© F.Guyomar

Parce que les économies d’eau et le rafraîchissement urbain,
par l’intermédiaire du végétal, sont au cœur des enjeux actuels,
les agents des collectivités ont tout intérêt à installer,
dans les règles de l’art, des systèmes d’arrosage automatique.
A commencer par la mise en place de dispositifs de surface
en goutte-à-goutte, dont voici les principaux conseils d’ordre technique.

Dispositions avant installation

Avant d’installer un système en goutte-à-goutte, plusieurs dispositions sont à prendre en compte :
– contrôler et mesurer les capacités du réseau sur lequel se piquer pour alimenter l’installation, à savoir :
• connaître la nature du réseau à connecter et mesurer son diamètre pour choisir des raccords adaptés ;
• calculer le débit disponible à l’aide, par exemple, d’un seau dont on connait précisément le volume et d’un chronomètre ;
• mesurer la pression du réseau statique à l’aide d’un manomètre.
– mettre en œuvre le système d’irrigation en prenant en compte les données du piquage (déterminées précédemment) et les caractéristiques suivantes :
• l’analyse du terrain. Il s’agit de repérer les dénivelés et de prendre en compte les coefficients de rugosité des tubes, l’éloignement du regard par rapport au piquage… qui influencent les pertes de pression. En général, une pression comprise entre 2 et 2,5 bars est idéale pour le bon fonctionnement d’un système en goutte-à-goutte. Si la pression est inférieure à 1,5 bar, il faudra envisager un surpresseur, ou alors diminuer le diamètre des canalisations en considérant la réduction importante du débit ;
• la mesure du débit des surfaces à irriguer et la densité des plantations. Pour des plantations denses, il faudra plutôt opter pour des tuyaux à goutteurs intégrés, en privilégiant des produits dont la qualité et la fiabilité sont reconnues (exemple : les solutions proposées par la société Netafim). Cette technologie favorise un développement racinaire étendu, qui permet aux nouvelles plantations de mieux résister à la sécheresse dans le temps. Ce système est parfait pour arroser des massifs bien denses avec des végétaux dont les besoins en eau sont proches.

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Par ailleurs, pour des massifs à fort dénivelé, les tuyaux situés au point bas débiteront beaucoup plus d’eau que ceux situés à proximité du point haut. Une problématique qui se rencontre également pour des lignes dont les longueurs sont importantes. Pour ces configurations, des tuyaux à goutteurs autorégulants existent et permettent de générer un débit constant d’un bout à l’autre des lignes, indépendamment des variations de pression. Sur ces tuyaux, le calcul du débit sera cependant un peu moins précis.
Exemple pour un massif planté de 100 m². Prenons des lignes écartées de 60 cm (écartement moyen recommandé), dont les goutteurs intégrés sont espacés de 30 cm, avec un débit individuel d’1,6 L/h. Pour 1 m² de surface à irriguer, nous avons donc, après une règle de trois, environ 1,7 ml de tuyau/m². Donc 170 ml à installer pour 100 m². Une fois ce premier résultat obtenu, on va maintenant chercher à déterminer le nombre de goutteurs théoriques sur le secteur : 170 (ml de tuyau) x 3,33 (nombre de goutteurs/ml) = 566 goutteurs pour 100 m².

Donc 566 x 1,6 (débit des goutteurs) = 905 L/h. Par conséquent, le réseau primaire devra avoir un débit nettement supérieur à celui calculé pour assurer la bonne irrigation des plantations. Pour des plantations très espacées, il faudra privilégier le goutteur rapporté, tel que le Netafim PC Junior, à piquer sur un tuyau standard.
Ce système permet d’économiser de l’eau en localisant précisément l’arrosage au pied de chaque plante. Son installation sera néanmoins fastidieuse et chronophage, et les nombreuses manipulations que son installation requiert augmentent les risques de fuite par désolidarisation des goutteurs avec le tuyau. On peut aussi lui reprocher un développement racinaire moins étendu. On notera aussi que le calcul du débit est simplifié, il suffira simplement de cumuler les débits des goutteurs à mettre en œuvre.

