Archives de catégorie : Techniques horticoles

Ravageurs : des produits de biocontrôle
en recours

© Koppert France
L’apport de macro-organismes doit se quantifier selon l’espèce à combattre, avec une concentration donnée par m2. Ici, des coccinelles (Adalia bipunctata) s’occupent de pucerons ayant envahi un laurier.

Charançon rouge du palmier, processionnaires du pin et du chêne, tigre du platane, bombyx disparate, pyrale du buis… pour la strate arborée et arbustive. Pucerons, acariens, cochenilles farineuses, thrips, aleurodes… pour les annuelles et les rosiers. Les ravageurs s’attaquant aux végétaux installés dans nos espaces verts ne manquent pas et peuvent vite virer au fléau si rien n’est engagé pour enrayer leur présence.
Ainsi, suite aux évolutions réglementaires pour préserver l’environnement, limitant l’utilisation des insecticides chimiques de synthèse, les solutions de biocontrôle se développent.
Cette ‘méthode douce’ s’inspire des relations naturelles de prédation ou de parasitage entre les espèces vivantes afin de combattre les ravageurs, mais aussi de substances naturelles végétales.
Il existe une diversité de solutions selon le type de ravageurs à combattre bien sûr, mais aussi selon son stade de développement (stade larvaire, stade adulte…), sa formulation (liquide, granulé…), son mode et les dates d’application, ainsi que par son mode d’action, entre macro-organismes (chrysopes), micro-organismes (bactéries…), substances naturelles ou confusion sexuelle par phéromones.

Les macro-organismes
L’utilisation de macro-organismes consiste à libérer des prédateurs, parasitoïdes ou nématodes contre le ravageur présent dans vos cultures, selon un calendrier bien précis lié aux cycles naturels des espèces. L’exemple le plus connu est la coccinelle utilisée pour lutter contre les pucerons.
Les fournisseurs et producteurs sont nombreux à proposer une variété de solutions et sont là pour vous apporter expertise et conseils, pour un plan de lutte adapté.
Ainsi, voici plusieurs organismes que l’on peut utiliser :
• les chrysopes : ce sont des insectes névroptères qui sont de véritables alliés contre de nombreux ravageurs. La société If Tech propose ainsi  : “Chrysoperla lucasina, dont la larve a pour proies pucerons, acariens, cochenilles, farineuses ou à carapaces molles, thrips, aleurodes, tigres du platane, teignes ou encore psylles. Dès l’apparition des premiers ravageurs, notre solution Tigrador, qui prend la forme d’un tube rempli d’œufs de chrysope, permet donc d’apporter des chrysopes qui auront une prédation de 3 à 4 semaines. Si l’infestation n’est pas enrayée au bout de trois semaines, il faut renouveler l’apport afin qu’un nouveau cycle se mette en place” précise Agnès Chanteau-Foucher de If Tech ;
• les nématodes : ils servent par exemple à lutter contre les hannetons au niveau des gazons de terrains de sports, à l’image du produit Sportnem de Koppert ;
• les coccinelles : comme Cryptolaemus montrouzieri, intégré dans la solution Cryptobug, pour lutter contre la cochenille farineuse ; particulièrement problématique sur les plantes hivernées utilisées pour l’événementiel (Ficus, Dipladenia…).

© If Tech
Les chrysopes sont des prédateurs naturels permettant de lutter contre les pucerons, acariens, cochenilles, aleurodes ou encore contre le tigre du platane. En traitement préventif ou curatif, en extérieur, ils sont à appliquer entre le 15 mars et le 15 avril.

Les micro-organismes
Les micro-organismes sont, quant à eux, des champignons, virus ou bactéries, nécessitant tous une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). Une variété de produits phytopharmaceutiques de biocontrôle (au titre des articles L.253-6 du Code rural et de la pêche maritime) contenant ces micro-organismes existe : ils agissent souvent sur plusieurs ravageurs à la suite. En voici un échantillon, classé par type d’organismes :
• les champignons entomopathogènes : “le Lecanicillium muscarium, contenu dans Mycotal (AMM n° 2040354), est, entre autres, homologué contre les aleurodes sur rosiers. Il se présente sous forme de granulés dispersables, avec 12 applications maximum par année” souligne Thibaut Crance de Koppert ;
• les bactéries : une variété d’entre elles est utilisée pour lutter contre divers ravageurs, à l’image de Saccharopolyspora spinosa, présente naturellement dans le sol. “Celle-ci est à l’origine du Spinosad, principe actif de l’insecticide de biocontrôle Conserve™ (AMM n°2060138 et UAB) pour une action sur les arbres et arbustes d’ornement (papillon palmivore, bombyx disparate, thrips, processionnaires du chêne et du pin, lépidoptères et coléoptères défoliateurs). Il agit rapidement par contact, mais surtout par ingestion (5 à 10 fois plus efficace)  : la mort survient en quelques heures” précise Jérôme Vatier de Nufarm. On retrouve également fréquemment le Bacillus thuringiensis. “Les produits UAB Bactura DF (AMM n° 2010513) et Xentari (AMM n°2020241) de Koppert contiennent le Bacillus thuringiensis sp., homologué sur les chenilles phytophages en traitement généraux (pyrale du buis, processionnaires du pin et du chêne, bombyx…)” ajoute Thibaut Crance.

Confusion sexuelle par phéromones
En complément de moyens de monitoring et de la lutte par micro ou macro-organismes, une méthode innovante de lutte, par confusion sexuelle grâce aux phéromones femelles de l’espèce en question à combattre, est en plein essor. La société M2i Lifesciences propose ainsi deux solutions. “La première, Pin T Pro Ball, contre la processionnaire du pin est une solution brevetée, inédite par sa formulation mais aussi par son mode d’application, à l’aide d’un pistolet à air comprimé de type PaintBall. Celui-ci envoie des billes biodégradables contenant un gel composé de phéromones qui perturbe les mâles en recherche de femelles pour s’accoupler. Une application par an en juin, au moment du vol des papillons, suffit pour réduire la population de papillons de 80 % ” explique Johann Fournil de M2i Lifesciences. Comme il est classé comme biocide, il n’y a pas besoin de Certiphyto pour l’appliquer. “La deuxième est contre la pyrale du buis. Intitulé Box T Pro Press, ce gel phéromonal, dont une noisette suffit, est disposé au cœur du buis, en moyenne tous les 2 m, grâce à un atomiseur manuel (air comprimé). Deux applications sont à réaliser lors du vol de la pyrale soit, en général, au début du printemps et pendant l’été”. Produit phytosanitaire de biocontrôle, son AMM temporaire va être reconduite cette année.
Substances naturelles
Enfin, les substances naturelles sont également un moyen de lutte biologique. Elles peuvent être à base de :
• pyrèthrines végétales et huile de colza : “ces substances végétales composent l’insecticide de biocontrôle Spruzit EC Pro (UAB et AMM n°2160608). Il agit par contact et asphyxie sur les pucerons, acariens, aleurodes ou encore cicadelles (œufs, larves et adultes), pour les rosiers, arbres et arbustes d’ornement, ainsi que les cultures florales. Il convient de traiter dès les premiers symptômes (dilution dans un pulvérisateur)” explique Stéphane Grolleau de Compo Expert ;
• huile paraffinique : “le Lovell (AMM n° 2190065), nouveauté sur le marché, est homologué contre les pucerons, cochenilles, acariens et psylles sur les arbres fruitiers. Nous projetons une extension d’homologation sur les arbres et arbustes d’ornement d’ici 2 à 3 ans. Il faut l’appliquer lors des stades de 00 à 11 (premières feuilles étalées) et de 69 (fin de la floraison) à 85 (maturation des fruits avancée)” ajoute Thibaut Crance de Koppert ;
• huile essentielle d’orange douce : “le produit de biocontrôle Prev-AM Plus (AMM n°2170412 et UAB) est homologué contre les aleurodes pour les rosiers et les cultures florales” termine Jérôme Vatier de Nufarm.
Une variété de solutions de biocontrôle existe donc, le tout étant de combiner les différents moyens pour une lutte véritablement efficace !

© M2i Lifesciences
La confusion sexuelle par phéromone est une solution pour lutter contre la prolifération des ravageurs. Ici, une méthode innovante contre la processionnaire du pin, où les phéromones sont appliquées depuis le sol par un pistolet à air comprimé.

Phéromone, entre lutte et monitoring
Il est important de faire la distinction entre les produits de lutte, où l’on limite le nombre d’individus dans ses différents stades (œuf, larve, adulte…), et les solutions de monitoring, qui consistent à détecter la présence ou non de ravageurs, et sa densité.
Les fournisseurs proposent ainsi une diversité de pièges autorisés pour du monitoring, sans nécessité d’AMM, pour tout type
de ravageurs (pyrale du buis, processionnaire du pin, mineuse du marronnier, Duponchelia, thrips…). A l’heure actuelle, il existe cependant une exception pouvant être utilisée comme méthode
de lutte, car ayant obtenu une dérogation de 120 jours. “Pour lutter contre le charançon rouge du palmier, nous avons développé ce piège à phéromone à installer de façon semi-enterrée au pied des palmiers (pas plus de 14 pièges par ha autorisés). A installer pendant la période d’activité du charançon, soit en moyenne de fin février à fin octobre, les mâles sont attirés par les phéromones (Rhyncho Pro Classic) et tombent dans le piège (Pitfall). Le dispositif peut être utilisé en piège sec où l’insecte mourra d’épuisement (infestation raisonnable, entretien très réduit)
ou en piège humide (mélange d’eau et de matière grasse comme du savon ou de l’huile inodore) où il se noiera (efficacité optimisée, infestation importante, visite de contrôle plus régulière)” relate Johann Fournil de M2i Lifesciences.

Renouée du Japon : comment lutter ?

La renouée du Japon (Reynoutria spp.) se propage chaque année un peu plus dans nos villes et villages. Installée depuis longtemps en France, principalement le long des cours d’eau et des routes, cette plante invasive est difficile à éradiquer. Toutefois, la combinaison de différents moyens de lutte, avec de nouvelles méthodes prometteuses, permet de limiter sa présence.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Janvier 2020, abonnez-vous

Paillages biodégradables, de nombreux atouts

Les avantages du paillage sont nombreux : en couvrant le sol, il permet de limiter la pousse des adventices, et donc l’entretien, tout en minimisant l’évaporation et l’arrosage. Un allié de taille donc, pour vous aider au quotidien. Les paillages biodégradables proposent alors une solution intéressante en participant à nourrir le sol et en s’inscrivant, souvent, dans une logique de revalorisation des matières végétales.

Alternative au désherbage chimique et source d’économie d’eau, le paillage répond aux enjeux actuels des gestionnaires de nos communes. De plus, il favorise un sol meuble et évite la formation d’une croûte de battance, tout cela favorisant un développement optimisé des végétaux. Dans la large gamme qui existe, avec des rendus esthétiques divers et variés, les paillages organiques biodégradables ont le vent en poupe. Ils s’inscrivent en effet dans un cercle vertueux de revalorisation des produits issus d’exploitations, de scieries, de résidus de production… Autre atout : contrairement aux paillages minéraux, ils ne retiennent pas la chaleur et sont donc adaptés à nos étés de plus en plus chauds.

Les cosses de cacao offrent une bonne capacité de rétention en eau, avec une restitution progressive au sol. Sa rugosité a tendance à éloigner les limaces et escargots (attention : quelques graines peuvent parfois germer).

Un produit biodégradable

En agriculture et en horticulture, pour être qualifié de “produit biodégradable”, le paillage doit être bio-assimilé par le sol dans un temps déterminé et le résultat de la dégradation ne doit pas occasionner de dommages à l’environnement (norme NFU 52-001).
Le paillage biodégradable est une solution transitoire qui accompagne la plantation de massifs de vivaces, d’arbustes… Il assure la couverture du sol le temps que la végétation s’installe et commence à se dégrader lorsque celle-ci se met à occuper l’espace et jouer son rôle d’ombrage, limitant ainsi à son tour la pousse d’adventices. Comme le précise Sandrine Boudier, commerciale chez Géochanvre, “un paillage biodégradable doit donc être avant tout un paillage organique, composé de végétaux les moins traités et les plus locaux possible (chanvre, lin, bois…)”.

Le paillage biodégradable a l’avantage d’apporter de la matière organique au sol, à l’inverse d’un paillage minéral. Le sol est enrichi, aéré et nourri, ce qui favorise la croissance des végétaux.

Une vie du sol stimulée

Les paillages biodégradables ont l’avantage, à l’inverse des paillages minéraux, de se décomposer dans le sol. “Ils stimulent la vie microbienne du sol, en apportant de la matière organique fraîche utile aux microorganismes. Par ce processus, les plantes bénéficient également d’éléments nutritifs” souligne Morgane Bernard, chef de produit pour BHS. “En ce qui concerne la microfaune auxiliaire : collemboles, protoures, diploures et autres vers de terre n’évoluent jamais sur un sol nu. Un paillage permettra de multiplier leur présence, améliorer l’aération et accentuer la fertilité du sol. C’est l’action de tous ces décomposeurs de matière organique qui va nourrir le sol et le rendre fertile. Le paillage, en réduisant le phénomène de lessivage, permet également de limiter l’appauvrissement des sols” explique Olivier Julien, directeur commercial professionnel Premier Tech Horticulture.

En alternative à l’usage du plastique, encore très utilisé pour des raisons économiques, des feutres à base de laines de mouton (UAB) sont disponibles, avec des grammages de 300 à 600 gr/m2, pour une durée de vie de 18 à 36 mois.

Plaquettes, écorces, paillettes…

Un large panel de paillages s’offre à vous. En premier lieu, tout le monde pense au BRF (Bois Raméal Fragmenté) issu du broyage de vos déchets de taille et d’élagage. Attention cependant : “aujourd’hui, le BRF est devenu synonyme de paillage mais, à l’origine, c’est un produit utilisé pour amender les sols avant la plantation, afin de produire de l’humus. Utilisé en paillage, il va se décomposer très rapidement et se transformer en excellent lit de semences pour la flore spontanée” explique Sébastien Lanibois, responsable commercial pour Agresta. Pour choisir son paillage, il faut se pencher sur ses caractéristiques, afin qu’il soit adapté à la nature du sol, à la végétation installée, à l’aspect esthétique souhaité, tout en privilégiant une ressource locale. Voici donc quelques exemples de paillages biodégradables :
• écorces de pin maritime : principalement dans le sud-ouest de la France et issues d’un processus d’écorçage mécanique, elles proviennent souvent de la valorisation de déchets végétaux. “Contrairement aux idées reçues, elles n’acidifient pas les sols” souligne Olivier Julien. Ce paillage n’est cependant pas recommandé pour les rosiers. Attention également à un risque d’immobilisation d’azote les premières années ! ;
• plaquettes de bois (aulne, pin, peuplier…) : décomposition lente dans le sol et apport de matière organique, amélioration des propriétés et la stabilité de la structure du sol. Disponible en différents calibres en fonction des essences ;
• paillage de chanvre : “obtenu par broyage et battage des tiges de chanvre, il possède un important pouvoir anti-germinatif et une forte capacité de rétention d’eau (400 à 600 %) pour une restitution progressive en fonction des besoins du sol” indique Olivier Julien. Un paillis de chanvre, étalé sur 10 cm d’épaisseur, n’a d’intérêt que s’il est arrosé abondamment dès le début pour former une ’croûte’ en surface et empêcher les adventices de se développer. Petit plus : un aspect blanc esthétique ;
• paillis de lin : de couleur claire et de faible granulométrie, il s’associe à tous types de végétaux aux teintes claires, mais peut présenter une levée de lin. Un arrosage suffit à le maintenir en place ;
• paillettes de miscanthus : les tiges et feuilles de miscanthus broyées permettent d’améliorer la nature du sol sans l’acidifier. Lumineux et esthétique, il fait ressortir la végétation en place ;
• cosses de sarrasin : ce paillage fluide offre une bonne capacité de rétention en eau ;
• coques de cacao : en plus de fournir une protection au sol, les coques de cacao dégageront un parfum de chocolat et orneront les massifs de leur belle couleur noisette ;
• chips de coco : provient de la coque de noix de coco défibrée, broyée, lavée et tamisée (Côte d’Ivoire ou Sri-Lanka). “Une fois répandus au sol, les granulats, qui s’imbriquent les uns dans les autres formant un tapis homogène, retiennent environ 8 fois leur poids en eau. Entièrement biodégradable, présentant un pH neutre, la durée de vie est de 6 ans” rapporte Olivier Julien.
L’épaisseur à installer varie suivant le type de paillage (en général, entre 5 et 10 cm). Pour les annuelles et certaines vivaces, un paillage de 3 cm d’épaisseur est suffisant. Plus généralement, plus un végétal sera grand, plus il tolèrera une épaisseur de paillage importante.

Pour les paillages en vrac, non tissés ou liés, il est conseiller de créer ou poser une bordure en périphérie des massifs, afin d’avoir une épaisseur homogène sur la surface et limiter la dispersion du paillage. Au niveau des collets des plantes, une épaisseur moindre permet d’éviter leur pourriture.

Les toiles et feutres de paillage

Autre offre à disposition, les toiles de paillage compostables et/ou biodégradables, qui empêchent la pousse des adventices en les privant de lumière. Disponibles en rouleau, elles permettent de couvrir des surfaces et linéaires importants, notamment au niveau de terrains accidentés, en forte pente. Elles existent en différentes matières :
• PLA (acide polyactique) : ces feutres sont souvent utilisés pour les surfaces et linéaires importants ;
• chanvre : “Géochanvre est le seul fabricant français à proposer une toile de paillage 100 % en chanvre français. Légères (au maximum 750g/m2), elles sont utilisables en agriculture biologique (UAB) et attestées par Ecocert” explique Sandrine Boudier ;
• laine de mouton : “nous proposons le Thorelaine, feutre de paillage constitué à 100 % de laine de mouton et UAB. Riche en protéines, en matières organiques et en azote, la dégradation lente des fibres de laine constitue un apport naturel assimilé par le milieu” précise Pierre Bléquit, gérant de Sotextho ;
• mélange jute/chanvre : Thorenap de Sotextho est un feutre fibres cardées 100 % végétales naturel et biodégradable (également UAB).
Voilà donc de quoi pailler tous vos massifs, quelle que soit l’esthétique désirée, pour qu’ils nécessitent moins d’arrosage et d’entretien !

Article du numéro de Novembre-Décembre 2019, abonnez-vous

Le compostage biologique à chaud

Dans une logique de recyclage, la production de compost à partir de vos déchets verts (tontes, feuilles, tailles, racines de gazon…) et des déchets alimentaires issus de la cantine scolaire, du marché ou d’un restaurateur local, s’avère “tout bénef’” ! La technique de compostage biologique à chaud permet de réaliser un compost de qualité, en offrant un gain de temps, de place et d’énergie !

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dans le numéro d’Octobre 2019, abonnez-vous

Production : mutualiser pour optimiser

A Châteauroux, les serres municipales de production, qui fournissaient auparavant uniquement la ville-centre, produisent aujourd’hui pour 6 autres communes de l’agglomération.
Celles-ci profitent ainsi de végétaux de qualité et de précieux conseils édictés par les agents des serres qui exploitent désormais l’intégralité du site de production, optimisant ainsi l’outil horticole.

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dans le numéro de Août-Septembre 2019, abonnez-vous

Nos buis en danger, comment lutter ?

L’invasion par la pyrale du buis entraîne des destructions massives des formes plantées de buis (haies, topiaires, massifs…). Il s’agit d’être vigilant même en hiver, au moment où la pyrale cesse son activité et s’abrite dans un cocon blanc, installé à la base inférieure des feuilles. A ce moment-là, vous pouvez déjà détruire les cocons (nettoyage, ramassage ou taille, puis brûlage des déchets).

Entre la chenille vorace qu’est la pyrale du buis (Cydalima perspectalis) et les deux maladies cryptogamiques causées par les champignons Cylindrocladium buxicola et Volutella buxi, le buis, emblème du jardin à la française, se trouve sous le joug de multiples menaces. Sa préservation s’avère alors particulièrement difficile, notamment face à la pyrale dont les attaques sont de plus en plus précoces et virulentes.

Depuis des siècles, le buis est utilisé dans nos parcs et jardins historiques, notamment pour ses qualités ornementales et paysagères, sa silhouette structurante et sa propension à la taille. En massifs architecturés ou sous formes de topiaires, les buis ont également été beaucoup plantés dans nos espaces verts publics. Mais voilà : pendant longtemps considéré comme une plante “intouchable”, le buis est désormais à la merci de multiples maladies et ravageurs tenaces, que les hivers de plus en plus doux et les chaleurs précoces tendent à développer encore davantage. De bonnes pratiques culturales et une combinaison des moyens de contrôle des populations et de lutte est alors indispensable pour tenter d’enrayer cette destruction massive des buis, tout en pensant également à diversifier sa palette végétale.

Particulièrement gourmande, la chenille de la pyrale du buis se met en activité dès que la température atteint 18 °C. Des attaques donc de plus en plus précoces chaque année, avec les hivers de plus en plus doux que nous connaissons actuellement.

Des maladies cryptogamiques

Plusieurs champignons s’attaquent aux buis, dont Volutella buxi et Cylindrocladium buxicola, particulièrement problématiques. Ce dernier, arrivé en France depuis 2007, entraîne un dépérissement massif et rapide des buis (Buxus sempervirens, Buxus microphylla et Buxus sinica). Il s’attaque aux feuilles et aux tiges, faisant apparaître sur les jeunes feuilles des taches claires entourées par une décoloration brun-rouge et des taches plus foncées sur les feuilles âgées. Progressivement les taches fusionnent, les feuilles se desséchant et tombant. Sur la tige, des stries brun-foncé à noir peuvent apparaître sur l’écorce. Pour que ce champignon à forte capacité de dispersion se développe, il suffit que les feuilles soient recouvertes d’un simple film d’eau pendant 5 à 7 h et, cela, selon une amplitude thermique de 5 à 30 °C, avec un optimum à 25 °C. Autre atout pour ce champignon : il est capable de survivre plusieurs années dans les débris végétaux et dans le sol au pied des buis, après que les feuilles et rameaux morts soient tombés au sol. De son côté, le Volutella buxi occasionne également des dépérissements foliaires et des lésions sur les rameaux qui débutent depuis les extrémités. Le feuillage jaunit, avant de roussir par touffes, et de petits chancres apparaissent sur les feuilles, suivis d’un amas de spores rose-saumon sur leur face inférieure. Pour prévenir le développement de ces deux champignons, il faut donc bien veiller à enlever toutes les feuilles tombées et à tailler les rameaux atteints, pour ensuite les brûler (pensez à bien désinfecter les outils de taille). Aussi, optez pour un arrosage au pied afin d’éviter de mouiller le feuillage et plantez un peu moins dense afin que les feuilles sèchent plus vite. Éviter le tassement du sol, apporter du paillage et des fertilisants adaptés sont également des moyens de limiter la propagation.

La pyrale du buis, un fléau

Arrivée en France en 2008 et originaire de l’Asie de l’Est, la pyrale du buis est aujourd’hui présente dans tout le pays et cause des dégâts de plus en plus importants. Ce lépidoptère, le Cydalima perspectalis, est un papillon nocturne, dont les chenilles raffolent du buis, entraînant alors, en quelques jours, leur défoliation complète, voire leur mort. S’attaquant à toutes les variétés de buis et pondant jusqu’à 1 200 œufs par femelle, avec 2 à 3 générations par an, la chenille est prolifique. Et elle est d’autant plus virulente que les hivers sont de plus en plus doux, entraînant alors des attaques de plus en plus précoces. Aussi, avec une grande difficulté à limiter l’infestation dans les buxaies naturelles, l’invasion continue à grande vitesse. Ainsi, pour combattre ce ravageur à l’échelle de vos jardins et espaces verts, il est indispensable de combiner les moyens d’actions et d’agir à tous les stades de développement de la pyrale pour que l’offensive soit efficace, tout en sensibilisant la population aux techniques de contrôle et de lutte.

Contrôler sa présence

Tout d’abord, il s’agit d’être vigilant toute l’année et cela même durant la période “d’hibernation” de la chenille : durant l’hiver, la pyrale cesse son activité et s’abrite dans un cocon blanc, installé à la base inférieure des feuilles. A ce moment-là, vous pouvez déjà détruire les cocons (nettoyage, ramassage ou taille, puis brûlage des déchets). D’autres signes annoncent sa présence : des feuilles grignotées, enveloppées de toile, ou encore de petites boulettes de couleur verte ou marron au sol. Contrôler leur présence dès février, avant leur réveil, permet ainsi de prévoir d’éventuels traitements ultérieurs. La pyrale reprend ainsi son cycle d’activité dès qu’il fait suffisamment chaud : une température moyenne de 18 °C lui suffit. Selon les régions, on peut ainsi observer dès mars, de petites chenilles de 4 cm de long maximum, avec une tête noire et luisante et un corps vert clair strié longitudinalement de bandes vert foncé. Vers avril-mai, la chenille se transforme en papillon et s’accouple ensuite fin mai avec, bien sûr, des variations selon les régions, le cycle s’établissant ainsi sur 28 à 32 jours. On observe de ce fait des pics en avril, juillet/août et parfois septembre, ce qui nécessite une attention permanente pendant ce laps de temps. Ainsi, il est bien d’installer des pièges à phéromones femelles (hormones de synthèses en quantité importante) qui attirent les papillons mâles, de mars à octobre. Couramment, les pièges se présentent sous forme de contenants plastique accueillant les phéromones (à renouveler tous les mois), accompagné d’un liquide dans lequel se noient les papillons. Certains pièges, comme celui de Nufarm, offrent une durée d’efficacité de 90 jours, grâce à une microcapsule en cire qui protège les phéromones et se dégrade progressivement au contact de l’air. Des pièges secs sont également à disposition pour éviter de devoir nettoyer régulièrement les dispositifs, comme le BUXatrap développé par Koppert France en partenariat avec l’INRA. A savoir qu’il a été observé qu’un piège attire plus de pyrales, papillons de nuit, lorsqu’une source lumineuse nocturne se trouve à proximité du buis infecté.

Traiter par lutte biologique

Il s’agit ensuite de traiter les buis dans les 8 à 10 jours succédant les premiers vols de papillons et cela, par des interventions raisonnées. Pour cela, plusieurs produits de biocontrôle homologués ou UAB (Utilisables en Agriculture Biologique) sont à votre disposition. Ils sont pour la plupart composés à base de bactéries naturellement présentes dans le sol à l’image du ConserveTM (AMM 2060132) proposé par Nufarm et homologué UAB, qui est issu de la culture des bactéries Saccharopolyspora spinosa, ensuite fermentées. Comme tous produits phytopharmaceutiques, le traitement doit être réalisé par temps sec. Une autre bactérie entomopathogène, Bacillus thuringiensis, est utilisée sur le même principe, à l’image du ‘Bactura DF’ de Koppert France qui, en étant aspergé sur les feuilles (en mélange avec de l’eau), libère des molécules qui tuent la chenille une fois les feuilles ingérées. Les traitements doivent être répétés au moment des vols de pyrale, soit en avril, juillet/août et même parfois septembre. Autre solution de biocontrôle, cette fois-ci avec des macro-organismes : l’utilisation de trichogrammes, petits insectes parasitant les œufs des pyrales du buis. Le traitement est à réaliser au moment de la ponte en avril, en juin-juillet, voire en septembre, afin de diminuer la concentration de larves, et doit être couplé aux autres moyens de prévention et de lutte présentés. La présence de mésanges peut aussi s’avérer efficace (installation de nichoirs à mésange pour les sédentariser chez vous avec, idéalement, un point d’eau à proximité) : un couple et des petits consomment jusqu’à 200 chenilles par jour, ce qui est loin d’être négligeable pour lutter contre cette chenille vorace !

Des espèces qui n’ont rien à envier au buis !

Il existe plusieurs arbustes à utiliser en alternatives aux buis, avec un comportement et une propension à la taille similaires. On retrouve ainsi le thym (Thymus vulgaris) et le fusain (Euonymus japonica ‘Microphyllus’, pour climat doux) qui ont été plantés pour recréer les broderies des jardins de Chambord, historiquement composées de buis. Attention cependant aux fusains qui sont une cible privilégiée des cochenilles. Mais aussi le Teucrium flavum et Teucrium lucidrys, parfaits en bordures basses, pour sols secs et maigres, avec une hauteur maximum de 40 cm. Aussi, on peut utiliser Satureja montana (qui sent bon), Pittosporum tenuifolium ‘Golf Ball’ pour les pots et vasques ; Ilex crenata (régions tempérées à sol neutre ou acide), les myrtes, Prunus laurocerasus

Article du numéro de Juin-Juillet 2019, abonnez-vous

Terreaux de fleurissement, optimiser les floraisons !

Le fleurissement des villes constitue aujourd’hui l’un des enjeux de la valorisation de l’espace public, l’amélioration du cadre de vie et l’introduction du végétal en ville. Mais pour assurer
le bon développement des végétaux et obtenir une floraison abondante et soutenue, le terreau choisi doit notamment posséder une structure aérée et une bonne capacité de rétention en eau.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Mai 2019, abonnez-vous

Bacs, suspensions et autres contenants : économiser l’eau !

Éléments incontournables de l’espace public, les bacs, suspensions et autres jardinières permettent de fleurir les collectivités lorsque le fleurissement en pleine terre n’est pas envisageable. Pour assurer leur pérennité dans le temps, plusieurs solutions d’arrosage existent,
à la fois précises, économiques et performantes !

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro d’Avril 2019, abonnez-vous

Les secrets d’une taille de formation réussie !

Lors de ce chantier école, de formation à la taille de jeunes ormes ‘Sapporo Gold’, l’objectif était double : d’une part les véhicules devaient pouvoir circuler sans gêne et d’autre part il fallait éviter l’installation de fourches fragiles.

La taille de formation réalisée sur de jeunes arbres durant les premières années de leur développement permet de structurer leur port. Avant de commencer le processus de taille, il est primordial de réfléchir à la finalité du projet et dans quel contexte l’arbre va prendre place.

La taille de formation se pratique sur les jeunes arbres, dont le houppier n’est pas encore installé de manière définitive. Elle a pour but de former le tronc et la charpente des arbres afin qu’ils puissent répondre aux objectifs de forme et de conduite souhaités (contraintes de volume, d’usages et d’esthétisme…), notamment dans les espaces urbanisés. “Elle donne la direction et la géométrie que doit suivre l’arbre en fonction de l’espace disponible et des modalités d’entretien projetées”, explique Pascal Genoyer, responsable du bureau d’études et d’expertises Pousse Conseil. “Chaque plantation est spécifique et seule une analyse fine de la situation permet d’atteindre les objectifs. La taille de formation n’est pas complexe quand elle est commencée à temps. C’est une continuité de l’investissement réalisé lors de la plantation qui doit donc être programmée et budgétisée pour chaque projet”, ajoute Jac Boutaud pour l’Arboretum de La Petite Loiterie. En l’absence de contraintes, par exemple avec un arbre isolé, la taille de formation n’est pas nécessaire. Elle permet toutefois d’éviter la formation de fourches fragiles souvent dues à des accidents de croissance (casse de la flèche par exemple). A l’inverse, pour des sujets plantés à proximité d’une voirie, les arbres devront bénéficier d’une hauteur de tronc suffisante pour ne pas gêner le trafic et être abîmés par le passage des véhicules. “A proximité d’une voirie où circulent des poids lourds, l’obtention d’un tronc dénudé sur une hauteur de 4,50 m minimum permettra d’éviter frottements et blessures sur le houppier de l’arbre”, indique Jac Boutaud. “Pour des cheminements piétons, la hauteur des premières branches dépend de l’ambiance recherchée et de la composition de l’allée. Par exemple, plus la couronne sera basse, plus l’ambiance sera intimiste”, complète Pascal Genoyer.

Modes de conduite

Les modes de conduite des arbres sont catégorisés selon plusieurs formes en fonction du résultat escompté. “On peut distinguer les formes libres dont on ne modifie ni le volume, ni la structure ; les formes semi-libres pour lesquelles on fait une remontée de couronne avant de laisser l’arbre prendre toute son ampleur ; les formes contenues dont le volume est maîtrisé régulièrement par des tailles au niveau de ramfications significatives ; ainsi que les formes architecturées (rideaux tondus, plateaux taillés en têtes de chat…). Toutefois les formes architecturées imposent des tailles d’entretien très régulières et leur bilan écologique global (lutte contre les îlots de chaleur, accueil de biodiversité, consommation d’énergie fossile pour les différents travaux, etc.) est nettement inférieur à celui de formes plus libres”, explique Jac Boutaud. Le choix du mode de conduite doit être déterminé avant de commencer les opérations de taille.

