Il s’agit d’associer des vivaces aux intérêts saisonniers différents pour un embellissement toute l’année. Ici des géraniums sanguins sont accompagnés par des Euphorbia amygdaloides.

Végétaliser les pieds d’arbres fait aujourd’hui partie des pratiques durables et efficaces pour maîtriser ses coûts d’entretien tout en offrant des avantages multiples : infiltration des eaux de pluie, aération du sol, développement de la biodiversité…
Les plantes vivaces sont alors l’une des meilleures solutions en offrant de surcroît des espaces publics plus agréables et plus verts.

De nombreuses communes, que ce soit en milieu urbain comme rural, ont fait le choix de planter des vivaces aux pieds de leurs arbres. Ce choix est tout réfléchi : en optant pour des espèces compétitrices, au comportement couvre-sol, le désherbage fastidieux et répétitif de ces micro-espaces n’est plus qu’un lointain souvenir, avec seulement deux passages à prévoir par an pour contrôler, nettoyer, désherber, voire tailler. Une gamme végétale développée est à votre disposition, où les persistants sont privilégiés pour leurs intérêts au fil des saisons. Avec des feuillages graphiques, il s’agit alors de jouer avec leurs couleurs, formes, densités, textures…
Des conditions difficiles, des espèces résistantes
Les pieds d’arbres sont des surfaces sous contraintes : piétinement, tassement dû au passage de véhicules, sel de déneigement toxique pour la majorité des végétaux, absence d’arrosage, pollution… Le sol y est également souvent ingrat : compacté et séchant, souvent hétérogène, en concurrence avec le système racinaire des arbres, couramment ombragé… Il s’agit alors de choisir des espèces résistantes à la sécheresse, compétitrices et rustiques s’adaptant à ces conditions difficiles, afin de concurrencer au plus vite les adventices et de limiter ainsi le désherbage. Bien sûr, celles-ci doivent être adaptées au climat local, à la nature du sol et à l’exposition semi-ombragée ou ombragée qui dépend principalement de la hauteur du houppier (plus haut en ville et donc zone plus ensoleillée en pied d’arbre). Pour un entretien réduit tout au long de l’année (désherbage et propreté), il est recommandé de planter au moins la moitié en persistants : c’est eux qui assureront la présence permanente de végétation au pied de l’arbre. Enfin, il est bien d’associer plusieurs vivaces ensemble qui présentent différents intérêts selon les saisons (feuillages, floraisons, fructifications) afin que, en plus d’être ‘pratique’, cette végétalisation soit esthétique et attire l’œil des passants et automobilistes, participant alors à l’embellissement global de votre commune.

La plantation de vivaces en pied d’arbres présente de nombreux avantages : infiltration de l’eau de pluie, désherbage et nettoyage limité, plus-value esthétique, protection du collet…

Une diversité de vivaces
Voici donc quelques essences particulièrement adaptées aux conditions difficiles de pieds d’arbres, pour un investissement durable et une végétalisation pérenne de ces surfaces. Tout d’abord, voici une sélection de Thierry Simier, gérant des pépinières éponymes, qui nous propose des valeurs sûres pour sol séchant :
• Cerastium ‘Tapis d’Argent’ : persistante, bon couvre-sol qui se pare de jolies petites fleurs blanches de mai à juillet ;
• Ceratostigma plumbaginoïdes : caduc, pourvu de jolie fleurs bleues de août à octobre (H : 25-30cm). A éviter en pH acide ;
Delosperma cooperi : persistante, floraison mauve de juin à septembre (H : 10 cm), fonctionne en fosse de plantation continue, pas à proximité immédiate du système racinaire de l’arbre ;
• Erigeron karvinskianus : caduc, jolie floraison de mai à octobre (H : 30 cm) ;
• Euphorbia cyparissias : caduc (H : 30 cm) ;
• Geranium macrorrhizum : l’incontournable géranium vivace à la floraison abondante ! ;
• Helianthemum ‘Ben Mohr’ ;
• Stachys byzantina : couramment appelée oreille d’ours, persistante, très rustique (H : 60 cm).
De leur côté, les Pépinières du Buyet nous proposent une belle liste, entamée par Jean-Jacques Bouchut, ancien gérant qui nous a quitté au printemps dernier, et complétée par sa fille Mathilde Bouchut qui poursuit l’aventure familiale, avec des espèces répondant à tous ces critères :
• Acaena microphylla ‘Kupferteppich’ : persistante, tapis de 10 cm de haut, couvre rapidement les sols secs, voire caillouteux ;
• Achillea crithmifolia : tapis vert gris persistant de 10-15 cm, à floraison blanche estivale, pour exposition ensoleillée ;
• Anacyclus pyrethum var. depressus : persistant, fleurs en petites marguerites, craint l’humidité (H : 10 cm) ;
• Chamaemelum noble ‘Treneague‘ : cette camomille romaine est très tapissante (H : 5 cm), ne fleurit pas et résiste aux embruns ;
• Prunella grandiflora : persistante à floraison violette de 20 cm de haut, supporte le sec de façon passagère ;
• Phyla nodiflora var.canescens : excellent couvre-sol, dense et bas (H : 3 cm), très vigoureuse avec de petites fleurs de mai à août.
Mais aussi Frankenia laevis (pour exposition ensoleillée), Geranium ‘Biokovo’, ‘Karmina’ ou ‘Cambridge’ (pour sols plus frais) ; Hedera ‘Algerian Bellecour’, ‘Glacier’, ‘Starck’ et ‘Little Diamond’ ; Helianthemum ‘Ben Hope’ (persistante) ; Herniaria glabra (résiste très bien au piétinement) ; Teucrium lucidrys (sols maigres et secs, beau feuillage) ; Veronica filiformis, Vinca Acutiloba (une des rares couvre-sols capable de résister sous des cèdres où le sol est très acide) ou encore Waldsteinia ternata ou W. geoides (pour zone ombragée et résistant bien à la sécheresse).

L’Ellisophyllum pinnatum est une plante parfaite pour les pieds d’arbres frais et ombragés : avec un fort pouvoir couvrant, elle forme un beau tapis parsemé de petites fleurs blanches durant l’été.

Pour l’ombre et la mi-ombre
Guilhem Bost, directeur des pépinières Lepage, présente des espèces vivaces pour des situations de mi-ombre et d’ombre, avec un choix un peu plus large. Sur sol frais, les Carex au système traçant se développent bien (Carex oshimensis ‘Fiwhite’, Carex morrowii ‘Mosten’ ou ‘Irish Green’) tout comme l’Ophiopogon japonicus, au feuillage ressemblant à celui d’une graminée. De nombreuses vivaces persistantes ou semi-persistantes sont également à disposition et offrent comme avantage un entretien léger : suppression en fin de saison de toutes les parties sèches de la plante, telles que les heuchères ou le Brunnera macrophylla (très robuste au joli feuillage décoratif). Les Epimedium sont d’autres alliés de poids, car très résistants et dotés d’une bonne concurrence racinaire (Epimedium verticolor ‘Sulphureum’ aux jolies couleurs printanières et automnales, ou encore Epimedium cantabrigiense ou ‘Frohnleiten’). Les Liriope sont intéressants en couvre-sols : Liriope spicata aux touffes denses à souche traçante, Liriope muscari ou encore Liriope purpureum, tout comme le genre Tiarella (T. wherryi ou T. ‘Running Tiger’).
Sur les sols un peu plus frais, on peut planter Lamium maculatum ‘Chequer’s’, Lamiastrum galeobdolon ‘Hermann’s Pride’, Frageria vesca, Buglossoides purpurocaerulea ou encore Galium odoratum. Enfin, une petite nouvelle : Ellisiophyllum pinnatum. Elle aime des sols frais en situation ombragée et couvre rapidement le sol d’un beau tapis vert recouvert de petites fleurs blanches de juin à septembre.
Voici donc un beau panel de plantes vivaces adaptées à la végétalisation des pieds d’arbres. Pour limiter encore davantage le désherbage, vous pouvez pailler vos plantations ce qui, de plus, préservera une certaine fraîcheur en pied d’arbres (attention cependant aux possibles pourritures !).

Les géraniums vivaces, qui se développent en beaux tapis fleuris, sont une bonne solution pour les pieds d’arbres, à la fois esthétique et pratique (ici Geranium ‘Cambridge’).

Des avantages nombreux !

• Plus-value esthétique, avec un couvert végétal quasiment toute l’année ;
• désimperméabilisation des surfaces et infiltration
de l’eau de pluie ;
• maintien de l’humidité du sol limitant ainsi l’arrosage ;
• désherbage très limité ;
• aération du sol grâce aux bactéries aérobies et aux insectes ;
• limitation du compactage du sol grâce à la présence des racines des vivaces et à l’absence de piétinement des fosses de plantation par les piétons ;
• augmentation de la biodiversité par l’accueil de la faune et de la flore ;
• nettoyage des détritus limité par la densité de couverture du sol ;
• limitation des dégâts au collet et au tronc causés par le passage
de la débroussailleuse en cas d’engazonnement.

Les Delosperma cooperi, lorsqu’ils ne sont pas en concurrence directe avec le système racinaire comme ici, font très bien le travail sous un alignement d’arbres en bord de voirie.

Article du numéro de Février 2019, abonnez-vous

Des vivaces pour vos pieds d’arbres

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