© Koppert France
L’apport de macro-organismes doit se quantifier selon l’espèce à combattre, avec une concentration donnée par m2. Ici, des coccinelles (Adalia bipunctata) s’occupent de pucerons ayant envahi un laurier.

Charançon rouge du palmier, processionnaires du pin et du chêne, tigre du platane, bombyx disparate, pyrale du buis… pour la strate arborée et arbustive. Pucerons, acariens, cochenilles farineuses, thrips, aleurodes… pour les annuelles et les rosiers. Les ravageurs s’attaquant aux végétaux installés dans nos espaces verts ne manquent pas et peuvent vite virer au fléau si rien n’est engagé pour enrayer leur présence.
Ainsi, suite aux évolutions réglementaires pour préserver l’environnement, limitant l’utilisation des insecticides chimiques de synthèse, les solutions de biocontrôle se développent.
Cette ‘méthode douce’ s’inspire des relations naturelles de prédation ou de parasitage entre les espèces vivantes afin de combattre les ravageurs, mais aussi de substances naturelles végétales.
Il existe une diversité de solutions selon le type de ravageurs à combattre bien sûr, mais aussi selon son stade de développement (stade larvaire, stade adulte…), sa formulation (liquide, granulé…), son mode et les dates d’application, ainsi que par son mode d’action, entre macro-organismes (chrysopes), micro-organismes (bactéries…), substances naturelles ou confusion sexuelle par phéromones.

Les macro-organismes
L’utilisation de macro-organismes consiste à libérer des prédateurs, parasitoïdes ou nématodes contre le ravageur présent dans vos cultures, selon un calendrier bien précis lié aux cycles naturels des espèces. L’exemple le plus connu est la coccinelle utilisée pour lutter contre les pucerons.
Les fournisseurs et producteurs sont nombreux à proposer une variété de solutions et sont là pour vous apporter expertise et conseils, pour un plan de lutte adapté.
Ainsi, voici plusieurs organismes que l’on peut utiliser :
• les chrysopes : ce sont des insectes névroptères qui sont de véritables alliés contre de nombreux ravageurs. La société If Tech propose ainsi  : “Chrysoperla lucasina, dont la larve a pour proies pucerons, acariens, cochenilles, farineuses ou à carapaces molles, thrips, aleurodes, tigres du platane, teignes ou encore psylles. Dès l’apparition des premiers ravageurs, notre solution Tigrador, qui prend la forme d’un tube rempli d’œufs de chrysope, permet donc d’apporter des chrysopes qui auront une prédation de 3 à 4 semaines. Si l’infestation n’est pas enrayée au bout de trois semaines, il faut renouveler l’apport afin qu’un nouveau cycle se mette en place” précise Agnès Chanteau-Foucher de If Tech ;
• les nématodes : ils servent par exemple à lutter contre les hannetons au niveau des gazons de terrains de sports, à l’image du produit Sportnem de Koppert ;
• les coccinelles : comme Cryptolaemus montrouzieri, intégré dans la solution Cryptobug, pour lutter contre la cochenille farineuse ; particulièrement problématique sur les plantes hivernées utilisées pour l’événementiel (Ficus, Dipladenia…).

© If Tech
Les chrysopes sont des prédateurs naturels permettant de lutter contre les pucerons, acariens, cochenilles, aleurodes ou encore contre le tigre du platane. En traitement préventif ou curatif, en extérieur, ils sont à appliquer entre le 15 mars et le 15 avril.

Les micro-organismes
Les micro-organismes sont, quant à eux, des champignons, virus ou bactéries, nécessitant tous une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché). Une variété de produits phytopharmaceutiques de biocontrôle (au titre des articles L.253-6 du Code rural et de la pêche maritime) contenant ces micro-organismes existe : ils agissent souvent sur plusieurs ravageurs à la suite. En voici un échantillon, classé par type d’organismes :
• les champignons entomopathogènes : “le Lecanicillium muscarium, contenu dans Mycotal (AMM n° 2040354), est, entre autres, homologué contre les aleurodes sur rosiers. Il se présente sous forme de granulés dispersables, avec 12 applications maximum par année” souligne Thibaut Crance de Koppert ;
• les bactéries : une variété d’entre elles est utilisée pour lutter contre divers ravageurs, à l’image de Saccharopolyspora spinosa, présente naturellement dans le sol. “Celle-ci est à l’origine du Spinosad, principe actif de l’insecticide de biocontrôle Conserve™ (AMM n°2060138 et UAB) pour une action sur les arbres et arbustes d’ornement (papillon palmivore, bombyx disparate, thrips, processionnaires du chêne et du pin, lépidoptères et coléoptères défoliateurs). Il agit rapidement par contact, mais surtout par ingestion (5 à 10 fois plus efficace)  : la mort survient en quelques heures” précise Jérôme Vatier de Nufarm. On retrouve également fréquemment le Bacillus thuringiensis. “Les produits UAB Bactura DF (AMM n° 2010513) et Xentari (AMM n°2020241) de Koppert contiennent le Bacillus thuringiensis sp., homologué sur les chenilles phytophages en traitement généraux (pyrale du buis, processionnaires du pin et du chêne, bombyx…)” ajoute Thibaut Crance.

Confusion sexuelle par phéromones
En complément de moyens de monitoring et de la lutte par micro ou macro-organismes, une méthode innovante de lutte, par confusion sexuelle grâce aux phéromones femelles de l’espèce en question à combattre, est en plein essor. La société M2i Lifesciences propose ainsi deux solutions. “La première, Pin T Pro Ball, contre la processionnaire du pin est une solution brevetée, inédite par sa formulation mais aussi par son mode d’application, à l’aide d’un pistolet à air comprimé de type PaintBall. Celui-ci envoie des billes biodégradables contenant un gel composé de phéromones qui perturbe les mâles en recherche de femelles pour s’accoupler. Une application par an en juin, au moment du vol des papillons, suffit pour réduire la population de papillons de 80 % ” explique Johann Fournil de M2i Lifesciences. Comme il est classé comme biocide, il n’y a pas besoin de Certiphyto pour l’appliquer. “La deuxième est contre la pyrale du buis. Intitulé Box T Pro Press, ce gel phéromonal, dont une noisette suffit, est disposé au cœur du buis, en moyenne tous les 2 m, grâce à un atomiseur manuel (air comprimé). Deux applications sont à réaliser lors du vol de la pyrale soit, en général, au début du printemps et pendant l’été”. Produit phytosanitaire de biocontrôle, son AMM temporaire va être reconduite cette année.
Substances naturelles
Enfin, les substances naturelles sont également un moyen de lutte biologique. Elles peuvent être à base de :
• pyrèthrines végétales et huile de colza : “ces substances végétales composent l’insecticide de biocontrôle Spruzit EC Pro (UAB et AMM n°2160608). Il agit par contact et asphyxie sur les pucerons, acariens, aleurodes ou encore cicadelles (œufs, larves et adultes), pour les rosiers, arbres et arbustes d’ornement, ainsi que les cultures florales. Il convient de traiter dès les premiers symptômes (dilution dans un pulvérisateur)” explique Stéphane Grolleau de Compo Expert ;
• huile paraffinique : “le Lovell (AMM n° 2190065), nouveauté sur le marché, est homologué contre les pucerons, cochenilles, acariens et psylles sur les arbres fruitiers. Nous projetons une extension d’homologation sur les arbres et arbustes d’ornement d’ici 2 à 3 ans. Il faut l’appliquer lors des stades de 00 à 11 (premières feuilles étalées) et de 69 (fin de la floraison) à 85 (maturation des fruits avancée)” ajoute Thibaut Crance de Koppert ;
• huile essentielle d’orange douce : “le produit de biocontrôle Prev-AM Plus (AMM n°2170412 et UAB) est homologué contre les aleurodes pour les rosiers et les cultures florales” termine Jérôme Vatier de Nufarm.
Une variété de solutions de biocontrôle existe donc, le tout étant de combiner les différents moyens pour une lutte véritablement efficace !

© M2i Lifesciences
La confusion sexuelle par phéromone est une solution pour lutter contre la prolifération des ravageurs. Ici, une méthode innovante contre la processionnaire du pin, où les phéromones sont appliquées depuis le sol par un pistolet à air comprimé.

Phéromone, entre lutte et monitoring
Il est important de faire la distinction entre les produits de lutte, où l’on limite le nombre d’individus dans ses différents stades (œuf, larve, adulte…), et les solutions de monitoring, qui consistent à détecter la présence ou non de ravageurs, et sa densité.
Les fournisseurs proposent ainsi une diversité de pièges autorisés pour du monitoring, sans nécessité d’AMM, pour tout type
de ravageurs (pyrale du buis, processionnaire du pin, mineuse du marronnier, Duponchelia, thrips…). A l’heure actuelle, il existe cependant une exception pouvant être utilisée comme méthode
de lutte, car ayant obtenu une dérogation de 120 jours. “Pour lutter contre le charançon rouge du palmier, nous avons développé ce piège à phéromone à installer de façon semi-enterrée au pied des palmiers (pas plus de 14 pièges par ha autorisés). A installer pendant la période d’activité du charançon, soit en moyenne de fin février à fin octobre, les mâles sont attirés par les phéromones (Rhyncho Pro Classic) et tombent dans le piège (Pitfall). Le dispositif peut être utilisé en piège sec où l’insecte mourra d’épuisement (infestation raisonnable, entretien très réduit)
ou en piège humide (mélange d’eau et de matière grasse comme du savon ou de l’huile inodore) où il se noiera (efficacité optimisée, infestation importante, visite de contrôle plus régulière)” relate Johann Fournil de M2i Lifesciences.

Ravageurs : des produits de biocontrôle
en recours

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