Archives de catégorie : Techniques horticoles

Reprise : les producteurs comptent sur vous !

© Pépinières Travers

La filière de production végétale est parmi l’une des plus touchées par la crise actuelle, les pépiniéristes et horticulteurs réalisant en moyenne 75 % de leur chiffre d’affaires annuel entre mi-mars et fin mai. Annulation et report des commandes en cours, absence de nouvelles commandes, la trésorerie des entreprises est mise à mal. Pour aider les horticulteurs, pépiniéristes, mais aussi semenciers, il est alors de la responsabilité  des collectivités d’honorer leurs commandes.

Arrêt et ralentissement des chantiers (du fait de la mise en place des gestes barrières), manque de main d’œuvre au sein des services espaces verts et des entreprises de paysage (garde d’enfants, conjoints soignants, chômage partiel, autorisation d’absence autorisée…), la crise actuelle impacte différemment les producteurs selon leurs cultures (arbres, arbustes, vivaces, grimpantes, annuelles). Et la situation est grave, car entre le 15 mars et le 30 avril, les producteurs réalisent en moyenne 75 % de leur chiffre d’affaires. Alors même qu’ils doivent “combler le déficit” des charges engagées l’an dernier et honorer les factures et salaires. Ainsi, dès la première semaine de confinement, les pertes de chiffre d’affaires étaient considérables, la “semaine 12” restant ancrée dans les mémoires, et aggravées par la fermeture forcée des lieux de vente au public, alors que la grande distribution pouvait elle vendre des végétaux dans ses rayons… Mobilisés, tous les professionnels de la filière (FNPHP, Val’hor, Chambres d’agricultures…) se sont fédérer pour alerter les politiques des difficultés financières rencontrées. Une décision ministérielle reconnaît depuis l’intérêt de la requalification des semences et plants potagers en produits de première nécessité, a permis de relancer un peu l’activité. Enfin, depuis quelques jours, un élan de solidarité des politiques (députés européens, sénateurs, conseillers départementaux, maires…) et des professionnels (meilleurs ouvriers de France…), offrant la perspective d’un soutien financier, vient redonner de l’espoir à notre filière de production française. Ainsi, vous pouvez vous aussi aider la filière en honorant vos commandes, en réservant dès à présent vos végétaux pour les plantations d’automne, mais aussi en continuant à planter cet été en respectant les règles de l’art (fosse de plantation profonde et bien décompactée, arrosage, paillage…). D’autant plus que des solutions existent pour des plantations d’arbres durant la période estivale, celles-ci présentant un léger surcoût mais étant gages d’un excellent taux de reprise. Solidarité et échanges de conseils sont donc de mise.

© Marc Koehler/Guillot-Bourne IIUne perte de chiffre d’affaires généralisée

Dès le début du confinement, les pertes de chiffre d’affaires (commandes, livraisons) étaient déjà considérables, comme en témoignent les chiffres de l’enquête réalisée par la FNPHP (Fédération Nationale de Producteurs Horticulteurs Pépiniéristes) sur l’impact de la crise Covid-19, à laquelle 325 producteurs ont répondu. “En moyenne, la perte de chiffre d’affaires s’élève à plus de
48 000 € par entreprise, ce qui est très dur, notamment pour les petites structures. Celles-ci n’ont plus de trésorerie mais doivent, en parallèle chauffer les locaux, arroser et payer les factures de leurs fournisseurs (PBI, godets, engrais…). Sans parler du coût financier et psychologique pour les horticulteurs qui doivent détruire des plants et donc “jeter” près de trois mois de travail. La relance de l’activité à court terme doit donc passer par l’engagement d’achat des collectivités et des clients, ceux-ci doivent honorer leurs commandes. Mais aussi à long terme, en favorisant la production française, par exemple en adhérant aux chartes d’achat public local, gages de survie de notre filière”
milite Pascal Bricier, gérant des pépinières Puthod (74) et président de la FNPHP Auvergne-Rhône-Alpes. Et Arnaud Travers, gérant des pépinières Travers (45), spécialistes des plantes grimpantes, de poursuivre : “cette crise intervient au moment même où la trésorerie des producteurs est au plus bas. En effet, pour les grimpantes par exemple, la mise en culture intervient un an auparavant, ce qui signifie que les charges ont été payées l’année passée et que la trésorerie se renfloue au moment des ventes printanières. Seulement, depuis début mars, il n’y a plus de nouvelles commandes…”
Du côté des pépinières spécialisées dans les arbres, le constat est le même et pose problème, comme le confie Michel Le Borgne, gérant des pépinières Drappier (59). “Les reports de commande sont nombreux, alors que les arbres sont déjà arrachés et qu’aucune nouvelle commande n’arrive. Cela représente une perte de chiffre d’affaires sur mars d’environ 70 %. Toutefois, ces arbres sont en jauge et arrosés correctement, et pourront être plantés en fin de crise sans problème ”.
Et Marc Koehler, des pépinières Guillot-Bourne (38), de compléter : “depuis le début du confinement, nous avons eu 30 à 40 K€ de commandes annulées. Ainsi, beaucoup de commandes ont été décalées vers la fin du printemps ou bien à l’automne. Le problème, c’est que les plantations de fin de printemps et d’automne nécessitent des techniques particulières (culture hors sol, fibre coco autour des mottes, haubanage, arrosage goutte-à-goutte), qui représentent des surcoûts que l’on devra facturer à nos clients. S’ajoute à cela le fait que la montée de sève a eu lieu et que les arbres sont en feuilles, les manipulations sont donc plus longues et complexes. Nos clients sont “pris en otage”, comme nous le sommes avec la nature qui redémarre”.

© Ville de Narbonne

Enfin, pour les producteurs de vivaces, la perte du chiffre d’affaires est également conséquente : “pas d’annulation de commandes pour le moment, seulement des reports, mais cela représente un manque de trésorerie important : le chiffre d’affaires livré en mars 2020 équivaut à un quart de celui de 2019. Et les commandes sont également bien moins nombreuses (CA commandé en mars 2020 divisé par 5 par rapport à 2019). Nous avons donc dû re-décharger les commandes prévues en livraison et suspendre toutes les préparations” termine Vincent Chombart, des pépinières Chombart (80).
Comme l’explique Arnaud Travers : « même s’il n’y avait plus de commandes à préparer, nous avions besoin de nos salariés pour entretenir les grimpantes en culture, qui étaient prêtes à la vente. Ainsi, la seconde quinzaine de mars, nous sommes passés de 44 h (temps fort de l’année) à 15 h semaine, pour assurer la taille, l’arrosage, mais aussi la distanciation entre les pieds, les lianes s’entremêlant rapidement entre les sujets. Du côté des collectivités, quelques belles initiatives, comme le département qui, dans un élan de soutien aux producteurs locaux, a débloqué un budget de 500 000 € pour commander des plantes pour végétaliser davantage les villes, et également certains maires qui ont commandé des plantes pour offrir à leurs concitoyens”. Pour prendre soin des cultures, les producteurs ont donc adapté leur fonctionnement, à l’instar des pépinières Guillot Bourne II. “D’un côté, les commerciaux et l’équipe administrative/logistique sont en télétravail, afin de réduire les effectifs présents au même moment dans les locaux. De l’autre, le personnel de terrain travaille sur site en prenant des précautions. Malgré le fait que les équipements de protection comme les masques soient très difficiles à trouver, des lingettes désinfectantes et un remplissage régulier en savon des points d’eau permettent d’assurer les gestes barrières. Beaucoup de communication, sur les gestes préventifs notamment, et une nécessaire adaptation des activités (soin aux arbres, plutôt que préparation des commandes par exemple) complètent cette réorganisation nécessaire pour poursuivre au maximum l’activité en pleine saison printanière” témoigne Marc Koehler.
Du côté des pépinières Chombart, les équipes sont au complet, les saisonniers étant arrivés juste avant le confinement. Vincent Chombart développe : “pour protéger la santé de chacun et limiter la propagation du virus, de nombreuses mesures sont respectées. Chacun reste dans son coin avec des distances minimales de 1.5 m lors d’échanges oraux, aucun échange de véhicules n’est possible, une seule personne est autorisée par véhicule, le réfectoire est désinfecté, du gel hydroalcoolique est mis à disposition des employés… J’ai également fait coudre 4 masques lavables en tissu par personne. Les équipes ont été réorganisées : le personnel de bureau est à domicile, avec un transfert d’appel pour assurer la permanence téléphonique. Avec le report de nombreuses livraisons, les préparateurs de commandes et les chauffeurs livreurs sont affectés aux cultures”. Mêmes précautions pour les pépinières Drappier, comme le confirme Michel Le Borgne : “notre équipe est au complet, en respectant des précautions de distanciation sociale et un lavage des mains systématique. Dans l’optique de la reprise, nous avons poursuivi la mise en culture pour les saisons prochaines”.
Enfin, face à l’arrêt des chantiers et la fermeture des entreprises de travaux et des fournisseurs (approvisionnement compliqué), et à l’absence de commandes, les semenciers ont eux aussi été touchés et ont dû se réorganiser. Bernard Heitz, gérant de Nungesser Semences (67), témoigne : “dans un climat particulièrement incertain et anxiogène, nous avons tout d’abord cessé totalement l’activité, en plaçant nos effectifs en chômage technique. Le personnel administratif est en télétravail et reste disponible par téléphone et par mail. Mais au lieu des 200 à 250 mails que nous recevons habituellement quotidiennement, seuls 5 à 10 arrivent par jour… Notre chance est que les semis se fassent idéalement en automne, la concurrence avec les dicotylédones étant quasi-nulle. Aussi, les agriculteurs qui cultivent nos semences sauvages fonctionnent normalement. Avec la fin du déconfinement prévue pour le 11 mai, les récoltes pourront a priori se faire, comme d’habitude, de fin mai jusqu’à mi-juillet. Lors de la reprise, le seul problème est qu’il faudra prioriser les demandes, ce qui n’est pas toujours facile à entendre pour nos clients qui veulent être “les premiers servis”. Mais nous ne pouvons pas non plus nous permettre de gonfler les effectifs avec des personnes novices, notre domaine nécessitant des connaissances techniques particulièrement pointues sur la connaissance et le cycle des plantes. Mon conseil est de passer commande le plus en amont possible, pour que les producteurs puissent bien anticiper et gérer les demandes. Mais aussi de garder le moral et de rester positif : ensemble, nous allons sortir de cette crise !”.

© Le Passage d’Agen
Rester positif !

Cette crise est donc particulièrement dure pour le secteur de production végétale. Mais le récent élan de solidarité de la part de nombreux politiques redonne du moral aux troupes, comme le confie Arnaud Travers : “je suis la 5e génération de la famille à la tête de l’entreprise et nous n’avions jamais connu un tel soutien de la part de nos syndicats professionnels, particulièrement de la FNPHP, la FDSEA et Val’hor, et même de certains politiques. Il faut noter que c’est grâce à la mobilisation et à l’énorme travail des producteurs qui se sont soudés que nous avons pu faire bouger les choses et alerter sur la situation”. De plus, pour certains, ce temps suspendu est l’occasion de se mettre à jour. “Toute l’année, nous nous disons “je n’ai pas le temps de faire ça ou bien ça”. Nous profitons donc de cette période particulière pour mettre à jour nos documents techniques, le catalogue, nettoyer nos bases de données… Il faut profiter du temps que l’on a pour l’optimiser. De ce fait, on sera à jour dès la reprise de l’activité globale” conclut Marc Koehler.
Une vision optimiste qu’il est bon d’avoir en ces temps difficiles.
Et comme le rappelle Michel Le Borgne, “dans les tempêtes, on voit les bons capitaines… C’est le moment de compter les entreprises compétentes et solidaires que l’on a en France.”

Ravageurs : des produits de biocontrôle
en recours

© Koppert France
L’apport de macro-organismes doit se quantifier selon l’espèce à combattre, avec une concentration donnée par m2. Ici, des coccinelles (Adalia bipunctata) s’occupent de pucerons ayant envahi un laurier.

Charançon rouge du palmier, processionnaires du pin et du chêne, tigre du platane, bombyx disparate, pyrale du buis… pour la strate arborée et arbustive. Pucerons, acariens, cochenilles farineuses, thrips, aleurodes… pour les annuelles et les rosiers. Les ravageurs s’attaquant aux végétaux installés dans nos espaces verts ne manquent pas et peuvent vite virer au fléau si rien n’est engagé pour enrayer leur présence.
Ainsi, suite aux évolutions réglementaires pour préserver l’environnement, limitant l’utilisation des insecticides chimiques de synthèse, les solutions de biocontrôle se développent.
Cette ‘méthode douce’ s’inspire des relations naturelles de prédation ou de parasitage entre les espèces vivantes afin de combattre les ravageurs, mais aussi de substances naturelles végétales.
Il existe une diversité de solutions selon le type de ravageurs à combattre bien sûr, mais aussi selon son stade de développement (stade larvaire, stade adulte…), sa formulation (liquide, granulé…), son mode et les dates d’application, ainsi que par son mode d’action, entre macro-organismes (chrysopes), micro-organismes (bactéries…), substances naturelles ou confusion sexuelle par phéromones.

Les macro-organismes
L’utilisation de macro-organismes consiste à libérer des prédateurs, parasitoïdes ou nématodes contre le ravageur présent dans vos cultures, selon un calendrier bien précis lié aux cycles naturels des espèces. L’exemple le plus connu est la coccinelle utilisée pour lutter contre les pucerons.
Les fournisseurs et producteurs sont nombreux à proposer une variété de solutions et sont là pour vous apporter expertise et conseils, pour un plan de lutte adapté.
Ainsi, voici plusieurs organismes que l’on peut utiliser :
• les chrysopes : ce sont des insectes névroptères qui sont de véritables alliés contre de nombreux ravageurs. La société If Tech propose ainsi  : “Chrysoperla lucasina, dont la larve a pour proies pucerons, acariens, cochenilles, farineuses ou à carapaces molles, thrips, aleurodes, tigres du platane, teignes ou encore psylles. Dès l’apparition des premiers ravageurs, notre solution Tigrador, qui prend la forme d’un tube rempli d’œufs de chrysope, permet donc d’apporter des chrysopes qui auront une prédation de 3 à 4 semaines. Si l’infestation n’est pas enrayée au bout de trois semaines, il faut renouveler l’apport afin qu’un nouveau cycle se mette en place” précise Agnès Chanteau-Foucher de If Tech ;
• les nématodes : ils servent par exemple à lutter contre les hannetons au niveau des gazons de terrains de sports, à l’image du produit Sportnem de Koppert ;
• les coccinelles : comme Cryptolaemus montrouzieri, intégré dans la solution Cryptobug, pour lutter contre la cochenille farineuse ; particulièrement problématique sur les plantes hivernées utilisées pour l’événementiel (Ficus, Dipladenia…).

© If Tech
Les chrysopes sont des prédateurs naturels permettant de lutter contre les pucerons, acariens, cochenilles, aleurodes ou encore contre le tigre du platane. En traitement préventif ou curatif, en extérieur, ils sont à appliquer entre le 15 mars et le 15 avril.

Les micro-organismes
Les micro-organismes sont, quant à eux, des champignons, virus ou bactéries, nécessitant tous une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). Une variété de produits phytopharmaceutiques de biocontrôle (au titre des articles L.253-6 du Code rural et de la pêche maritime) contenant ces micro-organismes existe : ils agissent souvent sur plusieurs ravageurs à la suite. En voici un échantillon, classé par type d’organismes :
• les champignons entomopathogènes : “le Lecanicillium muscarium, contenu dans Mycotal (AMM n° 2040354), est, entre autres, homologué contre les aleurodes sur rosiers. Il se présente sous forme de granulés dispersables, avec 12 applications maximum par année” souligne Thibaut Crance de Koppert ;
• les bactéries : une variété d’entre elles est utilisée pour lutter contre divers ravageurs, à l’image de Saccharopolyspora spinosa, présente naturellement dans le sol. “Celle-ci est à l’origine du Spinosad, principe actif de l’insecticide de biocontrôle Conserve™ (AMM n°2060138 et UAB) pour une action sur les arbres et arbustes d’ornement (papillon palmivore, bombyx disparate, thrips, processionnaires du chêne et du pin, lépidoptères et coléoptères défoliateurs). Il agit rapidement par contact, mais surtout par ingestion (5 à 10 fois plus efficace)  : la mort survient en quelques heures” précise Jérôme Vatier de Nufarm. On retrouve également fréquemment le Bacillus thuringiensis. “Les produits UAB Bactura DF (AMM n° 2010513) et Xentari (AMM n°2020241) de Koppert contiennent le Bacillus thuringiensis sp., homologué sur les chenilles phytophages en traitement généraux (pyrale du buis, processionnaires du pin et du chêne, bombyx…)” ajoute Thibaut Crance.

Confusion sexuelle par phéromones
En complément de moyens de monitoring et de la lutte par micro ou macro-organismes, une méthode innovante de lutte, par confusion sexuelle grâce aux phéromones femelles de l’espèce en question à combattre, est en plein essor. La société M2i Lifesciences propose ainsi deux solutions. “La première, Pin T Pro Ball, contre la processionnaire du pin est une solution brevetée, inédite par sa formulation mais aussi par son mode d’application, à l’aide d’un pistolet à air comprimé de type PaintBall. Celui-ci envoie des billes biodégradables contenant un gel composé de phéromones qui perturbe les mâles en recherche de femelles pour s’accoupler. Une application par an en juin, au moment du vol des papillons, suffit pour réduire la population de papillons de 80 % ” explique Johann Fournil de M2i Lifesciences. Comme il est classé comme biocide, il n’y a pas besoin de Certiphyto pour l’appliquer. “La deuxième est contre la pyrale du buis. Intitulé Box T Pro Press, ce gel phéromonal, dont une noisette suffit, est disposé au cœur du buis, en moyenne tous les 2 m, grâce à un atomiseur manuel (air comprimé). Deux applications sont à réaliser lors du vol de la pyrale soit, en général, au début du printemps et pendant l’été”. Produit phytosanitaire de biocontrôle, son AMM temporaire va être reconduite cette année.
Substances naturelles
Enfin, les substances naturelles sont également un moyen de lutte biologique. Elles peuvent être à base de :
• pyrèthrines végétales et huile de colza : “ces substances végétales composent l’insecticide de biocontrôle Spruzit EC Pro (UAB et AMM n°2160608). Il agit par contact et asphyxie sur les pucerons, acariens, aleurodes ou encore cicadelles (œufs, larves et adultes), pour les rosiers, arbres et arbustes d’ornement, ainsi que les cultures florales. Il convient de traiter dès les premiers symptômes (dilution dans un pulvérisateur)” explique Stéphane Grolleau de Compo Expert ;
• huile paraffinique : “le Lovell (AMM n° 2190065), nouveauté sur le marché, est homologué contre les pucerons, cochenilles, acariens et psylles sur les arbres fruitiers. Nous projetons une extension d’homologation sur les arbres et arbustes d’ornement d’ici 2 à 3 ans. Il faut l’appliquer lors des stades de 00 à 11 (premières feuilles étalées) et de 69 (fin de la floraison) à 85 (maturation des fruits avancée)” ajoute Thibaut Crance de Koppert ;
• huile essentielle d’orange douce : “le produit de biocontrôle Prev-AM Plus (AMM n°2170412 et UAB) est homologué contre les aleurodes pour les rosiers et les cultures florales” termine Jérôme Vatier de Nufarm.
Une variété de solutions de biocontrôle existe donc, le tout étant de combiner les différents moyens pour une lutte véritablement efficace !

© M2i Lifesciences
La confusion sexuelle par phéromone est une solution pour lutter contre la prolifération des ravageurs. Ici, une méthode innovante contre la processionnaire du pin, où les phéromones sont appliquées depuis le sol par un pistolet à air comprimé.

Phéromone, entre lutte et monitoring
Il est important de faire la distinction entre les produits de lutte, où l’on limite le nombre d’individus dans ses différents stades (œuf, larve, adulte…), et les solutions de monitoring, qui consistent à détecter la présence ou non de ravageurs, et sa densité.
Les fournisseurs proposent ainsi une diversité de pièges autorisés pour du monitoring, sans nécessité d’AMM, pour tout type
de ravageurs (pyrale du buis, processionnaire du pin, mineuse du marronnier, Duponchelia, thrips…). A l’heure actuelle, il existe cependant une exception pouvant être utilisée comme méthode
de lutte, car ayant obtenu une dérogation de 120 jours. “Pour lutter contre le charançon rouge du palmier, nous avons développé ce piège à phéromone à installer de façon semi-enterrée au pied des palmiers (pas plus de 14 pièges par ha autorisés). A installer pendant la période d’activité du charançon, soit en moyenne de fin février à fin octobre, les mâles sont attirés par les phéromones (Rhyncho Pro Classic) et tombent dans le piège (Pitfall). Le dispositif peut être utilisé en piège sec où l’insecte mourra d’épuisement (infestation raisonnable, entretien très réduit)
ou en piège humide (mélange d’eau et de matière grasse comme du savon ou de l’huile inodore) où il se noiera (efficacité optimisée, infestation importante, visite de contrôle plus régulière)” relate Johann Fournil de M2i Lifesciences.

