©Ville de Narbonne
Pour les pelouses ou les massifs durables nécessitant peu d’interventions, l’installation de goutte-à-goutte enterré permet de faire des économies d’eau de l’ordre de 30 à 70 % face à un système d’aspersion. Un investissement à réfléchir en termes de coût global !

La gestion de la ressource en eau, bien commun, est une problématique majeure. Directement affectée par la hausse de son prix et par les arrêtés préfectoraux de sécheresse qui se multiplient en période estivale et se prolongent parfois jusqu’en hiver, l’eau doit être préservée et économisée. Pour ce faire, divers moyens sont à votre disposition, entre infiltration, récupération des eaux de pluie, gamme végétale peu gourmande en eau, paillage et dispositifs d’arrosage adaptés à chaque situation.

Il est aujourd’hui essentiel (voire obligatoire !) que les communes mettent en œuvre une série de mesures pour économiser
la ressource en eau. La hausse de son prix et les sécheresses répétées de ces dernières années devraient facilement
vous en convaincre. Résolument ancré dans les problématiques actuelles de changement climatique, le label Villes et Villages Fleuris intègre ainsi un critère important sur les actions menées en faveur de la ressource en eau. Ainsi, lors de leur passage estival pour visiter les communes, les jurés départementaux, régionaux ou nationaux, sont sensibles à la pertinence des actions menées par l’équipe municipale pour économiser la ressource en eau, en fonction
de la caractéristique des espaces et de leur vocation. Pour élaborer une stratégie globale et durable de gestion de l’eau, il s’agit
alors de se poser les questions suivantes : quelles actions
ont été mises en œuvre pour économiser l’eau ? Favorisons-nous l’infiltration des eaux de pluie ? De quelle manière limite-t-on
nos consommations ? Adaptons-nous les techniques d’irrigation (goutte-à-goutte, asperseurs, cuves…) en fonction de la typologie des espaces ? D’où provient l’eau que nous utilisons ? Voici des pistes pour y répondre…

Favoriser l’infiltration des eaux de pluie

Pour préserver la ressource en eau, la première chose est de favoriser son retour à la terre, autrement dit son infiltration.
A l’échelle d’une commune rurale, cela signifie qu’idéalement
la proportion de surfaces perméables (forêts, bosquets, champs, haies, mares, parcs, jardins, pelouses, prairies, massifs…) doit être supérieure aux surfaces de sol imperméable. Cela se concrétise
à travers une politique volontaire d’urbanisation maîtrisée,
qui limite la destruction de milieux naturels et agricoles
Pour des milieux péri-urbains ou urbains, les permis de construire doivent imposer une proportion minimum d’espaces verts
sur les parcelles constructibles. A l’échelle de lieux-dits
ou de quartiers, il est bien de réserver des surfaces pour la création d’espaces verts de proximité. Enfin, cela se traduit à une échelle micro-locale : surfaces de stationnement engazonnées
ou drainantes, fosses d’arbre plantées de belles dimensions, massifs de pleine terre, cheminements semi-perméables, chaussées drainantes, noues d’infiltration… Tous ces gestes permettent
de réapprovisionner la nappe phréatique et de reconstituer
les réserves en eau du sol, ensuite disponibles par les plantes.
Un sol vivant et de bonne qualité (structure aérée et texture grumeleuse) favorisent aussi la captation de l’eau, ainsi que du CO2 !

©Ville de Saint-Paul-lès-Dax
Favoriser l’infiltration des eaux de pluie, partout où cela est possible, telle devrait être la devise de toutes les communes aujourd’hui. Ici, une noue paysagère limite la surface imperméable du parking et récupère les eaux de pluie avant infiltration dans le sol.

