéressés. Les pourtours de chemins sont quant à eux tondus sur 80 cm.

Désormais, les massifs fleuris mêlent fleurissement traditionnel des jardins brayons et fleurissement naturel, en mariant par exemple fenouils, choux, sauges, dahlias, bettes ou encore betteraves décoratives et marguerites sauvages.

Le végétal support de communication

A Mesnières-en-Bray, les jardins sont eux-mêmes supports de valorisation du patrimoine bâti et végétal du village. Ainsi, depuis 3 ans, une exposition photo, installée dans l’un des jardins, est organisée par la commune, sur des thématiques comme “L’eau à Mesnières” ou “Mesnières fleuri”. “Cette année, pour fêter les 60 ans du label, les trois expositions photos, qui comprennent chacune 16 grands formats, en paysage ou en portrait de 1 m x 0,80 m, prendront place dans le jardin d’Emilien, le jardin de la Gare et le jardin des Dames, où le lavoir a d’ailleurs été restauré. Nous sommes ainsi attachés au label des Villes et Villages Fleuris et communiquons beaucoup autour des thématiques environnementales qu’il défend. Nous pouvons compter sur le label pour promouvoir notre destination, en faisant désormais partie d’un réseau reconnu et identifié par les touristes” conclut Dany Minel, professeur de mathématiques retraité et passionné par le monde végétal, la nature et le jardin, qui est profondément convaincu par la nécessité de sauver la biodiversité et les ressources naturelles. Et cela séduit car, désormais, “à Mesnières-en-Bray, on y vient en locataire, on s’y fixe en propriétaire !”.

Une avenue verte mène jusqu’au château renaissance de Mesnières. De nombreux rosiers viennent orner les murs du château, accompagnés de formes topiaires pour valoriser ce lieu d’intérêt touristique.

A petit budget bien géré, plein de projets !

Avec un budget de fonctionnement de près de 700 000 m
par an dont 130 000 m économisés en moyenne pour investir
dans différents projets (création de jardins, rénovation de la halle des sports…), la commune de Mesnières-en-Bray réussit à dégager des moyens honorables pour aménager son cadre de vie et planter ses espaces. En moyenne, 5 000 euros/an sont dédiés à l’achat
de plantes (rosiers, arbres, arbustes, vivaces, annuelles) et le même montant est injecté pour l’achat de matériel et de fourniture, hors gros matériel (outillage à batterie, paillage…). Et ce ne sont pas moins
de deux agents à temps plein qui ont en charge les espaces verts
et le fleurissement. Des dépenses plutôt raisonnées au vu des retombées économiques liées au tourisme et des nouveaux habitants venant s’installer à Mesnières-en-Bray !

Article du numéro de Mai 2019, abonnez-vous

Entre évolutions et questionnements, le label se réorganise

Le 14 mars, les élus, les animateurs régionaux et départementaux, ainsi que les membres du jury national se sont réunis pour la rencontre annuelle organisée par le Conseil National des Villes
et Villages Fleuris (CNVVF). L’occasion de réfléchir ensemble aux évolutions des règles entre les différents échelons du label, plus ou moins affectés par une organisation territoriale en pleine recomposition.

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dans le numéro d’Avril 2019, abonnez-vous

Passion et engagement pour “Bien vivre à Loyat”

Dans le Morbihan, en surplomb de la vallée de l’Yvel et du lac au Duc, le village de Loyat, qui compte 1 682 habitants, a su, au fil des années, améliorer son cadre de vie par des aménagements combinant durabilité et embellissement. Pour ce faire, l’engagement
d’un maire, qui encourage le savoir-faire de ses agents, ceux-ci travaillant avec passion et envie pour le bien-être des Loyatais.

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dans le numéro d’Avril 2019, abonnez-vous

1959-2019 : 60 ans d’histoire, d’expériences et de bonheur partagé !

Le 13 février dernier, le Conseil National des Villes et Villages Fleuris (CNVVF) organisait la 59e remise des prix nationaux placée sous le très bel anniversaire des 60 ans du label, au Pavillon d’Armenonville, à Paris. Pour célébrer cet événement et saluer les 4 931 communes désormais labellisées, un invité de taille : Jean-Baptiste Lemoyne, Secrétaire d’État en charge du tourisme auprès du Ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères, a remis leurs prix aux lauréats 2018.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Mars 2019, abonnez-vous

 

Mattstall, la simplicité comme carburant

Inscrit dans le Parc Naturel des Vosges du Nord, Mattstall soigne son cadre de vie en s’inspirant de la nature environnante omniprésente. Pour ce village du Bas-Rhin de 150 âmes, pas question de fleurir ses bords de route, ses pieds d’arbres ou ses massifs avec les traditionnels géraniums alsaciens : ce sont les plantes spontanées, glanées ici et là dans les fossés,
qui fleurissent à merveille le village !

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Février 2019, abonnez-vous