Qui a dit “jardin de grand-mère” ?

Avec leur silhouette “sentimentale”, les glaïeuls créent un massif fleuri généreux à l’allure sauvage, aux côtés des cosmos, amarantines, cléomes, tabacs ou encore verveines de Buenos Aires.

Ils reviennent au goût du jour : les jardins de grands-mères font leur grand retour ! Un “fouillis” généreux et chaleureux de charmantes plantes désuètes qui imprègnent la mémoire collective
de leur silhouette caractéristique. Pourquoi donc ne pas s’inspirer de ces végétaux généreux, à contempler ou à cueillir, et souvent très faciles à cultiver, pour composer des massifs colorés ne nécessitant que peu d’entretien ? Réinventons les jardins d’antan !

Pour faire des jardins d’antan des associations végétales durables et contemporaines, la diversité des plantes de jardins de grands-mères est toute trouvée. Des dahlias aux hydrangeas, en passant par les soucis ou les acanthes, une multitude d’espèces et de nouvelles variétés à l’allure plus sauvage (et finalement plus “moderne”) permettent de composer des associations végétales mêlant esthétisme, générosité et facilité d’entretien, pour le plus grand plaisir des habitants.

Pour créer des massifs modernes, les plantes désuètes des jardins de grands-mères ont toute leur place, à l’image des différentes variétés de dahlias, amarantines, coléus, géraniums… créant ici un décor entre tropiques et nature sauvage

La règle d’or : savoir se faire plaisir !

Les jardins de grands-mères sont à leur image : “généreux et sympathiques” comme s’en amuse Nelson Palacin, chef des parcs et jardins de Chaville (92). “Leur donner une définition peut s’avérer compliqué car ce type de jardin, inscrit dans la mémoire collective, renvoie aussi au jardin fantasmé de sa propre grand-mère et de ses souvenirs d’enfance. Ce qui est sûr, c’est que la règle d’or est ’de se faire plaisir’ et ’de faire plaisir aux autres’, c’est la philosophie même de nos grands-mères. Ensuite, il s’agit de s’inspirer de ces jardins pour composer des mélanges fleuris de plantes pérennes et/ou annuelles et faciles à vivre. Le tout doit former un fouillis chaleureux relevé par des touches sauvageonnes et naturelles avec, par exemple, les nouvelles variétés de dahlias plus petites à fleur simple, qui évitent ainsi que le pied ne s’affaisse sous d’énormes fleurs doubles. Le jardin de grand-mère est aussi un jardin bouquetier : on peut y couper des fleurs et en faire des bouquets, par exemple avec des plantes annonciatrices des saisons ou emblématiques de l’été, telles que soucis, tournesols, pavots de Californie… S’ajoutent les reines-marguerites, cosmos, amarantes (que l’on peut semer en place), mais aussi des essences arbustives comme les hortensias (la variété ’Anabelle’, entre autres, est une merveille !) et pivoines (Paeonia suffruticosa), ou encore les pieds d’alouette, œillets mignardises ou œillets d’Inde, tout cela à côté de plantes condimentaires telles que la rue des jardins ou la bourrache, qui offre une jolie transparence au niveau de ses fleurs. On peut aussi trouver des curiosités, comme le Salpiglossis sinuata, appelé trompette de velours, à l’aspect tropical assez sophistiqué” complète le jardinier passioné.
Voici donc une petite sélection de plantes à installer dans vos massifs, rustiques et faciles “à vivre”, qui apporteront un aspect coloré, vivant et généreux à vos massifs.

Les dahlias, plantes de jardin de grand-mère par excellence, offrent une infinité de variétés, dont les dahlias botaniques mellifères pour favoriser la biodiversité.

Arbustes

• Boule de neige, Viburnum opulus ’Roseum’ : jusqu’à – 20 °C, floraison en mai qui annonce les beaux jours, soleil à mi-ombre ;
• chèvrefeuille grimpant, Lonicera : soleil/mi-ombre, jusqu’à – 20 °C, une plante vigoureuse qui sent si bon ! ;
• corête du Japon, Kerria japonica : 3 m de haut, résiste à – 20 °C, floraison au printemps, prévoir une taille par an après cette floraison pour régénérer la silhouette ;
• lila, Syringa vulgaris : jusqu’à 6 m de haut, odeur enivrante ;
• monnaie du pape, Lunaria annua : fleurettes mauves en fin de printemps, puis jolis fruits séchés décoratifs, soleil/mi-ombre, sol frais et bien drainé ;
• la rose bien sûr, la reine des jardins !;
• seringat, Philadelphus coronarius : un des préférés des mamies jardinières avec ses fleurs d’un blanc pur et son parfum intense.