Renouée du Japon : comment lutter ?

La renouée du Japon (Reynoutria spp.) se propage chaque année un peu plus dans nos villes et villages. Installée depuis longtemps en France, principalement le long des cours d’eau et des routes, cette plante invasive est difficile à éradiquer. Toutefois, la combinaison de différents moyens de lutte, avec de nouvelles méthodes prometteuses, permet de limiter sa présence.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Janvier 2020, abonnez-vous

Paillages biodégradables, de nombreux atouts

Les avantages du paillage sont nombreux : en couvrant le sol, il permet de limiter la pousse des adventices, et donc l’entretien, tout en minimisant l’évaporation et l’arrosage. Un allié de taille donc, pour vous aider au quotidien. Les paillages biodégradables proposent alors une solution intéressante en participant à nourrir le sol et en s’inscrivant, souvent, dans une logique de revalorisation des matières végétales.

Alternative au désherbage chimique et source d’économie d’eau, le paillage répond aux enjeux actuels des gestionnaires de nos communes. De plus, il favorise un sol meuble et évite la formation d’une croûte de battance, tout cela favorisant un développement optimisé des végétaux. Dans la large gamme qui existe, avec des rendus esthétiques divers et variés, les paillages organiques biodégradables ont le vent en poupe. Ils s’inscrivent en effet dans un cercle vertueux de revalorisation des produits issus d’exploitations, de scieries, de résidus de production… Autre atout : contrairement aux paillages minéraux, ils ne retiennent pas la chaleur et sont donc adaptés à nos étés de plus en plus chauds.

Les cosses de cacao offrent une bonne capacité de rétention en eau, avec une restitution progressive au sol. Sa rugosité a tendance à éloigner les limaces et escargots (attention : quelques graines peuvent parfois germer).

Un produit biodégradable

En agriculture et en horticulture, pour être qualifié de “produit biodégradable”, le paillage doit être bio-assimilé par le sol dans un temps déterminé et le résultat de la dégradation ne doit pas occasionner de dommages à l’environnement (norme NFU 52-001).
Le paillage biodégradable est une solution transitoire qui accompagne la plantation de massifs de vivaces, d’arbustes… Il assure la couverture du sol le temps que la végétation s’installe et commence à se dégrader lorsque celle-ci se met à occuper l’espace et jouer son rôle d’ombrage, limitant ainsi à son tour la pousse d’adventices. Comme le précise Sandrine Boudier, commerciale chez Géochanvre, “un paillage biodégradable doit donc être avant tout un paillage organique, composé de végétaux les moins traités et les plus locaux possible (chanvre, lin, bois…)”.

Le paillage biodégradable a l’avantage d’apporter de la matière organique au sol, à l’inverse d’un paillage minéral. Le sol est enrichi, aéré et nourri, ce qui favorise la croissance des végétaux.

Une vie du sol stimulée

Les paillages biodégradables ont l’avantage, à l’inverse des paillages minéraux, de se décomposer dans le sol. “Ils stimulent la vie microbienne du sol, en apportant de la matière organique fraîche utile aux microorganismes. Par ce processus, les plantes bénéficient également d’éléments nutritifs” souligne Morgane Bernard, chef de produit pour BHS. “En ce qui concerne la microfaune auxiliaire : collemboles, protoures, diploures et autres vers de terre n’évoluent jamais sur un sol nu. Un paillage permettra de multiplier leur présence, améliorer l’aération et accentuer la fertilité du sol. C’est l’action de tous ces décomposeurs de matière organique qui va nourrir le sol et le rendre fertile. Le paillage, en réduisant le phénomène de lessivage, permet également de limiter l’appauvrissement des sols” explique Olivier Julien, directeur commercial professionnel Premier Tech Horticulture.

En alternative à l’usage du plastique, encore très utilisé pour des raisons économiques, des feutres à base de laines de mouton (UAB) sont disponibles, avec des grammages de 300 à 600 gr/m2, pour une durée de vie de 18 à 36 mois.

Plaquettes, écorces, paillettes…

Un large panel de paillages s’offre à vous. En premier lieu, tout le monde pense au BRF (Bois Raméal Fragmenté) issu du broyage de vos déchets de taille et d’élagage. Attention cependant : “aujourd’hui, le BRF est devenu synonyme de paillage mais, à l’origine, c’est un produit utilisé pour amender les sols avant la plantation, afin de produire de l’humus. Utilisé en paillage, il va se décomposer très rapidement et se transformer en excellent lit de semences pour la flore spontanée” explique Sébastien Lanibois, responsable commercial pour Agresta. Pour choisir son paillage, il faut se pencher sur ses caractéristiques, afin qu’il soit adapté à la nature du sol, à la végétation installée, à l’aspect esthétique souhaité, tout en privilégiant une ressource locale. Voici donc quelques exemples de paillages biodégradables :
• écorces de pin maritime : principalement dans le sud-ouest de la France et issues d’un processus d’écorçage mécanique, elles proviennent souvent de la valorisation de déchets végétaux. “Contrairement aux idées reçues, elles n’acidifient pas les sols” souligne Olivier Julien. Ce paillage n’est cependant pas recommandé pour les rosiers. Attention également à un risque d’immobilisation d’azote les premières années ! ;
• plaquettes de bois (aulne, pin, peuplier…) : décomposition lente dans le sol et apport de matière organique, amélioration des propriétés et la stabilité de la structure du sol. Disponible en différents calibres en fonction des essences ;
• paillage de chanvre : “obtenu par broyage et battage des tiges de chanvre, il possède un important pouvoir anti-germinatif et une forte capacité de rétention d’eau (400 à 600 %) pour une restitution progressive en fonction des besoins du sol” indique Olivier Julien. Un paillis de chanvre, étalé sur 10 cm d’épaisseur, n’a d’intérêt que s’il est arrosé abondamment dès le début pour former une ’croûte’ en surface et empêcher les adventices de se développer. Petit plus : un aspect blanc esthétique ;
• paillis de lin : de couleur claire et de faible granulométrie, il s’associe à tous types de végétaux aux teintes claires, mais peut présenter une levée de lin. Un arrosage suffit à le maintenir en place ;
• paillettes de miscanthus : les tiges et feuilles de miscanthus broyées permettent d’améliorer la nature du sol sans l’acidifier. Lumineux et esthétique, il fait ressortir la végétation en place ;
• cosses de sarrasin : ce paillage fluide offre une bonne capacité de rétention en eau ;
• coques de cacao : en plus de fournir une protection au sol, les coques de cacao dégageront un parfum de chocolat et orneront les massifs de leur belle couleur noisette ;
• chips de coco : provient de la coque de noix de coco défibrée, broyée, lavée et tamisée (Côte d’Ivoire ou Sri-Lanka). “Une fois répandus au sol, les granulats, qui s’imbriquent les uns dans les autres formant un tapis homogène, retiennent environ 8 fois leur poids en eau. Entièrement biodégradable, présentant un pH neutre, la durée de vie est de 6 ans” rapporte Olivier Julien.
L’épaisseur à installer varie suivant le type de paillage (en général, entre 5 et 10 cm). Pour les annuelles et certaines vivaces, un paillage de 3 cm d’épaisseur est suffisant. Plus généralement, plus un végétal sera grand, plus il tolèrera une épaisseur de paillage importante.

Pour les paillages en vrac, non tissés ou liés, il est conseiller de créer ou poser une bordure en périphérie des massifs, afin d’avoir une épaisseur homogène sur la surface et limiter la dispersion du paillage. Au niveau des collets des plantes, une épaisseur moindre permet d’éviter leur pourriture.

Les toiles et feutres de paillage

Autre offre à disposition, les toiles de paillage compostables et/ou biodégradables, qui empêchent la pousse des adventices en les privant de lumière. Disponibles en rouleau, elles permettent de couvrir des surfaces et linéaires importants, notamment au niveau de terrains accidentés, en forte pente. Elles existent en différentes matières :
• PLA (acide polyactique) : ces feutres sont souvent utilisés pour les surfaces et linéaires importants ;
• chanvre : “Géochanvre est le seul fabricant français à proposer une toile de paillage 100 % en chanvre français. Légères (au maximum 750g/m2), elles sont utilisables en agriculture biologique (UAB) et attestées par Ecocert” explique Sandrine Boudier ;
• laine de mouton : “nous proposons le Thorelaine, feutre de paillage constitué à 100 % de laine de mouton et UAB. Riche en protéines, en matières organiques et en azote, la dégradation lente des fibres de laine constitue un apport naturel assimilé par le milieu” précise Pierre Bléquit, gérant de Sotextho ;
• mélange jute/chanvre : Thorenap de Sotextho est un feutre fibres cardées 100 % végétales naturel et biodégradable (également UAB).
Voilà donc de quoi pailler tous vos massifs, quelle que soit l’esthétique désirée, pour qu’ils nécessitent moins d’arrosage et d’entretien !

Article du numéro de Novembre-Décembre 2019, abonnez-vous

Le compostage biologique à chaud

Dans une logique de recyclage, la production de compost à partir de vos déchets verts (tontes, feuilles, tailles, racines de gazon…) et des déchets alimentaires issus de la cantine scolaire, du marché ou d’un restaurateur local, s’avère “tout bénef’” ! La technique de compostage biologique à chaud permet de réaliser un compost de qualité, en offrant un gain de temps, de place et d’énergie !

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro d’Octobre 2019, abonnez-vous

Production : mutualiser pour optimiser

A Châteauroux, les serres municipales de production, qui fournissaient auparavant uniquement la ville-centre, produisent aujourd’hui pour 6 autres communes de l’agglomération.
Celles-ci profitent ainsi de végétaux de qualité et de précieux conseils édictés par les agents des serres qui exploitent désormais l’intégralité du site de production, optimisant ainsi l’outil horticole.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Août-Septembre 2019, abonnez-vous

Nos buis en danger, comment lutter ?

L’invasion par la pyrale du buis entraîne des destructions massives des formes plantées de buis (haies, topiaires, massifs…). Il s’agit d’être vigilant même en hiver, au moment où la pyrale cesse son activité et s’abrite dans un cocon blanc, installé à la base inférieure des feuilles. A ce moment-là, vous pouvez déjà détruire les cocons (nettoyage, ramassage ou taille, puis brûlage des déchets).

Entre la chenille vorace qu’est la pyrale du buis (Cydalima perspectalis) et les deux maladies cryptogamiques causées par les champignons Cylindrocladium buxicola et Volutella buxi, le buis, emblème du jardin à la française, se trouve sous le joug de multiples menaces. Sa préservation s’avère alors particulièrement difficile, notamment face à la pyrale dont les attaques sont de plus en plus précoces et virulentes.

Depuis des siècles, le buis est utilisé dans nos parcs et jardins historiques, notamment pour ses qualités ornementales et paysagères, sa silhouette structurante et sa propension à la taille. En massifs architecturés ou sous formes de topiaires, les buis ont également été beaucoup plantés dans nos espaces verts publics. Mais voilà : pendant longtemps considéré comme une plante “intouchable”, le buis est désormais à la merci de multiples maladies et ravageurs tenaces, que les hivers de plus en plus doux et les chaleurs précoces tendent à développer encore davantage. De bonnes pratiques culturales et une combinaison des moyens de contrôle des populations et de lutte est alors indispensable pour tenter d’enrayer cette destruction massive des buis, tout en pensant également à diversifier sa palette végétale.

Particulièrement gourmande, la chenille de la pyrale du buis se met en activité dès que la température atteint 18 °C. Des attaques donc de plus en plus précoces chaque année, avec les hivers de plus en plus doux que nous connaissons actuellement.

Des maladies cryptogamiques

Plusieurs champignons s’attaquent aux buis, dont Volutella buxi et Cylindrocladium buxicola, particulièrement problématiques. Ce dernier, arrivé en France depuis 2007, entraîne un dépérissement massif et rapide des buis (Buxus sempervirens, Buxus microphylla et Buxus sinica). Il s’attaque aux feuilles et aux tiges, faisant apparaître sur les jeunes feuilles des taches claires entourées par une décoloration brun-rouge et des taches plus foncées sur les feuilles âgées. Progressivement les taches fusionnent, les feuilles se desséchant et tombant. Sur la tige, des stries brun-foncé à noir peuvent apparaître sur l’écorce. Pour que ce champignon à forte capacité de dispersion se développe, il suffit que les feuilles soient recouvertes d’un simple film d’eau pendant 5 à 7 h et, cela, selon une amplitude thermique de 5 à 30 °C, avec un optimum à 25 °C. Autre atout pour ce champignon : il est capable de survivre plusieurs années dans les débris végétaux et dans le sol au pied des buis, après que les feuilles et rameaux morts soient tombés au sol. De son côté, le Volutella buxi occasionne également des dépérissements foliaires et des lésions sur les rameaux qui débutent depuis les extrémités. Le feuillage jaunit, avant de roussir par touffes, et de petits chancres apparaissent sur les feuilles, suivis d’un amas de spores rose-saumon sur leur face inférieure. Pour prévenir le développement de ces deux champignons, il faut donc bien veiller à enlever toutes les feuilles tombées et à tailler les rameaux atteints, pour ensuite les brûler (pensez à bien désinfecter les outils de taille). Aussi, optez pour un arrosage au pied afin d’éviter de mouiller le feuillage et plantez un peu moins dense afin que les feuilles sèchent plus vite. Éviter le tassement du sol, apporter du paillage et des fertilisants adaptés sont également des moyens de limiter la propagation.

La pyrale du buis, un fléau

Arrivée en France en 2008 et originaire de l’Asie de l’Est, la pyrale du buis est aujourd’hui présente dans tout le pays et cause des dégâts de plus en plus importants. Ce lépidoptère, le Cydalima perspectalis, est un papillon nocturne, dont les chenilles raffolent du buis, entraînant alors, en quelques jours, leur défoliation complète, voire leur mort. S’attaquant à toutes les variétés de buis et pondant jusqu’à 1 200 œufs par femelle, avec 2 à 3 générations par an, la chenille est prolifique. Et elle est d’autant plus virulente que les hivers sont de plus en plus doux, entraînant alors des attaques de plus en plus précoces. Aussi, avec une grande difficulté à limiter l’infestation dans les buxaies naturelles, l’invasion continue à grande vitesse. Ainsi, pour combattre ce ravageur à l’échelle de vos jardins et espaces verts, il est indispensable de combiner les moyens d’actions et d’agir à tous les stades de développement de la pyrale pour que l’offensive soit efficace, tout en sensibilisant la population aux techniques de contrôle et de lutte.

