Des bacs à planter, tout en simplicité !

© Ville de La Motte-Servolex
Dans une logique de recyclage, la création de bacs plantés peut permettre de réutiliser des matériaux, à condition, bien sûr, qu’ils soient non traités et non pollués.

On en voit “pousser” un peu partout dans nos villes et nos villages : les bacs à planter surélevés, qui accueillent souvent des plantes potagères, tiennent une place de choix dans les cours d’école, les jardins partagés ou les espaces publics. Véritables supports pédagogiques,  ils sont un beau moyen pour sensibiliser petits et grands aux bonnes pratiques de jardinage  et favoriser le lien social.

Face à une demande grandissante de la part des citoyens de se rapprocher de la nature et de la terre, de jardiner et de cultiver leurs propres légumes et fruits, les carrés potagers trouvent un intérêt de plus en plus fort. Pour répondre aux besoins des habitants, mais aussi pour favoriser le lien social autour de choses saines que sont le jardin et les plantes, les communes sont ainsi de plus en plus nombreuses à créer ou à financer des bacs potagers à destination des riverains, ainsi que des écoles pour sensibiliser les tout-petits à la nature. Ces bacs, la plupart du temps constitués de bois, peuvent alors être créés en régie par les agents, notamment lors des périodes plus creuses d’activité. Ils peuvent également être réalisés dans le cadre d’ateliers pédagogiques animés par les services techniques communaux, avec des enfants, une association, des personnes handicapées… Enfin, des solutions prêtes à poser existent pour faciliter la mise en place de ces bacs jardinés.

© Carré Serre. Les bacs livrés en kit sont très faciles d’installation, à l’image de ces lames de bois à encoches fixées les unes aux autres sans clous ni vis. A noter que si vous choisissez un carré “sur pied”, pour élever la table de culture, il faut veiller à ce que les poteaux de renfort reposent sur un sol stabilisé, afin d’éviter toute déformation future du carré.

Construire ses propres bacs à planter
La mise en place de bacs plantés peut naître d’une volonté municipale, d’une initiative des enseignants des écoles maternelles ou primaires du village, d’associations ou encore d’habitants motivés et engagés pour créer des espaces de rencontre autour du végétal. Dans tous les cas de figure, il est bien pour une commune d’impulser la dynamique en réalisant ou en finançant les premiers bacs plantés. Pour créer ces carrés surélevés, plusieurs éléments sont à prendre en compte :
• il n’y a pas de règles sur les dimensions ou la forme de ces bacs, qui peuvent être de forme rectangulaire ou carrée (les triangles ou cercles sont moins faciles à mettre en œuvre !). Le tout est que leur hauteur soit adaptée au public ciblé : à hauteur de bras des petits enfants si le bac est installé dans une cour d’école, à plus ou moins 10 cm de la hauteur d’assises des fauteuils roulants si les carrés sont accessibles aux personnes à mobilité réduite… ;
• concernant les matériaux, le bois est le plus utilisé car moins cher que les autres matériaux et s’intégrant facilement aux espaces paysagers. Il est cependant primordial qu’il soit non traité et au moins admis en classe 3 afin de résister aux intempéries, à l’humidité et aux champignons. Dans une logique de développement durable, favorisez du bois classé PEFC ou FSC et, dans la mesure du possible, provenant de scieries locales. Bien sûr, vous pouvez utiliser d’autres matériaux, à condition que, là aussi, ils ne soient pas traités ou pollués ;
• enfin, l’épaisseur des planches est à adapter selon le volume de terre que contiendra le bac créé : les planches doivent être suffisamment épaisses afin d’assurer un bon maintien de la terre.
Concernant l’installation, la plupart du temps les bacs sont tout simplement posés au sol, sans besoin d’ancrage particulier. A l’instar des bacs créés par les jardiniers de La Motte-Servolex, en Savoie. “Nous avons construit plusieurs bacs plantés installés, par exemple au niveau des jardins partagés ou de ronds-points au fleurissement thématique. Les parois sont en bastaings de mélèze provenant d’une scierie locale. Les éléments sont fixés entre eux par des équerres aux coins (une tous les 40 cm de haut environ), ce qui évite l’utilisation de tasseaux. Ensuite, il n’y a plus qu’à poser la structure au sol, sur un terrain nivelé, et fixer (par clous ou agrafes) un géotextile sur l’intérieur des planches pour protéger le bois de l’humidité. Concernant le remplissage, lorsque les bacs sont assez hauts (1,20 m), nous apportons du broyat de tailles sur les 50 premiers cm, puis complétons par du compost sur les 70 cm restants” explique Jean-Luc Ville, responsable du service espace vert de La Motte-Servolex.

© Ville de La Motte-Servolex. À la Motte-Servolex, les bacs à potager sont construits de façon très simple : des bastaings de mélèze sont fixés les uns aux autres par des équerres d’angle. Un feutre géotextile est ensuite ajouté pour protéger le bois de l’humidité de la terre.