Bleuets bleus et roses, pavots de Californie, coquelicots… autant de plantes faciles que l’on retrouve dans les jardins de grands-mères, au sein d’un fouillis maîtrisé et généreux.

Vivaces

• Acanthe, Acanthus mollis : jusqu’à – 15 °C, exposition soleil/mi-ombre, sol profond et bien drainé, vivace spectaculaire qui aime les pieds des vieux murs ;
• ancolie, Aquilegia : soleil/mi-ombre, sol bien drainé, se ressème toute seule ! ;
• benoîte, Geum : jusqu’à – 20 °C, soleil/mi-ombre, sol frais et bien drainé, les trois espèces G. chiloense, G. coccineum et G. rivale sont résistantes ;
• camomille, Tanacetum parthenium : soleil, fleurs blanches au cœur jaune en été ;
• cœur-de-Marie, Dicentra spectabilis : mi-ombre, sol bien drainé, “petits bijoux naturels par ribambelles”, idéal en sous-bois ;
• lin vivace, Linum perenne : jusqu’à – 15 °C, floraison fin de printemps par touches bleu ciel, se ressème spontanément. Pour l’hiver, il lui faut une exposition ensoleillée et un sol sec ;
• lupin des jardins, Lupinus x russellii : floraison en fin de printemps, – 25 °C, soleil/mi-ombre, sol neutre plutôt acide (surtout pas calcaire !) ;
• rose trémière, Althaea rosea : charmante vagabonde qui aime les pieds des vieux murs.

Reines-marguerites et amarantines apportent ici de l’élévation et une note fleurie à l’harmonie d’ensemble.

Annuelles, bisannuelles et bulbes

• Amarantine, Gomphrena globosa : annuelle, soleil, sol frais et bien drainé ;
• anémone couronnée, Anemone coronaria : tubercule, plante rustique, soleil, sol frais et humifère, très représentative des jardins d’antan en restant simple et modeste ;
• bégonia : plante vivace cultivée en annuelle. Il y en a toujours un dans un jardin de grand-mère ! ;
• bleuet, Centaurea cyanus : annuelle, symbole de la délicatesse, généreux tout l’été ! ;
• capucine, Tropaeolum : annuelle, soleil, une plante tout-terrain !
• cléome, Cleome spinosa : annuelle, floraison en été/automne, soleil, sol drainé plutôt frais, une silhouette travaillée pour une ambiance champêtre ! ;
• coléus : plante vivace cultivée en annuelle, mi-ombre, un classique ;
• cosmos, Cosmos bipinnatus : annuelle, floraison en été, se ressème d’une année sur l’autre, ornait les potagers d’antan ;
• glaïeul, Gladiolus : bulbe un peu frileux et donc à déterrer l’hiver dans les régions où il gèle, très joli en bouquet ;
• jacinthe, Hyacinthus : “joliment démodée et tellement parfumée”, fleurit le début du printemps ;
• muscari : bulbe, jusqu’à – 25 °C, floraison au printemps, sol bien drainé, petites grappes bleues formant un joli tapis ;
• narcisses : bulbes du début printemps, sol bien drainé, alternez les expositions entre soleil et mi-ombre pour étaler les floraisons ;
• nigelle de Damas, Nigella damascena : floraison printemps/été, mellifère, plante tout-terrain très robuste, fruits décoratifs ;
• Zinnia : floraison en été, joli nuancier, arrosage au pied de la plante car le feuillage est sensible à l’oïdium.
Voilà donc de quoi réinventer les jardins d’antan dans les massifs d’aujourd’hui, sachant que, comme le souligne Nelson Palacin, “il n’y a pas de mauvaise plante, mais seulement un emploi qui peut être parfois maladroit !”.

Récupérez vos graines !

Vous pouvez récolter la plupart des graines des annuelles, après avoir bien observé leur cycle naturel afin de le respecter. Laissez donc les fleurs se faner et sécher sur pied, puis prélevez les graines.
Il s’agit ensuite de les mettre dans un récipient ou un sachet correctement étiqueté pour se souvenir de l’espèce récoltée. A conserver à l’abri
de la lumière et de l’humidité, avant de les semer…

Article du numéro de Juin-Juillet 2019, abonnez-vous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *