Paillages biodégradables, de nombreux atouts

Les avantages du paillage sont nombreux : en couvrant le sol, il permet de limiter la pousse des adventices, et donc l’entretien, tout en minimisant l’évaporation et l’arrosage. Un allié de taille donc, pour vous aider au quotidien. Les paillages biodégradables proposent alors une solution intéressante en participant à nourrir le sol et en s’inscrivant, souvent, dans une logique de revalorisation des matières végétales.

Alternative au désherbage chimique et source d’économie d’eau, le paillage répond aux enjeux actuels des gestionnaires de nos communes. De plus, il favorise un sol meuble et évite la formation d’une croûte de battance, tout cela favorisant un développement optimisé des végétaux. Dans la large gamme qui existe, avec des rendus esthétiques divers et variés, les paillages organiques biodégradables ont le vent en poupe. Ils s’inscrivent en effet dans un cercle vertueux de revalorisation des produits issus d’exploitations, de scieries, de résidus de production… Autre atout : contrairement aux paillages minéraux, ils ne retiennent pas la chaleur et sont donc adaptés à nos étés de plus en plus chauds.

Les cosses de cacao offrent une bonne capacité de rétention en eau, avec une restitution progressive au sol. Sa rugosité a tendance à éloigner les limaces et escargots (attention : quelques graines peuvent parfois germer).

Un produit biodégradable

En agriculture et en horticulture, pour être qualifié de “produit biodégradable”, le paillage doit être bio-assimilé par le sol dans un temps déterminé et le résultat de la dégradation ne doit pas occasionner de dommages à l’environnement (norme NFU 52-001).
Le paillage biodégradable est une solution transitoire qui accompagne la plantation de massifs de vivaces, d’arbustes… Il assure la couverture du sol le temps que la végétation s’installe et commence à se dégrader lorsque celle-ci se met à occuper l’espace et jouer son rôle d’ombrage, limitant ainsi à son tour la pousse d’adventices. Comme le précise Sandrine Boudier, commerciale chez Géochanvre, “un paillage biodégradable doit donc être avant tout un paillage organique, composé de végétaux les moins traités et les plus locaux possible (chanvre, lin, bois…)”.

Le paillage biodégradable a l’avantage d’apporter de la matière organique au sol, à l’inverse d’un paillage minéral. Le sol est enrichi, aéré et nourri, ce qui favorise la croissance des végétaux.

Une vie du sol stimulée

Les paillages biodégradables ont l’avantage, à l’inverse des paillages minéraux, de se décomposer dans le sol. “Ils stimulent la vie microbienne du sol, en apportant de la matière organique fraîche utile aux microorganismes. Par ce processus, les plantes bénéficient également d’éléments nutritifs” souligne Morgane Bernard, chef de produit pour BHS. “En ce qui concerne la microfaune auxiliaire : collemboles, protoures, diploures et autres vers de terre n’évoluent jamais sur un sol nu. Un paillage permettra de multiplier leur présence, améliorer l’aération et accentuer la fertilité du sol. C’est l’action de tous ces décomposeurs de matière organique qui va nourrir le sol et le rendre fertile. Le paillage, en réduisant le phénomène de lessivage, permet également de limiter l’appauvrissement des sols” explique Olivier Julien, directeur commercial professionnel Premier Tech Horticulture.

En alternative à l’usage du plastique, encore très utilisé pour des raisons économiques, des feutres à base de laines de mouton (UAB) sont disponibles, avec des grammages de 300 à 600 gr/m2, pour une durée de vie de 18 à 36 mois.

Plaquettes, écorces, paillettes…

Un large panel de paillages s’offre à vous. En premier lieu, tout le monde pense au BRF (Bois Raméal Fragmenté) issu du broyage de vos déchets de taille et d’élagage. Attention cependant : “aujourd’hui, le BRF est devenu synonyme de paillage mais, à l’origine, c’est un produit utilisé pour amender les sols avant la plantation, afin de produire de l’humus. Utilisé en paillage, il va se décomposer très rapidement et se transformer en excellent lit de semences pour la flore spontanée” explique Sébastien Lanibois, responsable commercial pour Agresta. Pour choisir son paillage, il faut se pencher sur ses caractéristiques, afin qu’il soit adapté à la nature du sol, à la végétation installée, à l’aspect esthétique souhaité, tout en privilégiant une ressource locale. Voici donc quelques exemples de paillages biodégradables :
• écorces de pin maritime : principalement dans le sud-ouest de la France et issues d’un processus d’écorçage mécanique, elles proviennent souvent de la valorisation de déchets végétaux. “Contrairement aux idées reçues, elles n’acidifient pas les sols” souligne Olivier Julien. Ce paillage n’est cependant pas recommandé pour les rosiers. Attention également à un risque d’immobilisation d’azote les premières années ! ;
• plaquettes de bois (aulne, pin, peuplier…) : décomposition lente dans le sol et apport de matière organique, amélioration des propriétés et la stabilité de la structure du sol. Disponible en différents calibres en fonction des essences ;
• paillage de chanvre : “obtenu par broyage et battage des tiges de chanvre, il possède un important pouvoir anti-germinatif et une forte capacité de rétention d’eau (400 à 600 %) pour une restitution progressive en fonction des besoins du sol” indique Olivier Julien. Un paillis de chanvre, étalé sur 10 cm d’épaisseur, n’a d’intérêt que s’il est arrosé abondamment dès le début pour former une ’croûte’ en surface et empêcher les adventices de se développer. Petit plus : un aspect blanc esthétique ;
• paillis de lin : de couleur claire et de faible granulométrie, il s’associe à tous types de végétaux aux teintes claires, mais peut présenter une levée de lin. Un arrosage suffit à le maintenir en place ;
• paillettes de miscanthus : les tiges et feuilles de miscanthus broyées permettent d’améliorer la nature du sol sans l’acidifier. Lumineux et esthétique, il fait ressortir la végétation en place ;
• cosses de sarrasin : ce paillage fluide offre une bonne capacité de rétention en eau ;
• coques de cacao : en plus de fournir une protection au sol, les coques de cacao dégageront un parfum de chocolat et orneront les massifs de leur belle couleur noisette ;
• chips de coco : provient de la coque de noix de coco défibrée, broyée, lavée et tamisée (Côte d’Ivoire ou Sri-Lanka). “Une fois répandus au sol, les granulats, qui s’imbriquent les uns dans les autres formant un tapis homogène, retiennent environ 8 fois leur poids en eau. Entièrement biodégradable, présentant un pH neutre, la durée de vie est de 6 ans” rapporte Olivier Julien.
L’épaisseur à installer varie suivant le type de paillage (en général, entre 5 et 10 cm). Pour les annuelles et certaines vivaces, un paillage de 3 cm d’épaisseur est suffisant. Plus généralement, plus un végétal sera grand, plus il tolèrera une épaisseur de paillage importante.

Pour les paillages en vrac, non tissés ou liés, il est conseiller de créer ou poser une bordure en périphérie des massifs, afin d’avoir une épaisseur homogène sur la surface et limiter la dispersion du paillage. Au niveau des collets des plantes, une épaisseur moindre permet d’éviter leur pourriture.

Les toiles et feutres de paillage

Autre offre à disposition, les toiles de paillage compostables et/ou biodégradables, qui empêchent la pousse des adventices en les privant de lumière. Disponibles en rouleau, elles permettent de couvrir des surfaces et linéaires importants, notamment au niveau de terrains accidentés, en forte pente. Elles existent en différentes matières :
• PLA (acide polyactique) : ces feutres sont souvent utilisés pour les surfaces et linéaires importants ;
• chanvre : “Géochanvre est le seul fabricant français à proposer une toile de paillage 100 % en chanvre français. Légères (au maximum 750g/m2), elles sont utilisables en agriculture biologique (UAB) et attestées par Ecocert” explique Sandrine Boudier ;
• laine de mouton : “nous proposons le Thorelaine, feutre de paillage constitué à 100 % de laine de mouton et UAB. Riche en protéines, en matières organiques et en azote, la dégradation lente des fibres de laine constitue un apport naturel assimilé par le milieu” précise Pierre Bléquit, gérant de Sotextho ;
• mélange jute/chanvre : Thorenap de Sotextho est un feutre fibres cardées 100 % végétales naturel et biodégradable (également UAB).
Voilà donc de quoi pailler tous vos massifs, quelle que soit l’esthétique désirée, pour qu’ils nécessitent moins d’arrosage et d’entretien !

Article du numéro de Novembre-Décembre 2019, abonnez-vous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *