Prairies broyées ou fauchées, écologiques
et économiques

 

Il est nécessaire de communiquer sur la transformation d’un espace de pelouse tondue en prairie fauchée ou broyée : panneaux informatifs, presse, newsletters ou encore hôtels à insectes sont efficaces.

Les prairies naturelles et fleuries ont le vent en poupe ! Dans un souci de préservation des ressources, avec de plus en plus de pelouses non irriguées ni fertilisées, les gestionnaires d’espaces verts sont, en effet, chaque jour plus nombreux à solliciter ce type de surfaces enherbées. D’autant plus que celles-ci favorisent la biodiversité, demandent en moyenne trois fois moins de temps d’entretien annuel qu’une pelouse rustique et apportent
une identité “nature” à votre commune !

On en voit fleurir chaque jour sur le bord des routes communales, aux abords de la salle des fêtes, du centre de loisirs et des autres bâtiments publics, au sein des parcs et des jardins, sur les plaines bordant les rivières… Les prairies, couverts enherbés plus hauts et à l’allure plus sauvage que nos gazons d’ornement gérés en code prestige ou même rustique, permettent d’agrémenter un espace tout en réduisant les coûts et surtout les temps d’entretien. Ainsi, de nombreux gestionnaires ont fait le choix de transformer en prairies naturelles certains espaces de pelouse auparavant tondus, pour le plus grand plaisir des insectes qui y trouvent le gîte et le couvert. Que ce soit la création d’un couvert enherbé ou la transformation d’une ancienne pelouse, les prairies sont à privilégier sur les grandes surfaces allant de 1 000 m2 à plusieurs dizaines d’hectares car, pour que la gestion soit “rentable”, la fauche ou le broyage nécessitent des outils adaptés, souvent de taille importante.

La réalisation de bandes tondues le long des chemins ou de compositions fleuries sur les extérieurs d’une prairie permet de montrer aux citoyens que l’espace n’est pas “abandonné” et continue à être entretenu.

Des prairies pour quels endroits ?

Comme pour toutes plantations ou aménagements, il s’agit de tenir compte du contexte immédiat pour installer tel ou tel type de végétation. Ainsi, en milieu rural, les prairies, pérennes ou fleuries, peuvent trouver leur place à bien des endroits : le long d’un vieux mur de pierres, au bord d’un étang, sous un mail ombragé, au niveau d’une extension de cimetière, le long de la route en entrée de village, aux abords d’une aire de loisirs en vis-à-vis avec le grand paysage environnant, sur une zone inondable…
Les prairies prennent souvent place au niveau de grands espaces peu morcelés, mais comportant de nombreux arbres et autres obstacles. Ainsi, lors du choix entre une prairie ou une pelouse, il faut s’interroger sur le rendu visuel souhaité (espace rustique ou naturel, prairie fauchée ou simplement broyée), sur les contraintes du terrain (plus il y aura de contraintes de pente par exemple, plus il y aura un intérêt à intervenir moins souvent), ainsi que sur l’équilibre environnemental existant ou désiré (ramassage ou pas ? production de foin ?). Le passage d’une pelouse à une prairie répond, en effet, à deux objectifs : une gestion plus écologique des espaces verts (espacement des tontes, augmentation de la hauteur de coupe, retardement de la date de fauche en fin de saison…) et une réduction des coûts de gestion. En effet, sur ce dernier point, s’il n’y a pas de production de foin, la fauche d’une prairie représente en moyenne 3 fois moins de temps par an qu’une pelouse rustique !
Voici un exemple de clé de détermination pour catégoriser ses prairies :
• site tondu : gazon ;
• site non tondu + broyé = prairie broyée, avec produits de coupe laissés en place ;
• site non tondu + fauché + fauche avant l’été = prairie fauchée avec production de foin (avant épiaison) ;
• site non tondu + fauché + fauche après l’été : prairie fauchée avec vocation pour la biodiversité prioritaire.
Ainsi, pour définir si vos prairies seront broyées ou fauchées, cela dépend du matériel que vous aurez à disposition (barre de fauche ou tondobroyeur), du rendu paysager souhaité (naturel, plus fleuri, plus travaillé), de l’usage des produits de coupe (laissés en place, exportés, production de foin), ainsi que du degré de préservation de l’environnement attendu.

Les prairies broyées

Le broyage est souvent réalisé sur des sites tels que des prairies, friches ou sous-bois mêlant herbacés et ligneux, à l’aide d’un tondobroyeur. Ce dernier est la plupart du temps attelé à l’arrière d’un tracteur, et peut être à lames, à couteaux ou à marteaux. Moins utilisé par les collectivités que la fauche, le broyage des prairies par tondobroyeur coupe et broie les brins d’herbe ensuite étalés au sol, sur une largeur de coupe comprise généralement entre 80 et 230 cm. Les produits de coupe sont donc généralement laissés sur place, sans export, ce qui réduit le temps d’intervention global sur le site par rapport à un site fauché avec export, bien que le broyage soit souvent réalisé plus fréquemment que la fauche, avec en moyenne 3 à 6 interventions par an. La hauteur de coupe est généralement comprise entre 10 et 15 cm, soit une hauteur plus importante que celle de la fauche (en moyenne 11,5 cm contre 8 cm pour la fauche). Le broyage est donc adapté à des sites où l’objectif esthétique n’est pas primordial, sans souhait d’un entre-deux urbain/nature, avec un rendu “rustique”. Après l’opération de broyage, des finitions à la débroussailleuse sont parfois réalisées afin de couper l’herbe au niveau des zones inaccessibles pour le tracteur ou en bord de prairies, chemins et voiries pour une coupe plus rase (bande de propreté ou de sécurité).

Les prairies offrent une certaine liberté de gestion : pour offrir des cheminements piétons, variez selon vos envies, d’une année sur l’autre, le dessin de ces chemins fauchés plus régulièrement que le reste de la surface.

Les prairies fauchées

La fauche est donc la technique la plus utilisée par les gestionnaires d’espaces verts pour gérer les surfaces de prairies, avec un rendu plus “net” que le broyage. Celle-ci est souvent effectuée grâce à une barre de fauche attelée derrière un tracteur ou bien encore, de façon moins fréquente, fixée sur le côté d’une épareuse. La largeur moyenne de travail est alors comprise entre 100 et 320 cm, ce qui représente bien souvent un matériel d’envergure. Dans le cas de sites plus petits et “compacts” ou lorsque la pente est importante et les obstacles nombreux, une motofaucheuse (largeur de coupe moyenne utilisée entre 100 et 130 cm) ou une faucheuse sur porte-outil sont aussi parfois utilisées. Leur rendement est moindre, avec en moyenne 0,42 min/m2/an, contre 0,03 min/m2/an pour la fauche attelée. La débroussailleuse est également utilisée pour les finitions, selon les mêmes objectifs que ceux du broyage (pieds d’arbres, zones inaccessibles, bandes de propreté).
La fréquence d’intervention est souvent de une fois par an, la date variant selon l’objectif de la prairie. Dans le cas de la production de foin, la prairie doit être fauchée avant l’épiaison, soit entre la fin du printemps et juin-juillet, avec un créneau de 4 à 5 jours de beau temps succédant la coupe pour que le foin puisse sécher. Dans le cas d’un objectif prépondérant de développement de la biodiversité, le fauchage doit être tardif et s’opérer à la fin de l’été, afin de respecter le cycle de vie de la prairie (après fructification) et offrir abris et nourritures aux insectes et pollinisateurs durant toute la belle saison. La hauteur de coupe doit préférablement se situer entre 5 et 10 cm. Ainsi, les produits de coupe peuvent être exportés (production de foin ou augmentation du nombre d’espèces végétales pour appauvrir le sol) ou bien laissés sur place.
Voici donc les divers ingrédients pour savoir comment gérer votre prairie, en choisissant bien évidemment toujours un matériel adapté à l’itinéraire technique complet de votre opération. Les prairies présentent donc un intérêt écologique et économique et permettent également une certaine liberté de gestion et d’expression. En effet, dans vos jardins ou en bord de rivière, amusez-vous à varier chaque année le dessin des cheminements grâce à une coupe plus fréquente des espaces piétinés (une largeur ou deux de votre outil de coupe) : c’est un moyen simple pour renouveler le cadre de vie de vos habitants ! Enfin, n’oubliez pas non plus la solution de l’écopâturage qui permet, en plus, d’animer vos espaces pour le plus grand plaisir des enfants.

Sur une prairie avec exportation de foin, il est nécessaire de laisser sécher la coupe de 2 à 10 jours (par temps sec), pour pouvoir effectuer le bottelage, comme ici avec une mini-presse à balles montée sur porte-outil.

La production de foin, une bonne gestion des produits de coupe

La production de foin ultérieure à la fauche d’une prairie présente l’avantage de valoriser les produits de coupe et de profiter, bien souvent, de l’expérience et du matériel d’un agriculteur pour réaliser les différentes actions de fanage, andainage et bottelage. En effet, il est courant en milieu rural que les agriculteurs gèrent les prairies communales et produisent du foin pour leur bétail grâce à une convention ou dans une simple relation non formalisée de donnant/donnant. Cela est avantageux en permettant à la commune de ne pas investir dans un matériel lourd et spécifique et en favorisant une logique d’économie circulaire. Ainsi, il est important de respecter une hauteur de fauche qui ne soit ni trop haute (risque de perte de foin), ni trop basse (risque de mélange foin/terre, séchage plus long car l’air circule moins bien), soit entre 7 et 8 cm. Pour le fanage (séchage du foin, pas obligatoire mais qui permet d’accélérer le processus) et l’andainage (mise en ligne du fourrage en vue de sa récolte), un faneur-andaineur est utilisé ou encore un râteau faneur manuel ou fixé sur porte-outil, afin de retourner et d’aérer les produits de coupe pour leur séchage. Quelques jours plus tard (entre 2 et 10 jours), le bottelage peut être réalisé grâce à une presse à balles attelée à un tracteur ou à une mini-presse à balles montée sur porte-outil.

Article du numéro de Juin-Juillet 2019, abonnez-vous

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