Une gamme végétale adaptée

Il est important de choisir ses végétaux en fonction
des caractéristiques pédoclimatiques (sol et climat)
de votre commune. Par exemple, c’est un non-sens de planter
un rodgersia dans une rocaille sous un climat méditerranéen :
cela nécessitera d’importants apports en eau. Pour limiter
les arrosages, les espèces locales sont toutes trouvées, en ayant développé des stratégies d’adaptation à leur environnement.
Avec le changement climatique, certaines plantes originellement présentes en Méditerranée peuvent également être installées,
à condition qu’elles soient rustiques si votre climat est gélif.
C’est ainsi que l’on retrouve de plus en plus d’espèces telles
que les thyms, romarins, immortelles, santolines, lavandes…
qui, par ailleurs, conviennent bien à des sols pauvres, secs
et difficiles d’îlots routiers, de cimetières…
Quant au fleurissement, celui-ci doit évoluer vers des compositions plus durables. Cet été, plusieurs villes ont avoué avoir dû arracher leurs massifs d’annuelles face aux arrêtés préfectoraux
de sécheresse. En effet, les annuelles, qui fleurissent l’été,
sont gourmandes en eau : ainsi, de nombreuses communes diminuent leurs points de fleurissement annuel, pour les réserver aux lieux stratégiques de la commune (entrées et centre du village, mairie, équipements…). Sur ce point, les compositions hors-sols
sont totalement dépendantes de l’arrosage manuel ou automatisé.
Il est donc judicieux de limiter leur nombre et d’investir
dans des contenants à réserve d’eau et au volume plus important
(la terre de petites jardinières sèche plus vite que dans un grand bac). Ainsi, plus on a de surfaces en pleine terre, où les plantes
ont accès à l’eau du sol, mieux c’est !

© Sebico
Les cuves enterrées, en polypropylène ou béton, permettent de stocker des volumes importants d’eaux de pluie, permettant parfois une autosuffisance pour l’arrosage. Cuves à l’air libre, bassin de rétention ou structures alvéolaires sont d’autres moyens pour stocker les eaux pluviales.

Le paillage

Bien connu de tous, le paillage est un des outils pour faire
des économies d’eau, en limitant l’évaporation de l’eau du sol.
Qu’il soit minéral, végétal, biodégradable ou sous forme de bâche,
il est un véritable allié pour le jardinier. De plus, toujours
dans une logique d’économie, vos déchets de taille et d’élagage peuvent être réutilisés sous cette forme après broyage.
Par ailleurs, cela favorisera la vie du sol, participant à une meilleure assimilation de l’eau ! Une pratique “tout bénéf’”, durable
et économique.

Récupérer les eaux de pluie

Pour limiter la consommation en eau provenant du réseau, plusieurs dispositifs permettent de récupérer les eaux de pluie. Petites cuves aériennes, à placer par exemple dans les cimetières ou jardins partagés, cuves enterrées récupérant les eaux de toiture, bassins
de rétention, structures alvéolaires enterrées ou encore noues paysagères sont autant de moyens pour valoriser et réutiliser l’eau de pluie pour l’arrosage de vos massifs, le lavage de vos véhicules. Les forages et le recyclage par traitement des eaux usées sont également un moyen de limiter la consommation en eau du réseau.

©Ville de Vertou
Le choix de végétaux peu gourmands en eau (vivaces, arbustes, rosiers paysages…) et adaptés à la nature du sol en place permet d’économiser de l’eau. La mise en place de paillage limite également l’évaporation de l’eau du sol.

Des systèmes d’irrigation adaptés

Enfin, il faut savoir adapter les dispositifs d’irrigation aux différents types de plantation et ne pas hésiter à investir dans des systèmes
de gestion centralisée, qui permettent un gain certain d’eau et de moyens. Tout d’abord, les gouttes-à-gouttes limitent  considérablement les pertes en eau d’arrosage par évaporation,
par rapport à un système d’aspersion. Les réseaux posés en surface sont à privilégier dans des zones régulièrement travaillées, comme les massifs d’annuelles, nécessitant un déplacement fréquent
de ceux-ci. Du goutte-à-goutte enterré peut lui être installé
pour l’irrigation des massifs pérennes et des grandes étendues
de pelouse. Il permet de réaliser des économies en eau de l’ordre
de 30 à 70 % par rapport à un système d’aspersion ! Ainsi, à chaque espace son type d’arrosage pour des économies réellement palpables !Chacun à son échelle et selon ses moyens peut donc agir
pour préserver la ressource en eau, vitale à notre monde.

EVALUATION DU JURY NIVEAU DU LABEL
L‘équipe municipale ne met pas en place d’actions pour économiser la ressource en eau. Inexistant
L’équipe municipale utilise certaines techniques pour maîtriser et limiter sa consommation en eau. Initié : 1 et 2 fleurs
L’équipe municipale a engagé une réflexion pour adapter les techniques en fonction de la caractéristique de ses espaces. Réalisé : 3 fleurs
L’équipe municipale a développé une démarche d’économie de la ressource en eau dans le cadre de tous ses aménagements. Conforté : 4 fleurs

Retrouvez l’intégralité de l’article
dans le numéro de Janvier 2020, abonnez-vous

L’eau :
une ressource précieuse

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