Archives de catégorie : Fleurs & plantes

Rosiers :
des variétés pour toutes les situations !

Les rosiers buissons s’associent facilement aux autres végétaux (graminées et vivaces de taille intermédiaire), à l’instar de la gamme Knock Out® qui ne demande, par ailleurs, qu’un entretien réduit (1 taille/an, mécanisable, très courte en fin d’hiver). © Meilland Richardier

Loin d’être « has been », les rosiers, porteurs de poésie et de symboles, permettent de fleurir de façon durable et parfois spectaculaire un jardin, en occupant le devant de la scène, ou bien un petit coin en retrait, un talus en bord de route, un massif au sein d’un square, un mur disgracieux… En effet, entre buissons bas et compacts, voire couvre-sols, arbustes plus élancés ou lianes, les rosiers offrent une diversité de ports s’adaptant à toutes les situations, et donc une variété de niches écologiques et d’abris pour les butineurs.

Aujourd’hui, les rosiers retrouvent un engouement commun de la part du grand public et des professionnels du paysage, qu’ils soient gestionnaires ou concepteurs. Pourquoi cela ? Tout d’abord, parce qu’ils apportent une touche poétique, qui appelle la sensibilité des habitants par leur floraison emblématique. Mais aussi une note de modernité, en proposant désormais une variété de fleurs parfois sophistiquées ou plus épurées, répondant aux besoins des citoyens qui aspirent à se reconnecter à la nature. Sans oublier qu’ils offrent une présence fleurie pérenne, s’étalant d’avril jusqu’aux premières gelées, et cela, année après année. De plus, le regain d’intérêt de la part des collectivités est fort, en réponse au travail des rosiéristes pour développer des variétés aux qualités ornementales certaines, à l’entretien moindre (en moyenne 1 intervention/an !), présentant une bonne rusticité et qui soient résistantes aux maladies, à la chaleur et à la sécheresse. Enfin, les rosiers favorisent la biodiversité, en offrant de la nourriture et un abri aux insectes et aux oiseaux, ces derniers se nourrissant des cynorrhodons durant l’automne et l’hiver.

Voici donc une liste de variétés choisies par plusieurs rosiéristes, la plupart étant distinguées par des prix et des labels témoignant de leur qualité, et donc toutes sélectionnées pour leur grande résistance aux maladies et pour une gestion sans intrants.

Des rosiers tapissants et couvre-sols
De petite hauteur, ce type de rosiers se développe davantage en largeur, présentant alors un caractère couvre-sol intéressant (limitation du désherbage, tenue de terrain en pente, dissuasion de traverser un espace planté…). Vous pouvez les installer sur des talus dont l’entretien peut être périlleux (tonte, débroussaillage). Ou encore pour agrémenter les terre-pleins, pieds d’arbres et abords de voiries et stationnements, où le faible entretien est un avantage non négligeable sur ces espaces à risques pour les employés communaux. Ils sont également adaptés pour fleurir une rocaille, les bordures de massifs ou d’allées, et permettent d’éviter de piétiner des angles aigus de massifs. Voici donc quelques variétés :
– Rouge Cascade® ‘Deltapirou’ (H : 0,6 m) et Blanche Cascade® ‘Delboul’ (H : 0,8 à 1 m) des roseraies Georges Delbard. La première variété créé un vrai tapis rouge, tandis que la seconde, aux fleurs blanches dégageant un léger parfum de citronnelle, offre une bonne remontée ininterrompue de mai à novembre ;
– Louis Bleriot® ‘Meibivers’ (H : 0,6 à 1 m), compris dans la gamme Meillandecor® élaborée par Meilland Richardier (38). « Ce buisson en coussin couvre-sol est parfait pour les talus et pour habiller les devants de massifs. Ses fleurs sont bicolores, entre un rose moyen et un rose lavande » précise Matthias Meilland ;
– Rosée du Matin® ‘Evematch’ (H :0,7 m), des roseraies André Eve (45). « C’est un couvre-sol exceptionnel, précieux pour fleurir les massifs et les potées. Ses fleurs, délicatement parfumées et qui mêlent grâce et fraîcheur, sont nuancées de rose à l’ouverture et évoluent vers le blanc pur » souligne Pascal Pinel, directeur de André Eve.

Les rosiers arbustifs sont parfaits pour créer une haie vive et fleurie, à l’image de la variété Romain Rolland® ‘Evelapic’ (H : 1,3 m) de André Eve. Son port souple et ses fleurs jaune doux, virant au blanc crème, s’intègrent très bien dans un décor naturel.
© André Eve

Rosiers buissons, bas et compacts (H>1 m)
Ces rosiers sont également bas, en mesurant en grande majorité moins d’1 m, et présentent un port buissonnant, souvent en boule, permettant de structurer un massif, délimiter un jardin… Ils sont adaptés pour dessiner le contour d’une allée, habiller le pied d’arbustes plus hauts ou encore créer une scène avec des vivaces de hauteur intermédiaire. Les producteurs nous proposent :

– « la famille de rosiers paysagers Knock Out® assez compacts (H : 0,6 m), à la végétation ronde et à la floraison abondante et continue, même en été. Mais aussi la gamme Drift®, plus basse (H :0,3 m), aux floraisons arrivant par vague, adaptée pour les jardinières et petits espaces. Enfin, il y a également la large gamme Meillandecor® qui comprend, notamment : Cherry Bonica® ‘Meipeporia’ (H :0,6 à 0,8 m), à la santé de fer et présentant une floribondité continue ; Scarlet Bonica® ‘Meiscarlebo’ (H : 0,4 à 0,7 m) aux fleurs rouge écarlate comptant plus de 60 pétales ; Creme Chantilly® ‘Meiradena’ (H : 0,4 à 0,6 m et fleurs blanches) ou encore Lovely Pink® ‘Meinoplius’ (H :0,4 à 0,6 m) » ajoute Matthias Meilland ;

– une large gamme chez André Eve, dont « Alex Lutz® ‘Evetricol’ (H : 0,9 m), buisson orné de bouquets de petites fleurs rouges à cœur jaune, le revers des pétales étant argenté. La variété Excentrique® ‘Evexcen’ (H : 1 m), fraîche, espiègle et jamais malade, offre de grandes fleurs aux couleurs changeantes, avec des stries rouges et blanches. Philippe Starck® ‘Evephistar’ (H : 0,7 m) présente lui des fleurs blanches semi-doubles, délicatement parfumées, tandis que Auberge de l’Ill® ‘Evelill’ (H : 0,5 cm) fleurit du printemps à la fin de l’automne, en des pompons rose pâle, blanchissant en plein soleil » précise Pascal Pinel ;
– « la gamme des rosiers Bordure à petit développement (par exemple Bordure Abricot® ‘Delbora’, Bordure Camaïeu® ‘Delcapo’), best-sellers depuis plusieurs décennies et parfaits pour border une allée ou entourer un massif d’arbustes. La variété récente Bouquet de Mariée® ‘Delrosbouq’ propose un port particulier très compact, aux floraisons roses regroupées en bouquet (H : 0,3 à 0, 4 m) » ajoutent les roseraies Georges Delbard.

Les rosiers buissons sont parfaits pour border un espace, comme des terrasses de café, une allée ou entourer un massif d’arbustes. A l’image du rosier Bordure Rose® ‘Delcoussi’ de la gamme des rosiers bordures des roseraies Georges Delbard.
© Roseraies Georges Delbard

Des rosiers arbustifs plus élancés (H>1 m)
Les rosiers arbustifs, au port buissonnant ou plus élancé, mesurent de 1 à 2 m de haut. Ils permettent de composer des haies libres et fleuries, de créer un écran visuel, de fleurir les squares et jardins, de délimiter des espaces. Pascal Pinel nous propose « Agnes Sorel ‘Evegosa’ (H : 1,6 m), une variété sans épines aux grandes fleurs semi-doubles, d’un blanc pur aux étamines dorées. Mais aussi Monte cristo® ‘Evemas’ (H : 1,4 m), aux fleurs ayant la couleur et le parfum de framboise, ou encore Lambert Wilson® ‘Evefol’ (H : 1,35 m) qui se couvre sans arrêt de bouquets de petites fleurs simples orange, au parfum de tilleul et de chèvrefeuille ». De leur côté, les roseraies Delbard optent pour « les variétés Les Centenaires de Lourdes® ‘Rose’ et ‘Rouge’ (H : 1 m) qui sont des classiques extrêmement résistants. Parmi les nouveautés, La Rose de Molinard® ‘Delgraros’ propose une floraison abondante quasi ininterrompue toute la saison et une belle vigueur qui permet même de le palisser (H : 1,5 à 2 m) ». Enfin, Matthias Meilland présente « la variété La Sevillana® ‘Plus Meisithai’ (H : 1 à 1,5 m), idéal pour composer une haie fleurie ou en sujet isolé. Ses fleurs, d’un rouge pur vermillon brillant, contrastent sur un beau feuillage vert bronze ».

 

Des rosiers grimpants et lianes
Ils permettent d’habiller des pergolas et autres structures de jardins (métalliques, en bois) ou encore pour ombrager les terrasses de café. Ils peuvent également masquer subtilement un mur ou un élément disgracieux, et sont adaptés pour végétaliser les rues étroites de votre village et rafraîchir l’air. Les roseraies Georges Delbard mettent en lumière « un classique, le rosier Parure d’or® ‘Delmir’ (H : 2 à 3m) : il offre une pluie de grandes fleurs jaune d’or, liserées de carmin sur les ourlets. La variété plus récente Soleil Vertical® ‘Delsar’ (H : 2 à 3m), au coloris jaune tendre, garnira rapidement une pergola ». Pour finir, Pascal Pinel, directeur de André Eve, propose deux grimpants, « dont A Chacun son Everest® ‘Evestri’ (H : 3 m) aux grandes fleurs simples rouges largement striées de blanc, agréablement parfumées ; Rose Bonbon® ‘Evefrais’ (H : 2,5 m), aux fleurs simples rose vif ; et la liane Roville® ‘ Evero’ aux grandes fleurs rose cendrée sur un feuillage vert vif (H : 4,5 m) ».

Voici donc de quoi fleurir de façon durable tous vos espaces, petits ou grands, et vos surfaces, horizontales ou verticales !

Couvre-sols, buissons, arbustifs, grimpants… il y en a pour tous les goûts et toutes les situations. Associés à des vivaces et graminées, les rosiers offrent un décor fleuri pérenne, les floraisons s’étalant d’avril jusqu’aux premières gelées.
© Verdia

Biodiversité : des plantes adaptées

© Commune de Châtel

Nous le savons : le déclin de la biodiversité – la diversité du vivant – est entamé et s’accélère au fil des années partout sur la planète. Pour contrer cette érosion, le travail sur le végétal, dans le fond et dans la forme, est un moyen efficace d’agir. Diversité des strates, plantes sauvages et locales, espèces mellifères et nectarifères ou encore arbres et arbustes à petits fruits sont autant de moyen d’offrir de la nourriture toute l’année aux insectes, oiseaux…

Une diversité de strates
Qui dit biodiversité, dit diversité de strates. En effet, chaque oiseau, insecte, petit mammifère (hérisson, écureuil…) a un habitat spécifique : il vit soit en hauteur dans les arbres, soit caché dans des massifs arbustifs, ou bien encore au ras du sol, protégés par des herbes hautes. Ainsi, les arbres sont un refuge pour de nombreuses espèces (écureuils, mésanges…). N’hésitez pas en planter sous différentes “formes”  : en sujet isolé, en bosquet d’arbres, en alignement, en haie bocagère… A savoir qu’il existe de nombreuses espèces à petit développement lorsque l’espace est restreint (Amelanchier canadensis, Chionantus retusus, Fontanesia fortunei, Heptacodium miconioides, Idesia polycarpa, Photinia villosa, Prunus, Malus, Pyrus…). Ensuite, les arbustes prennent place sous diverses formes : en haies libres ou plus structurées, en massifs, afin de créer un écrin verdoyant à un espace ; en sujet isolé pour apporter des verticales avec le choix d’essences atypiques, au port élégant, au graphisme intéressant… S’ajoutent les plantes grimpantes qui s’accrochent aux structures dédiées et aux arbres ou s’appuient sur les murs. Le lierre est à ce titre un repère particulièrement prisé par les insectes et les oiseaux, car il offre de la nourriture jusque tard dans la saison. Enfin, la strate herbacée participe tout autant à la biodiversité : entre vivaces, graminées, fougères, bulbes, de petite, moyenne ou grande tailles, une infinité d’espèces sont à disposition. Les pépiniéristes, horticulteurs et obtenteurs sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à proposer ou à créer des variétés colorées mellifères, pour allier l’utile (la nourriture) à l’agréable (l’esthétique). Sous la forme de prairies fleuries d’espèces sauvages et locales ou de massifs de vivaces pérennes choisies pour leurs intérêts au fil de la saison, la diversité de la strate herbacée assurera ainsi nourriture et abri à la biodiversité tout au long de l’année.