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Raccords canalisations et connexions électriques

Le déploiement du réseau primaire (entre le piquage et le regard) et du réseau secondaire (après l’électrovanne du regard jusqu’aux lignes de goutteurs) nécessite quelques précautions :

– utiliser des canalisations PEHD de qualité certifiées 16 bars (bandes bleues) pour le réseau primaire, et 10 bars (bandes blanches) pour le secondaire. Les raccords ont aussi une importance cruciale, leur fiabilité et facilité de mise en œuvre sont à étudier ;
– contrôler et tester les équipements contenus à l’intérieur du regard, qui vont protéger, réguler et piloter l’irrigation. Leur dysfonctionnement aura des conséquences graves sur l’évolution à court terme de l’aménagement. C’est pourquoi, il convient d’installer un filtre (exemple : modèle Arkal de Netafim) et un régulateur de pression (exemple : modèle Planet de Netafim) avant l’électrovanne pour la protéger de manière efficace. Concernant les électrovannes, il est aussi important de préciser qu’elles n’ont pas qu’une simple fonction de gestion de l’eau sur des plages horaires déterminées elles permettent aussi de sectoriser l’aménagement dans le cas d’un débit trop faible du réseau d’alimentation, ou pour s’adapter à des besoins en eau différents en fonction des végétaux présents, de l’exposition…

Autre conseil : la mise en œuvre de téflon est nécessaire sur les filetages des éléments en plastique à connecter. Si l’agent du service espaces verts opte pour un programmateur à pile 9 V, il sera généralement positionné directement dans le regard, et son installation ne nécessitera pas de protection électrique. Dans le cas d’un programmateur 230 V, le jardinier doit s’entourer d’un électricien (issu peut être de la régie communale) afin de protéger le programmateur avec un disjoncteur de 30 mA dédié ;

– réaliser des tranchées dans les règles de l’art :
• réseau primaire (toujours sous pression) : 80 cm de profondeur (pour des sections de tube de 20 à 50 mm), 30 cm de largeur (égale à celle d’un godet) ;
• réseau secondaire (sous pression lors de l’arrosage) : 60 cm de profondeur. Remplissage identique au réseau primaire ;
• il est conseillé de maintenir les tranchées ouvertes après le raccordement des tubes PEHD pour les mettre sous pression afin d’observer et de réparer les éventuelles fuites avant le remblaiement ;
• le remblaiement des tranchées s’effectuera lui aussi suivant les règles de l’art, à savoir avec un enrobage en sable 0/6 autour des tubes. Le déroulement d’un grillage avertisseur de couleur bleue, à 20 à 30 cm au-dessus de la génératrice supérieure du tube, est nécessaire, ainsi qu’un compactage du remblai jusqu’à la surface par couches successives de 20 cm d’épaisseur.

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Pose des lignes de goutteurs

A leur extrémité, les canalisations secondaires remontent en surface. Suivant les dimensions du massif à irriguer, on allongera le tuyau à l’aide d’un Té ou d’un coude dans le sens de la largeur du massif (à -10 cm du sol fini) pour disposer une ‘clarinette’ et installer des colliers de prise en charge. Leur rythme déterminera l’écartement entre les lignes de tuyau goutte à goutte, 60 cm étant l’écartement standard conseillé. Le jardinier déroulera ensuite les lignes de tuyau suivant la forme d’un peigne qui constituera la rampe d’irrigation. Pour les longueurs de lignes maximales, il faut se référer aux fiches techniques des tuyaux utilisés fournies par le fabricant. Les lignes, assemblées par des raccords à serrage externe, sont maintenues au sol à l’aide d’agrafes. Les ‘zigzags’ sont à éviter !

 

Goutte-à-goutte : comment installer un réseau en surface ?

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