Des bacs “tout-fait” et des kits prêts à monter
Nombreuses sont les communes qui investissent dans des bacs à planter déjà “tout-fait” ou livrés en kit. Cette option peut être prise lorsque le temps ou les moyens humains viennent à manquer. Aussi, comme c’est le cas à Sainghin-en-Mélantois, commune située à côté de Lille, c’est pour être sûr d’utiliser du bois non traité. “En effet, souvent les bacs sont réalisés avec des matériaux recyclés, comme du bois de palette. Pourtant, celui-ci est traité, avec des risques de contact entre résidus chimiques et cultures comestibles, et donc d’ingestion” explique Frédéric Leconte, responsable des espaces verts de Sainghin-en-Mélantois. Sous l’impulsion d’une habitante engagée dans l’association ‘Incroyables Comestibles’, qui promeut une agriculture urbaine à partager pour tous, huit bacs à planter, prêts à monter, ont été installés sur différents espaces verts fréquentés de la ville. “Pour encourager cette initiative, qui invite les habitants à jardiner l’espace public, la commune a financé les trois premiers bacs. Les cinq suivants ont été financés par la Métropole Européenne de Lille, suite à un dossier préparé par l’association et appuyé par notre service. Ce sont les bénévoles qui ont mis en œuvre les bacs, nos services ayant stocké puis fourni le matériel nécessaire à la construction. A l’image du broyat de bois installé en sous-couche du bac, des déchets de tonte (4/10e) et de la terre végétale (6/10e) qui, mélangés, assurent un substrat fertile aux plantes potagères” poursuit Frédéric Leconte.
Le choix de bacs par la commune de Sainghin-en-Mélantois s’est alors porté sur ceux de la société “Mon petit potager” qui propose toute une gamme de solutions pour les potagers, fabriquées 100 % en France (région Auvergne-Rhône-Alpes) et 100 % naturelles. “Les carrés potagers sont composés de lames de douglas français sans traitement, certifié PEFC et admis en classe 3 sans traitement. Ceux choisis par Sainghin-en-Mélantois sont nommés les ‘Keyhole Garden’ : ce concept, venu d’Afrique, combine la permaculture et le recyclage des biodéchets en proposant, au centre du bac, un composteur en acier galvanisé. Ainsi, les écoles ou habitants y mettent leurs biodéchets qui diffusent les nutriments et l’humidité nécessaire à l’ensemble des plantations, créant alors un sol vivant et hyper-fertile” précise Olivier Bachelot, directeur commercial jardin de “Mon petit potager”. Avec une pluviométrie de plus en plus faible chaque été, ce concept est alors plus qu’intéressant en permettant de limiter les apports en eau. Disponible du plus petit au grand modèle, le ‘Keyhole Garden’ est facile d’installation (feutre géotextile, angles en acier galvanisé et guide d’utilisation compris), sans nécessiter ni clous, ni vis, et est garanti 3 ans.
Un autre dispositif ingénieux de bacs a été développé par l’entreprise “Carré Serre” et décliné sur toute la gamme proposée 100 % fabriquée en France, à partir de bois thermo-modifié pour le rendre imputrescible (produits garantis 5 ans). “Nos carrés se montent très facilement à partir de lames de bois à encoche. Des plaques plastiques installées au contact des parois permettent de les protéger de l’humidité. Ce système offre un large choix de combinaisons possibles, avec des hauteurs variables selon l’âge des enfants ou l’utilisation par des personnes en fauteuil roulant (maisons de retraite, IME, EPHAD…). Chaque bac est livré avec une plaque en polycarbonate, qui joue le rôle de serres, pour une mise en culture plus précoce ou tardive” ajoute Nicolas Brulard, responsable de Carré Serre. En parallèle, la société propose un véritable service d’accompagnement pédagogique (animations, formation des instituteurs, intégration du jardinage dans les programmes éducatifs, manuel d’accompagnement pour des cultures adaptées à l’absence d’entretien pendant les vacances d’été…), ainsi que tous les produits associés pour un projet durable (substrat de qualité, irrigation avec des Olas…).

© Mon petit potager. Des bacs à planter livrés en kit sont disponibles, à l’image du ‘Keyhole Garden’ qui intègre, en son centre, un bac composteur en acier galvanisé, mêlant alors recyclage des biodéchets et permaculture.

Où les installer ?
Ces bacs peuvent être installés un peu partout dans les espaces verts de votre commune, pourvu qu’ils soient de taille suffisante pour accueillir plusieurs personnes à la fois, le but étant de fédérer les habitants autour d’un projet commun. Aussi, comme le précise Frédéric Leconte : “il est bien de les installer dans des lieux de passage afin qu’ils soient visibles, comme à proximité d’une aire de jeux, près de la mairie ou de l’école primaire. L’intérêt est que les gens participent et se servent. En les installant sur le domaine public, nous pouvons contrôler les installations, l’entretien et la propreté du site. Ainsi, en fin de saison, si l’on voit que le carré potager est un peu laissé à l’abandon, nous contactons l’association pour qu’ils puissent être nettoyés rapidement”.
Dernier point : si vous pensez que l’endroit choisi pour installer un bac potager n’est finalement pas le plus adapté, l’atout de ces structures est qu’elles peuvent être déplacées sur un autre site (excepté les ‘Keyhole Garden’), sans avoir eu à labourer le terrain pour rien !

 

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