© Jean-Luc Assensi

Des espèces locales et sauvages
Vous êtes de plus en plus nombreux à semer des prairies fleuries et vous avez bien raison  : elles offrent un esthétisme de nature, couvrent le sol à moindre frais en ne nécessitant quasiment aucun entretien (une fauche/an avec exportation conseillée), sont profitables à la biodiversité et apportent couleur et douceur. Elles peuvent être installées sur des espaces difficilement accessibles (talus, bords de route…), dans les parcs et jardins, au sein d’espaces plus naturels comme au bord d’une rivière, en lieu et place d’anciens trottoirs stabilisés…L’offre en mélanges de prairies fleuries est pléthorique  : mélanges type champêtres, d’espèces de plantes sauvages, d’annuelles… Les fournisseurs proposent des mélanges déjà réalisés et adaptés à des contextes variés (prairie humide, terrain sec, sol calcaire…). Généralement, leur durée de vie varie entre 2 à 5 ans  : ils sont composés d’annuelles, de bisannuelles et de vivaces qui prennent le relais l’une de l’autre au fil des années, ainsi que de graminées qui empêchent, notamment, la pousse des adventices le temps que le couvert enherbé semé s’installe. Pour les espaces naturels, il est fortement conseillé de planter des mélanges de fleurs et de graminées sauvages et locales (marque ‘Vraies Messicoles’ et/ou ‘Végétal local’), plus mellifères et adaptées aux conditions locales (le taux de réussite n’en sera que d’autant plus grand !). Souvent les premières années d’installation ne sont pas spectaculaires, mais patience : au bout de deux ans, les espèces sont bien implantées et fleurissent tout au long de la saison, apportant couleur et vivacité. Leur durée de vie moyenne est de 10 ans.

© Commune de Courchevel

Une gestion écologique
Après avoir installé des strates diversifiées et une diversité d’espèces mellifères, une gestion différenciée et écologique, en lien avec les cycles de la faune et de la flore présente, permet de favoriser encore davantage la biodiversité. Il faut par exemple éviter de tailler les arbustes où nichent des oiseaux au moment de leur période de nidification ou de reproduction. Une gestion légère des espaces de prairie est également recommandée : souvent, une à deux fauches par an suffisent et permettent à la petite faune de vivre à son rythme. Vous souhaitez que les habitants puissent circuler dans ces espaces enherbés ? Et bien, pas de panique : tondez des allées sinueuses au gré de vos envies, dégagez des bandes de propreté le long des chemins (de 1 à 2 m de large) ou encore les abords des tables de pique-nique, des bancs. Voilà donc de quoi participer à l’accueil et à la sauvegarde de la biodiversité ordinaire, sans oublier de communiquer sur vos pratiques, afin de sensibiliser les habitants à cette question majeure. 

© Villeneuve-lez-Avignon

Des espèces mellifères et nectarifères

Voici une palette de plantes qui produisent de la nourriture pour les insectes pollinisateurs (pollen et nectar) dans laquelle vous pouvez piocher :
• arbres : alisier (Sorbus spp.), amandier (Prunus dulcis), Cercis siliquastrum, Alnus glutinosa, Prunus cerasus et P. avium, Acer campestre, Eucalyptus spp., Fraxinus ornus, Ulmus minor, pêcher (Prunus persica), poirier (Pyrus communis), pommier (Malus spp.), prunier (Prunus domestica), Salix spp., Sophora japonica, Tilia platyphyllos… ;
• arbustes, arbrisseaux et lianes : Erica spp., Pyracantha coccinea, Calluna vulgaris, cassissier et groseillier (Ribes spp.), Cotoneaster spp., framboisier et mûrier (Rubus spp.), Ilex aquifolium ; Hyssopus officinalis ; Lavandula stoechas et L. officinale, Hedera helix, Mahonia spp., Myrtus communis, Vaccinium myrtillus, Rosmarinus officinalis, Philadelphus coronarius, Thymus serpyllum, Sambucus nigra, Thymus vulgaris, Ligustrum vulgare, Parthenocissus tricuspidata, Viburnum tinus… ;
• annuelles, bisannuelles et vivaces : artichaut (Cynara scolymus), Aster spp., Cyanus segetum, Borago officinale, Centaurea jacea, Cichorium intybus, Malva moschata et M. sylvestris, Melissa officinalis ; Mentha spp., Hypericum perforatum, Origanum vulgare, Papaver spp., Vinca minor, Pulmonaria officinalis, Salvia spp., Sedum spp., Helianthus annuus, Echium vulgare…
On notera que, parmi ces propositions, de nombreuses espèces sont des arbres fruitiers, des arbustes à baies et à petits fruits, ainsi que des plantes potagères et aromatiques : la création de jardins potagers (pédagogiques, partagés) participe donc à accueillir et améliorer la biodiversité !

© Verver Export

Des floraisons
et feuillages
pour égayer l’automne

Les feuilles qui tombent, les jours pluvieux qui raccourcissent… l’automne est pour certains synonyme de déprime. Pourtant, les couleurs flamboyantes des vignes et de certains arbres et arbustes nous rappellent que cette saison peut offrir un intérêt esthétique participant à animer nos villes et villages. Voici quelques exemples de vivaces et arbustes qui égayeront vos massifs au début de l’automne, par leurs fleurs ou leurs feuillages.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Janvier 2020, abonnez-vous

Tendance 2020 : du vert menthe au bleu gris !

Ici, les feuillages bleu menthe/vert d’eau des sédums, Tulbaghia ‘Silver Lace’ ou encore Euphorbia ‘Burrow Silver’, contrastent d’une façon subtile avec le vert acide du Lamium ‘Cannon Gold’ et de Sagina subulata.

 

Chaque année, des cabinets de tendance prévoient les couleurs qui façonneront les modes à venir dans le monde de la science, l’art, la décoration d’intérieur, le textile… Alors pourquoi ne pas s’inspirer de ces tendances pour composer des massifs en phase avec la teinte de l’année ? Fleurs et feuillages composent alors la palette du jardinier qui sera, en 2020, dans les tons bleu-vert-gris.

En examinant l’usage des tons dans la société et leurs évolutions au cours des dernières années partout dans le monde, plusieurs organismes définissent les teintes qui auront le plus d’impact dans la mode au sens large, dans les une à deux années à venir. Pour WGSN et Coloro, c’est la couleur “Neo Mint” qui émerge, exprimant un esprit d’optimisme et de changement, dans une période où les pastels neutres ont la cote ! Inspiré du vert menthe, qui était très populaire dans les cuisines et salles de bain au milieu du 20e siècle puis rendu moins attrayant par l’utilisation dans les hôpitaux et cliniques, un designer d’avant-garde l’a remis au goût du jour, dans une déclinaison à la fois vive et subtile, unique et discrète. Du côté du nuancier Pantone, utilisé dans la conception graphique et dans l’imprimerie, la couleur 2020 s’appellera “Bleached Coral” (P 115-1 U) : traduit littéralement “corail blanchi”, c’est un bleu pâle subtil tirant légèrement sur le gris. Enfin du côté du nuancier NCS, principale référence pour les designers, architectes et fabricants, les tendances semblent également s’orienter vers des tonalités vert gris et bleu pâle. Pour suivre la vague, voici donc un panel d’espèces et de variétés présentées par des horticulteurs et pépiniéristes et dans lequel piocher !

Fleurissant d’avril à mai, la tulipe ‘Synaeda Show’ présente une coupe irisée unique et très subtile.

Bulbes
Un large choix s’offre du côté des différentes espèces de bulbes. Pour commencer la saison, le Crocus chrysanthus ‘Blue Pearl’ “est du plus bel effet, en étant mélangé aux perce-neiges. De février à mars, ce crocus botanique offre de jolies fleurs bleu tendre à l’extérieur et blanc à l’intérieur. La jacinthe ‘Blue Eyes’ mêle quant à elle des nuances délicates de blanc et de bleu outremer léger (floraison de mars à avril), tout comme le Muscari ‘‘Ocean Magic” relate Sarah Leclaire de Ernest Turc. Côté tulipes (floraison avril à mai), Ernest Turc propose un beau panel entre la tulipe perroquet ‘Super Parrot’, à la floraison blanche flammée d’un vert pâle, la variété ‘Synaeda Show’, à la coupe irisée unique, ou encore la Tulipa viridiflora ‘Spring Green’, aux fleurs en forme de lis à la teinte crème veinée de vert. Pour Meilland Richardier, la tulipe double hâtive ‘Exotic Empereur’ présente un beau feuillage tirant sur le vert d’eau, contrasté par une floraison blanche délicate.
Mais les bulbes recèlent également d’espèces moins connues très intéressantes, qui permettent de fleurir du début du printemps à la fin de l’automne. “En avril mai, Fritillaria hermonis ssp. amana, rustique, fleurit en clochettes de pétales verts, tandis que la variété ‘Ivory Bells’ présente de hautes hampes blanc cassé illuminant un feuillage bleuté-argenté. Le Bellevalia pycnantha est très semblable aux muscaris, avec une teinte grise à bleu nuit. La variété ‘Green Pearl’ offre de petites grappes de fleurs vert tendre, virant au blanc crème quand les boutons s’épanouissent (floraison mai). Le Muscari ‘Baby’s Breath’ est également de la partie avec des fleurs bleu pâle délicatement parfumées. Pour l’été, vous pouvez compter sur le Dahlia ‘Platinum Blonde’ et son cœur blanc ivoire, ainsi que sur l’Eucomis autumnalis” précise Tijmen Verver de Verver Export.
Enfin, “l’Iris pallida ‘Variegata’, qui s’associe bien au Yucca filamentosa ‘Bright Edge’ en faisant écho à sa forme structurante, correspond bien aux teintes 2020 avec son feuillage bicolore blanc et vert” confie Thierry Simier gérant des pépinières éponymes. Son entretien consiste en une taille à ras en octobre.

Eucomis autumnalis est une plante bulbeuse originale, rustique et facile de culture. Elle fleurit de la fin de l’été à l’automne, sous la forme de grappes originales teintées de jaune pâle-verdâtre, surmontées d’une sorte d’ananas.

Annuelles
Pour vos massifs saisonniers d’annuelles, fleurs et feuillages sont de la partie. Audrey Dubois de Graines Voltz conseille “l’Impatiens ‘Beacon F1 White’ au feuillage grisé ou encore l’Hypoestes ‘Hippo White’, aux feuilles tachetées de blanc, très lumineuses. Dans les tons bleutés, le Lobelia erinus ‘Curaçao’ s’approche du ‘Bleached Coral’, tandis que Scaevola ‘Fancy White’ offre un beau feuillage vert gris pâle, contrastant avec une floraison blanche généreuse”.

Le rosier ‘Crème Chantilly Meiradena’ offre une belle subtilité entre feuillage vert pâle et floraison blanc pur.

Vivaces
Là aussi, le choix est vaste, notamment dans les teintes des feuillages. A commencer par “les Sedum mexicanum ‘Tapis Bleu’ et S. lydium ‘Glaucum’ qui sont de bons couvre-sols. Les euphorbes, qui demandent très peu d’eau et d’entretien, présentent également un beau potentiel 4 saisons, à l’image de Euphorbia myrsinites (vert-gris) ou de la variété ‘Burrow Silver’, au feuillage plus ou moins bleuté ou panaché de vert et de blanc selon l’avancée de la saison. Dans les teintes vert bleuté gris argenté, le panel est varié : Stachys byzantina, Artemisia ‘Silver Queen’ (à contrôler car traçante et, du coup, facilement divisible), Salvia candelabrum (jusqu’à 1m de haut) et S. officinalis ‘Berggarten’ ou encore Achillea kellereri, qui forme de jolis coussins couvre-sols et aiment les milieux secs. Côté graminées, l’Elymus ‘Glaucus’ présente un feuillage fin bleuté (pas plus de 2 U/10 m2, car traçant), tout comme le Panicum virgatum ‘Heavy Metal’ dont les épillets viennent en contraste. Autres espèces intéressantes : la Ruta graveolens, vivace rustique au feuillage fin vert glauque, l’hellébore fétide aux fleurs vert clair pour les zones ombragées ou encore la curieuse Tradescantia andersoniana ‘Concorde Grappe’, une belle vivace au feuillage fin gris-vert” poursuit Thierry Simier.
Enfin, Graines Voltz propose l’Artemisia ‘Makana Silver’ ou bien l’Hosta ‘Halcyon’ parfaite pour les coins d’ombre, au feuillage caractéristique recouvert d’un léger voile gris-bleuté.

Les Muscari aucheri ‘Ocean Magic’ offrent, en avril/mai, d’abondantes grappes entre bleu cobalt et bleu ciel/blanc. Rustiques, les muscaris aiment les sols drainés.

Arbres, arbustes et rosiers
A nouveau, l’éventail de choix est très large. Pour ne citer qu’eux, l’Eucalyptus perriniana qui est plus résistant qu’on ne le croit et dont les jeunes feuilles rondes argentées se rapprochent de la teinte ‘Neo Mint’. Aussi “le rosier ‘Crème Chantilly Meiradena’ et le lilas ‘Mme Lemoine’ présentent un feuillage bleu gris, tandis que le Caryopteris x clandonensis ‘Heavenly Blue’ tend vers le vert argenté et fleurit en d’abondantes grappes blanches d’août aux premières gelées”. Voici donc de quoi composer un camaïeu sensible et raffiné ou seulement pigmenter et éclaircir vos massifs d’une pointe de couleur délicate !

L’Artemisia ‘Makana Silver’ est une nouveauté côté vivace : elle est très graphique avec son feuillage persistant, gris-vert et finement découpé.

Article du numéro de Novembre-Décembre 2019, abonnez-vous

Tapis précultivés : de nombreux avantages !

Tapis d’annuelles, bisannuelles, vivaces, couvre-sols, sédums… certains producteurs et fournisseurs proposent ces dispositifs prévégétalisés qui présentent de nombreux atouts
pour les communes rurales, où moyens techniques et humains viennent à manquer. Gain de temps, esthétisme, limitation du désherbage… autant d’atouts dont profiter !

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro d’Octobre 2019, abonnez-vous

Les plantes allélopathiques : planter pour ne pas désherber !

Entres les tombes du cimetière de Saint-Marc-de-Jaumegarde (13), une palette végétale de couvre-sols allélopathiques, constituée de Centaurea bella, Achillea umbellata, Tanacetum densum subsp. amanii, Thymus camphoratus et Teucrium marum permet de réduire l’entretien.

En raison de l’application de la loi de Transition énergétique pour la croissance verte (LTE) depuis le 1er janvier 2019, l’utilisation des produits phytopharmaceutiques conventionnels sur la plupart des espaces verts publics et dans les jardins de particuliers est strictement limitée et réglementée. Dans ce contexte, les plantes allélopathiques, par leurs propriétés phyto-toxiques,
se révèlent être de précieuses alliées dans la lutte contre les adventices.

Il n’est pas rare dans la garigue méditerranéenne d’observer le développement par certains végétaux de stratégies efficaces pour inhiber la germination d’espèces concurrentes et ainsi accéder pleinement aux ressources disponibles dans le milieu. Ce phénomène appelé allélopathie, terme provenant du grec ’allêlon’ signifiant réciproque et ’pathos’ signifiant souffrance, désigne l’ensemble des interactions chimiques, positives ou négatives, directes ou indirectes, d’une espèce végétale sur une autre espèce. “Dans les espaces verts, nous nous intéressons plus spécifiquement aux interactions négatives pour limiter la germination d’espèces non désirées, mais ils existent bien d’autres interactions”, explique Olivier Filippi, pépiniériste à Mèze, dans le sud de la France. Étudiées par Olivier Filippi depuis une dizaine d’années, les plantes allélopathiques ne cessent d’interroger les scientifiques qui rédigent chaque année de nouveaux articles à leurs sujets. Plusieurs expérimentations sont notamment réalisées dans le domaine agricole où la plantation de couvres-sols allélopathiques au pied des cultures (vignes, oliviers, fruitiers…) permet d’inhiber la germination d’espèces concurrentielles non désirées. Particulièrement nombreuses dans les régions à climat méditerranéen en raison de conditions difficiles (sécheresse, vent…), les plantes ayant des propriétés allélopathiques sont également présentes dans d’autres régions du globe : Chili, Californie, Australie… Le nombre de végétaux allélopathiques reste encore aujourd’hui méconnu, mais pourrait s’élever à plusieurs milliers d’espèces. En s’inspirant de la nature, l’utilisation de ce type de végétaux peut ainsi devenir une solution supplémentaire pour limiter naturellement le développement des herbes indésirables dans les jardins et les espaces verts.

 

Couvre-sol allélopathique de 30 à 60 cm, la Lavandula x intermedia embaume les massifs de son parfum. Elle s’associe parfaitement à d’autres couvre-sols au port buissonnant, tels que la santoline, dotée de petits pompons jaunes vifs. Cette dernière se décline en plusieurs espèces : Santolina chamaecyparissus, la plus courante avec une floraison jaune en juin, Santolina lindavica au feuillage finement découpé ou encore Santolina benthamiana à la floraison blanc crème.

Les mécanismes allélopathiques

Les plantes allélopathiques diffusent leurs composés phytotoxiques suivant plusieurs mécanismes, qui sont parfois complémentaires pour une même espèce :
• lessivage de composés émis par les feuilles : sous l’effet de la pluie, des composés présents dans les feuilles ruissellent sur le sol et empêchent le développement des graines au moment le plus propice à leur germination ;
• décomposition des feuilles mortes : les feuilles de plusieurs espèces libèrent des composés chimiques, inhibant la germination d’espèces concurrentes lors de leur décomposition ;
• exsudats racinaires : émis par les racines de certaines espèces telles que le thym commun, le pin d’Alep ou la piloselle, les exsudats racinaires sont constitués de toxines limitant efficacement la compétition ;
• émission de composés volatils : les plantes aromatiques diffusant des composés organiques volatils (terpénoïdes) se révèlent bien souvent être des plantes allélopathiques. Les émissions odorantes se déposent sur le sol après condensation sous forme de rosée et inhibent la germination d’espèces concurrentes à proximité immédiate. Outre le thym, on peut citer le romarin, la sauge, l’origan, le myrte ou l’eucalyptus.
Le thym combine ainsi deux mécanismes de diffusion, ce qui lui permet d’empêcher la germination d’un grand nombre d’adventices, en formant un couvre-sol esthétique et odorant.

Une association de Sarcopoterium spinosum, au feuillage persistant vert sombre, et de Bupleurum fruticosum, offrant une floraison parfumée de juin à septembre, se combine aux propriétés allélopathiques de Rosmarinus officinalis et de Santolina magonica, à la floraison printanière jaune orangé.

Les plantes allélopathiques, une solution miracle ?

L’utilisation de plantes allélopathiques constitue une solution technique, parmi une panoplie de solutions, mais elle ne suffit pas à limiter le développement des mauvaises herbes. L’allélopathie n’est, en effet, jamais efficace à 100 % : son efficacité est fortement corrélée à la biomasse des végétaux (volume du feuillage ou des racines). Pour être efficace, la plante doit occuper un certain volume, généralement atteint au bout de 2 à 3 ans. “De plus, l’action d’une plante allélopathique se limite souvent à son emprise au sol. Un romarin présente ainsi un effet sur une emprise d’environ 1 m2”, souligne Olivier Filippi. En attendant le développement des végétaux et de leurs propriétés allélopathiques, il est donc conseillé d’installer un paillage minéral ou organique pour limiter la concurrence des adventices.

Achillea crithmifolia est une plante vivace drageonnante à feuillage aromatique. Elle peut être utilisée comme couvre-sol allélopathique en pied d’arbre afin de limiter le travail de désherbage en zone urbaine.

Quelques plantes allélopathiques

Des graminées annuelles aux vivaces tapissantes, sans oublier les arbres et arbustes, les plantes allélopathiques permettent de créer des compositions ornementales avec des hauteurs et floraisons variées, et nécessitant peu d’entretien une fois installées. De nombreuses espèces de plantes allélopathiques existent dans la nature, en voici quelques unes utilisées pour leur caractère esthétique et rustique :
• Couvre-sols tapissants (moins de 10 cm) : Thymus hirsutus (2 à 5 cm), Origanum vulgare (5 à 10 cm) et Hieracium pilosella (2 à 5 cm) permettent de créer des couvre-sols efficaces à condition que les densités de plantations (4 à 6 par m2) soient respectées lors de leur mise en place ;
• Couvre-sols bas (de 10 à 30 cm) : Centaurea bella (30 cm) au feuillage persistant gris-argent s’associe très bien au feuillage gris blanc de Tanacetum densum subsp. amanii (15 cm). Autres exemples, Achillea umbellata (15 cm) possède une floraison blanche printanière et un feuillage persistant, Teucrium marum (30 cm) supporte bien le calcaire et Vinca major (30 cm) agrémente les massifs avec des feuilles persistantes d’un vert brillant et une floraison violette ;
• Couvre-sols moyens (de 30 à 80 cm) : de nombreuses lavandes et romarins dont Lavandula x intermedia (30 à 60 cm) et Rosmarinus officinalis (40 à 60 cm selon les variétés), présentent des propriétés allélopathiques et embaument les jardins de leur parfum. Moins commun, Ballota acetabulosa (40 à 50 cm) aux fleurs discrètes et feuilles laineuses, supporte bien les sols calcaires et résiste jusqu’à – 15 °C. Quant aux cistes, tels que Cistus x crispatus (60 cm) ou Cistus x florentinus ’Tramontane’ (30 cm), leur feuilles libèrent des composés phytotoxiques en se décomposant sur le sol ;
• Arbustes (plus de 1 m) : Artemisia arborescens ’Carcassonne’ (1 m) est très décoratif et forme une boule dense, avec un feuillage vert argenté, Phlomis fruticosa se couvre de fleurs jaunes au printemps et résiste aux embruns, et Pistacia lentiscus dont les feuilles aromatiques prennent une teinte rouge en hiver peut atteindre jusqu’à 2 m de hauteur.
Quelle que soit l’espèce végétale choisie, il convient d’effectuer un désherbage régulier les trois premières années suivant la plantation, le temps que les végétaux s’installent. Les plantes allélopathiques nécessitent ensuite peu d’entretien.

Article du numéro de Août-Septembre 2019, abonnez-vous

Réussir un fleurissement partagé ? L’implication de chacun !

Comme un prolongement des jardins privés, le fleurissement partagé des espaces de transition entre riverains et usagers de la rue est une vraie plus-value pour les communes. Végétalisation et gestion des surfaces à moindre frais, amélioration du cadre de vie, animation de la vie locale, autant d’avantages dont on aurait tort de se priver, tout cela dans une implication conjointe des élus et habitants !

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Août-Septembre 2019, abonnez-vous

Qui a dit “jardin de grand-mère” ?

Avec leur silhouette “sentimentale”, les glaïeuls créent un massif fleuri généreux à l’allure sauvage, aux côtés des cosmos, amarantines, cléomes, tabacs ou encore verveines de Buenos Aires.

Ils reviennent au goût du jour : les jardins de grands-mères font leur grand retour ! Un “fouillis” généreux et chaleureux de charmantes plantes désuètes qui imprègnent la mémoire collective
de leur silhouette caractéristique. Pourquoi donc ne pas s’inspirer de ces végétaux généreux, à contempler ou à cueillir, et souvent très faciles à cultiver, pour composer des massifs colorés ne nécessitant que peu d’entretien ? Réinventons les jardins d’antan !

Pour faire des jardins d’antan des associations végétales durables et contemporaines, la diversité des plantes de jardins de grands-mères est toute trouvée. Des dahlias aux hydrangeas, en passant par les soucis ou les acanthes, une multitude d’espèces et de nouvelles variétés à l’allure plus sauvage (et finalement plus “moderne”) permettent de composer des associations végétales mêlant esthétisme, générosité et facilité d’entretien, pour le plus grand plaisir des habitants.

Pour créer des massifs modernes, les plantes désuètes des jardins de grands-mères ont toute leur place, à l’image des différentes variétés de dahlias, amarantines, coléus, géraniums… créant ici un décor entre tropiques et nature sauvage

La règle d’or : savoir se faire plaisir !

Les jardins de grands-mères sont à leur image : “généreux et sympathiques” comme s’en amuse Nelson Palacin, chef des parcs et jardins de Chaville (92). “Leur donner une définition peut s’avérer compliqué car ce type de jardin, inscrit dans la mémoire collective, renvoie aussi au jardin fantasmé de sa propre grand-mère et de ses souvenirs d’enfance. Ce qui est sûr, c’est que la règle d’or est ’de se faire plaisir’ et ’de faire plaisir aux autres’, c’est la philosophie même de nos grands-mères. Ensuite, il s’agit de s’inspirer de ces jardins pour composer des mélanges fleuris de plantes pérennes et/ou annuelles et faciles à vivre. Le tout doit former un fouillis chaleureux relevé par des touches sauvageonnes et naturelles avec, par exemple, les nouvelles variétés de dahlias plus petites à fleur simple, qui évitent ainsi que le pied ne s’affaisse sous d’énormes fleurs doubles. Le jardin de grand-mère est aussi un jardin bouquetier : on peut y couper des fleurs et en faire des bouquets, par exemple avec des plantes annonciatrices des saisons ou emblématiques de l’été, telles que soucis, tournesols, pavots de Californie… S’ajoutent les reines-marguerites, cosmos, amarantes (que l’on peut semer en place), mais aussi des essences arbustives comme les hortensias (la variété ’Anabelle’, entre autres, est une merveille !) et pivoines (Paeonia suffruticosa), ou encore les pieds d’alouette, œillets mignardises ou œillets d’Inde, tout cela à côté de plantes condimentaires telles que la rue des jardins ou la bourrache, qui offre une jolie transparence au niveau de ses fleurs. On peut aussi trouver des curiosités, comme le Salpiglossis sinuata, appelé trompette de velours, à l’aspect tropical assez sophistiqué” complète le jardinier passioné.
Voici donc une petite sélection de plantes à installer dans vos massifs, rustiques et faciles “à vivre”, qui apporteront un aspect coloré, vivant et généreux à vos massifs.

Les dahlias, plantes de jardin de grand-mère par excellence, offrent une infinité de variétés, dont les dahlias botaniques mellifères pour favoriser la biodiversité.

Arbustes

• Boule de neige, Viburnum opulus ’Roseum’ : jusqu’à – 20 °C, floraison en mai qui annonce les beaux jours, soleil à mi-ombre ;
• chèvrefeuille grimpant, Lonicera : soleil/mi-ombre, jusqu’à – 20 °C, une plante vigoureuse qui sent si bon ! ;
• corête du Japon, Kerria japonica : 3 m de haut, résiste à – 20 °C, floraison au printemps, prévoir une taille par an après cette floraison pour régénérer la silhouette ;
• lila, Syringa vulgaris : jusqu’à 6 m de haut, odeur enivrante ;
• monnaie du pape, Lunaria annua : fleurettes mauves en fin de printemps, puis jolis fruits séchés décoratifs, soleil/mi-ombre, sol frais et bien drainé ;
• la rose bien sûr, la reine des jardins !;
• seringat, Philadelphus coronarius : un des préférés des mamies jardinières avec ses fleurs d’un blanc pur et son parfum intense.

Bleuets bleus et roses, pavots de Californie, coquelicots… autant de plantes faciles que l’on retrouve dans les jardins de grands-mères, au sein d’un fouillis maîtrisé et généreux.

Vivaces

• Acanthe, Acanthus mollis : jusqu’à – 15 °C, exposition soleil/mi-ombre, sol profond et bien drainé, vivace spectaculaire qui aime les pieds des vieux murs ;
• ancolie, Aquilegia : soleil/mi-ombre, sol bien drainé, se ressème toute seule ! ;
• benoîte, Geum : jusqu’à – 20 °C, soleil/mi-ombre, sol frais et bien drainé, les trois espèces G. chiloense, G. coccineum et G. rivale sont résistantes ;
• camomille, Tanacetum parthenium : soleil, fleurs blanches au cœur jaune en été ;
• cœur-de-Marie, Dicentra spectabilis : mi-ombre, sol bien drainé, “petits bijoux naturels par ribambelles”, idéal en sous-bois ;
• lin vivace, Linum perenne : jusqu’à – 15 °C, floraison fin de printemps par touches bleu ciel, se ressème spontanément. Pour l’hiver, il lui faut une exposition ensoleillée et un sol sec ;
• lupin des jardins, Lupinus x russellii : floraison en fin de printemps, – 25 °C, soleil/mi-ombre, sol neutre plutôt acide (surtout pas calcaire !) ;
• rose trémière, Althaea rosea : charmante vagabonde qui aime les pieds des vieux murs.

Reines-marguerites et amarantines apportent ici de l’élévation et une note fleurie à l’harmonie d’ensemble.

Annuelles, bisannuelles et bulbes

• Amarantine, Gomphrena globosa : annuelle, soleil, sol frais et bien drainé ;
• anémone couronnée, Anemone coronaria : tubercule, plante rustique, soleil, sol frais et humifère, très représentative des jardins d’antan en restant simple et modeste ;
• bégonia : plante vivace cultivée en annuelle. Il y en a toujours un dans un jardin de grand-mère ! ;
• bleuet, Centaurea cyanus : annuelle, symbole de la délicatesse, généreux tout l’été ! ;
• capucine, Tropaeolum : annuelle, soleil, une plante tout-terrain !
• cléome, Cleome spinosa : annuelle, floraison en été/automne, soleil, sol drainé plutôt frais, une silhouette travaillée pour une ambiance champêtre ! ;
• coléus : plante vivace cultivée en annuelle, mi-ombre, un classique ;
• cosmos, Cosmos bipinnatus : annuelle, floraison en été, se ressème d’une année sur l’autre, ornait les potagers d’antan ;
• glaïeul, Gladiolus : bulbe un peu frileux et donc à déterrer l’hiver dans les régions où il gèle, très joli en bouquet ;
• jacinthe, Hyacinthus : “joliment démodée et tellement parfumée”, fleurit le début du printemps ;
• muscari : bulbe, jusqu’à – 25 °C, floraison au printemps, sol bien drainé, petites grappes bleues formant un joli tapis ;
• narcisses : bulbes du début printemps, sol bien drainé, alternez les expositions entre soleil et mi-ombre pour étaler les floraisons ;
• nigelle de Damas, Nigella damascena : floraison printemps/été, mellifère, plante tout-terrain très robuste, fruits décoratifs ;
• Zinnia : floraison en été, joli nuancier, arrosage au pied de la plante car le feuillage est sensible à l’oïdium.
Voilà donc de quoi réinventer les jardins d’antan dans les massifs d’aujourd’hui, sachant que, comme le souligne Nelson Palacin, “il n’y a pas de mauvaise plante, mais seulement un emploi qui peut être parfois maladroit !”.

Récupérez vos graines !

Vous pouvez récolter la plupart des graines des annuelles, après avoir bien observé leur cycle naturel afin de le respecter. Laissez donc les fleurs se faner et sécher sur pied, puis prélevez les graines.
Il s’agit ensuite de les mettre dans un récipient ou un sachet correctement étiqueté pour se souvenir de l’espèce récoltée. A conserver à l’abri
de la lumière et de l’humidité, avant de les semer…

Article du numéro de Juin-Juillet 2019, abonnez-vous

Du panache pour vos feuillages !

Le feuillage est indispensable pour créer des massifs ou des ensembles végétaux équilibrés, qui attirent l’œil : ils apportent du volume, une présence pérenne, mais aussi des formes et des contrastes graphiques intéressants. Les feuillages panachés, marginés ou encore marbrés, offrant une pointe de blanc, permettent d’apporter de la lumière dans vos espaces et, cela, même à l’ombre !

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dans le numéro de Mai 2019, abonnez-vous

Massifs de corail : la couleur tendance !

Qu’il soit incorporé par touche graphique et colorée comme ici dans des massifs aériens de graminées, avec Kniphofia uvaria, ou bien décliné dans un camaïeu de teintes orangées, le corail est toujours pétillant et lumineux.

A chaque année sa couleur ! L’année 2019 voit ainsi l’apothéose du Living Coral (Pantone® 16-1546) qui inonde le monde de la mode et s’impose dans nos intérieurs et nos extérieurs. Les obtenteurs proposent ainsi de belles nouveautés et des assortiments
pour des massifs frais et tendance !

Après le succès de l’ultra-violet en 2018, la couleur corail, accompagnée de ses déclinaisons saumonées et orangées, est à l’honneur. En ville comme à la campagne, optez donc, pour vos massifs et plantations diverses et variées, pour cette couleur à la fois fraîche et pimpante, aux accents d’été et de légèreté. Rosiéristes, producteurs de bulbes, pépiniéristes et horticulteurs nous ont fait une belle sélection ! A vos pinceaux et à vos pelles, pour créer, à l’aide de fleurs et de feuillages, une belle barrière de corail !

L’Echinacea ‘Rainbow Marcella’ est une nouvelle variété d’échinacées à très bonne floribondité. Ses fleurs, de couleur orange à l’éclosion, virent au rose framboise avec le temps.

Un large choix de vivaces

Niveau vivace, le choix est vaste ! Ainsi, pour Thierry Simier, gérant des pépinières éponymes et fan de plongée, “la couleur corail offre la possibilité de recréer un décor sous-marin ponctué de poissons multicolores ! Cela pour dire que, comme pour toute composition végétale, l’association avec d’autres couleurs dépend toujours de l’histoire que l’on veut raconter avec, la possibilité bien sûr, de créer également de jolis camaïeux. Ce qui est sûr, c’est que le corail fonctionne partout : à l’ombre où il est clair, comme au soleil où il se sature, et en pleine terre comme en jardinière”. Voici quelques variétés préconisées par Thierry Simier : Acalypha ‘Ali’ buisson (feuillage et floraison orange et crème) ; Cuphea hirtella ‘Harlekin’ (longue floraison en petits tubes corail de mars à novembre, H : 50 cm) ; Jacobinia suberecta (beau contraste des fleurs tubulaires rouge-orangé sur un feuillage vert gris, doux et velouté, caduc à semi-persistant, H : 30 à 50 cm) ; Senecio confusus (floraison orange intense se détachant d’un feuillage vert franc).

Pour des potées fleuries estivales originales et subtiles, le corail est tout trouvé avec, ici, le feuillage panaché orangé des Acalypha ‘Ali’ et les fleurs tubulaires des Cuphea ‘Harlekin’.

S’ajoutent les propositions de la Pépinière Lepage : Echinacea ‘Irresistible’ (floraison orange saumon évoluant au rouge orangé de juin à septembre, H : 60 cm) ; Echinacea ‘Rainbow Marcella’ (les fleurs, de couleur orange à l’éclosion, virent au rose framboise avec le temps, une très belle vivace) ; Geum rivale ‘Mai Tai’ (une plante pour sol frais et humide. Floraison remontante de couleur saumonée sur des hampes florales pourprées) ; Hemerocallis ‘Exalted Ruler’ (grandes fleurs ondulées déclinant des tons rose, crème et corail, complétés d’un halo teinté d’orange et d’un cœur jaune clair. Cette plante sera d’autant plus belle en sol frais même si elle supporte bien les sols secs !) ou encore l’Iris b-n ‘Melon Honey’, bulbe vivace à floraison ressemblant à celle des iris miniatures, de couleur saumonée (H : 40 cm).
Autres propositions de Graines Voltz : l’Alstroemeria ‘Summer Relieve’ qui est une variété rigoureuse au feuillage vert très résistant, contrastant avec les fleurs bicolores. Et la digitale ‘Illumination Flame’ à la floraison à partir de mi-juin, au coloris lumineux et inédit.

Le dahlia nain simple ‘Sienna and Black’ présente de belles fleurs simples d’un orange intense appréciées des insectes pollinisateurs qui se précipiteront sur les fleurs à partir du mois de juillet.

Du côté des annuelles

Là aussi, un large choix s’offre à vous. Graines Voltz propose ainsi la sauge ‘GoGo Coral’ à grand développement, stérile et à floraison continue en longues panicules aux couleurs intenses. L’impatiens Sunpatiens ‘Hot Coral’ fera aussi son effet, avec son port rond et compact et une floraison abondante. S’ajoutent à cela la verveine Superbena ‘Royale Peachy Keen’, variété parfumée précoce, résistante à la chaleur, aux intempéries et à l’oïdium, ainsi que le Calibrachoa Superbells Unique ‘Mango Punch’, tolérant au pH élevé, avec de grandes fleurs pour une belle performance estivale !

Le Canna nain ‘Albérick’, avec sa taille de 50 cm convient bien aux jardinières. Il offre une jolie teinte pâle saumonée se mariant à la perfection avec les aulx ornementaux tels que Allium ‘Lucy Ball’.

Les bulbes

Côté bulbe, vous trouverez également une belle diversité. A commencer par les variétés proposées par Ernest Turc, telles que le beau dahlia nain simple ‘Sienna and Black’ pour réveiller les massifs estivaux avec ses fleurs simples d’un orange intense contrastant sur un feuillage sombre décoratif (H : 70 cm). Le dahlia nain double ‘Terra Botanica’, avec une grande floribondité de juillet jusqu’aux gelées (H : 80 cm), est également une jolie nouveauté.

La digitale ‘Illumination Flame’ offre une floraison spectaculaire et retombante, au coloris lumineux et inédit.

Pour continuer dans la thématique estivale, les Tulipes de France présentent deux cannas fleurissant de juillet à fin octobre : le canna nain Albérick à la jolie teinte pâle saumonée et le Canna ‘Champion’, plus grand (H : 100 cm) et à feuillage pourpre, qui offre de délicates fleurs orange carné. De son côté, Graines Voltz propose le Canna ‘Cannova Mango’ F1 : nouvelle génétique de Canna plus précoce, plante robuste, compacte et très ramifiée, à la floraison de longue durée et adaptée à la culture en températures basses.
Pour le printemps, Isabelle Fourré des Tulipes de France opte pour de belles variétés de tulipes telles que ‘Salmon Pearl’ (rose carmin à corail), ‘Pink Impression’ ou encore la tulipe simple hâtive ‘Apricot Beauty’ au coloris rose saumon délicat et lumineux. Côté narcisse, la variété double Delnashaugh au cœur corail assure un beau spectacle printanier. “A noter que la couleur corail se marie très bien avec des Allium aux teintes violettes à bleutées, type ‘Gladiator’, ‘Lucy Ball’ ou ‘Purple Sensation’” ajoute Isabelle Fourré.
Verver Export propose les tulipes Triumph ‘Stunning Star’ et ‘Van Eijck’, ainsi que les tulipes doubles tardives ‘Charming Beauty’.

Les rosiers

Les rosiers ne sont pas en reste : le rosier buisson ‘Message d’Espoir’ Meishamalo offre de belles fleurs orangées turbinées du printemps jusqu’aux gelées.

Les rosiéristes, eux aussi, rivalisent de nouveautés pour être en accord avec les tonalités de la saison. A l’image des roseraies Meilland Richardier qui proposent les rosiers ‘Christophe Colomb’ Meironsse, “un soleil couchant sur l’océan !” (grandes fleurs de 25 à 30 pétales dans un dégradé d’orange indien bordé de rouge piment) ; ‘Jazz Festival‘ Meizizany ; ‘Jean Cocteau’ Meikokan, ; ‘Message d’Espoir’ Meishamalo ou encore ‘Yann Arthus-Bertrand’ Meipelmel (une montagne de fleurs simples de juin à octobre, de couleur cuivre intense, fructification très décorative).
Voilà donc de quoi habiller vos compositions, entre vivaces, annuelles et bisannuelles, bulbes et rosiers !

La tulipe double tardive ‘Charming Beauty’ enchantera vos massifs d’une superbe floraison saumonée, délicatement irisée de jaune et de rouge clair.

Article du numéro d’Avril 2019, abonnez-vous