Période de taille

La taille de formation commence dès que l’arbre présente les signes d’une bonne reprise. Elle s’achève lorsque la forme et le gabarit souhaités ont été atteints et peut donc parfois s’étaler sur de nombreuses années. “L’important est de connaître l’objectif poursuivi dès le début pour ne pas interrompre trop tôt les tailles et ensuite devoir intervenir de façon violente pour rattraper le retard. Plus l’arbre présente des problèmes de structure peu compatibles avec l’objectif à atteindre, plus les interventions devront être fréquentes. De façon générale, un passage tous les 2 à 3 ans peut être un bon rythme Elle peut être réalisée toute l’année, sauf au moment du débourrement (du gonflement des bourgeons jusqu’au déploiement complet des premières feuilles) et pendant les semaines qui précèdent la chute automnale des feuilles. En effet, tailler pendant ces deux stades phénologiques affaiblit particulièrement l’arbre”, explique Jac Boutaud. La période de taille dépend essentiellement de l’essence de l’arbre, la région dans laquelle il se trouve, son stade d’évolution, des risques phytosanitaires spécifiques à l’arbre (ravageurs, maladies…) et des opérations à réaliser. “Un refléchage ou une réduction sur relais seront presque toujours beaucoup plus efficaces s’ils sont réalisés en début plutôt qu’en fin d’hiver”, complète Pascal Genoyer.

Le jeune tilleul a été remonté tardivement et de façon trop importante. Son tronc s’est donc couvert de nombreux rejets qu’il sera très difficile d’éliminer définitivement.

Comment effectuer une taille de formation ?

La première étape de la taille d’une forme semi-libre consiste à former le tronc et effectuer une remontée de couronne pour obtenir le gabarit recherché en supprimant les basses branches au fur et à mesure de la croissance de l’arbre. La taille doit être régulière pour supprimer les branches avant que leur diamètre ne devienne trop important et engendre des plaies trop grandes sur le tronc. “Il est souhaitable de commencer par affaiblir les branches déjà grosses avant de les supprimer, en éliminant leurs axes les plus vigoureux. Diminuer la surface foliaire limite le grossissement des branches en question, ce qui améliore le rapport entre le diamètre de la coupe définitive et celui du tronc à ce même niveau. Il faut savoir trouver le juste milieu entre attendre et couper des branches avec un fort diamètre et supprimer de petites branches trop vite, ce qui affaiblit l’arbre et pénalise le grossissement du tronc”, explique Jac Boutaud. La Règle Professionnelle N° P.E.1-R0 sur les Travaux d’entretien des arbres précise que la partie élaguée ne doit pas dépasser en principe le tiers inférieur de l’arbre, les deux tiers supérieurs ne devant subir qu’une suppression sélective des branches. Une fois que le tronc a atteint la hauteur désirée, les opérations de formation du houppier peuvent commencer (sélection et équilibrage des charpentières, orientation des branches…) pour atteindre la forme désirée.
Deux outils sont fondamentaux pour tailler les jeunes arbres : le sécateur et la scie manuelle. Il est préférable de se placer au plus près de l’arbre pour réaliser la taille, mais lorsque l’arbre prend de l’ampleur, à défaut de nacelle, des échenilloirs ou scies sur perches peuvent devenir très utiles. Un soin particulier doit être apporté à la qualité des coupes, en utilisant des outils correctement affûtés et en tenant la tige, afin d’éviter des déchirures des écorces, fines et fragiles. “Par précaution, il est recommandé de tailler en deux fois. Dans un premier temps supprimer la branche, puis finir la coupe avec précision, selon le bon angle pour une bonne fermeture de la plaie. Deux repères morphologiques, la ride de l’écorce et le col de la branche, permettent de ne pas entailler le bois du tronc. L’angle de coupe est spécifique à chaque cas et doit être choisi avec soin pour ne pas altérer la ride de l’écorce et le col de la branche afin de favoriser la cicatrisation du tronc. Outre les précautions mécaniques, il convient également de prendre des précautions sanitaires en nettoyant et désinfectant les outils de taille entre deux arbres”, ajoute Pascal Genoyer.
Une fois la forme et le gabarit atteints, la taille de formation des formes architecturées ou contenues laisse place à des tailles d’entretien régulières adaptées à chaque conduite. Les formes libres et semi-libres ne doivent subir que de tailles ponctuelles liées à la sécurité, comme l’enlèvement des gros bois morts pouvant causer des accidents.

Article du numéro de Février 2019, abonnez-vous