Contrôler sa présence

Tout d’abord, il s’agit d’être vigilant toute l’année et cela même durant la période “d’hibernation” de la chenille : durant l’hiver, la pyrale cesse son activité et s’abrite dans un cocon blanc, installé à la base inférieure des feuilles. A ce moment-là, vous pouvez déjà détruire les cocons (nettoyage, ramassage ou taille, puis brûlage des déchets). D’autres signes annoncent sa présence : des feuilles grignotées, enveloppées de toile, ou encore de petites boulettes de couleur verte ou marron au sol. Contrôler leur présence dès février, avant leur réveil, permet ainsi de prévoir d’éventuels traitements ultérieurs. La pyrale reprend ainsi son cycle d’activité dès qu’il fait suffisamment chaud : une température moyenne de 18 °C lui suffit. Selon les régions, on peut ainsi observer dès mars, de petites chenilles de 4 cm de long maximum, avec une tête noire et luisante et un corps vert clair strié longitudinalement de bandes vert foncé. Vers avril-mai, la chenille se transforme en papillon et s’accouple ensuite fin mai avec, bien sûr, des variations selon les régions, le cycle s’établissant ainsi sur 28 à 32 jours. On observe de ce fait des pics en avril, juillet/août et parfois septembre, ce qui nécessite une attention permanente pendant ce laps de temps. Ainsi, il est bien d’installer des pièges à phéromones femelles (hormones de synthèses en quantité importante) qui attirent les papillons mâles, de mars à octobre. Couramment, les pièges se présentent sous forme de contenants plastique accueillant les phéromones (à renouveler tous les mois), accompagné d’un liquide dans lequel se noient les papillons. Certains pièges, comme celui de Nufarm, offrent une durée d’efficacité de 90 jours, grâce à une microcapsule en cire qui protège les phéromones et se dégrade progressivement au contact de l’air. Des pièges secs sont également à disposition pour éviter de devoir nettoyer régulièrement les dispositifs, comme le BUXatrap développé par Koppert France en partenariat avec l’INRA. A savoir qu’il a été observé qu’un piège attire plus de pyrales, papillons de nuit, lorsqu’une source lumineuse nocturne se trouve à proximité du buis infecté.

Traiter par lutte biologique

Il s’agit ensuite de traiter les buis dans les 8 à 10 jours succédant les premiers vols de papillons et cela, par des interventions raisonnées. Pour cela, plusieurs produits de biocontrôle homologués ou UAB (Utilisables en Agriculture Biologique) sont à votre disposition. Ils sont pour la plupart composés à base de bactéries naturellement présentes dans le sol à l’image du ConserveTM (AMM 2060132) proposé par Nufarm et homologué UAB, qui est issu de la culture des bactéries Saccharopolyspora spinosa, ensuite fermentées. Comme tous produits phytopharmaceutiques, le traitement doit être réalisé par temps sec. Une autre bactérie entomopathogène, Bacillus thuringiensis, est utilisée sur le même principe, à l’image du ‘Bactura DF’ de Koppert France qui, en étant aspergé sur les feuilles (en mélange avec de l’eau), libère des molécules qui tuent la chenille une fois les feuilles ingérées. Les traitements doivent être répétés au moment des vols de pyrale, soit en avril, juillet/août et même parfois septembre. Autre solution de biocontrôle, cette fois-ci avec des macro-organismes : l’utilisation de trichogrammes, petits insectes parasitant les œufs des pyrales du buis. Le traitement est à réaliser au moment de la ponte en avril, en juin-juillet, voire en septembre, afin de diminuer la concentration de larves, et doit être couplé aux autres moyens de prévention et de lutte présentés. La présence de mésanges peut aussi s’avérer efficace (installation de nichoirs à mésange pour les sédentariser chez vous avec, idéalement, un point d’eau à proximité) : un couple et des petits consomment jusqu’à 200 chenilles par jour, ce qui est loin d’être négligeable pour lutter contre cette chenille vorace !

Des espèces qui n’ont rien à envier au buis !

Il existe plusieurs arbustes à utiliser en alternatives aux buis, avec un comportement et une propension à la taille similaires. On retrouve ainsi le thym (Thymus vulgaris) et le fusain (Euonymus japonica ‘Microphyllus’, pour climat doux) qui ont été plantés pour recréer les broderies des jardins de Chambord, historiquement composées de buis. Attention cependant aux fusains qui sont une cible privilégiée des cochenilles. Mais aussi le Teucrium flavum et Teucrium lucidrys, parfaits en bordures basses, pour sols secs et maigres, avec une hauteur maximum de 40 cm. Aussi, on peut utiliser Satureja montana (qui sent bon), Pittosporum tenuifolium ‘Golf Ball’ pour les pots et vasques ; Ilex crenata (régions tempérées à sol neutre ou acide), les myrtes, Prunus laurocerasus

Article du numéro de Juin-Juillet 2019, abonnez-vous

Terreaux de fleurissement, optimiser les floraisons !

Le fleurissement des villes constitue aujourd’hui l’un des enjeux de la valorisation de l’espace public, l’amélioration du cadre de vie et l’introduction du végétal en ville. Mais pour assurer
le bon développement des végétaux et obtenir une floraison abondante et soutenue, le terreau choisi doit notamment posséder une structure aérée et une bonne capacité de rétention en eau.

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Mai 2019, abonnez-vous

Bacs, suspensions et autres contenants : économiser l’eau !

Éléments incontournables de l’espace public, les bacs, suspensions et autres jardinières permettent de fleurir les collectivités lorsque le fleurissement en pleine terre n’est pas envisageable. Pour assurer leur pérennité dans le temps, plusieurs solutions d’arrosage existent,
à la fois précises, économiques et performantes !

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro d’Avril 2019, abonnez-vous